Nature prédatrice
Une enquête du « Financial Times » qualifie d'« impérialiste » la stratégie d'influence des Émirats arabes unis en Afrique, mêlant investissements et soutiens militaires dans plusieurs conflits.
Les Émirats se positionnent comme quatrième investisseur sur le continent, notamment dans les secteurs portuaires et miniers, tout en soutenant militairement et financièrement des parties en Libye, au Sahel et au Soudan.
L'Algérie a été parmi les premiers pays africains à dénoncer la nature prédatrice de ces investissements, dans un contexte où l'aide au développement est devenue un outil d'influence et de mise sous tutelle des régimes.
Dubaï est par ailleurs soupçonnée de blanchiment d'argent, avec quelque 30 milliards de dollars d'or artisanal non déclaré transitant depuis l'Afrique, tandis que le départ des Émirats de l'OPEP viserait à financer leurs projets africains.
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Le Quotidien d'Oran
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Même si certains ont considéré le mot «impérialiste» trop fort, un qualificatif donné par une enquête publiée récemment par le ‘Financial Times’ à propos de la stratégie d’influence exercée par les Emirats arabes unis en Afrique, notamment à travers un dosage sournois entre investissement et soutien militaire à des parties au dépends d’autres dans les conflits guerriers, il n’est pas loin de la nature «prédatrice» de la politique exercée par ce pays, juge-t-on.
L’Algérie a été parmi les premiers pays en Afrique à se rendre compte de cette nature malintentionnée des actions d’investissement engagées dans les secteurs portuaires et miniers en Afrique, en sus d’autres initiatives de soft power, qui ne se départagent jamais d’une vision prédatrice qui cherche la domination qui s’inspire d’un impérialisme actualisé.
En Libye, au Sahel, au Soudan, et plus loin encore sur le continent africain, les Emirats arabes unis sont omniprésents, avec le titre de quatrième investisseur sur le continent dans de nombreux secteurs portuaires, mais aussi d’acteur très actif dans les conflits à travers des soutiens militaires et financiers à des groupes ou parties qui lui prêtent allégeance, bien sûr.
En tout cas, cette enquête du ‘Financial Times’ a fait réagir le ministère émirati des Affaires étrangères qui a rejeté le terme d’impérialisme employé par les auteurs de l’enquête en question, également jugé avec des réserves par des spécialistes des pays du Golfe et des dossiers africains, mais personne ne peut nier le fait d’un positionnement économique et géostratégique «qui va bien au-delà de l’aide au développement», selon les termes exacts utilisés par un analyste qui s’est penché sur ce dossier.
L’aide au développement, ou le soft power, s’est transformée durant ces dernières années pour devenir un outil d’influence qui apprivoise l’opinion publique et met presque sous tutelle les régimes consommateurs des billets de banques et utilisateurs de l’armement mis à leur disposition pour étouffer toute contestation qui ne donne pas sa bénédiction aux «sauveurs», qu’ils soient américains, français ou émiratis. Parce que, en réalité, les Emirats arabes unis n’ont rien inventé à propos de cette stratégie prédatrice, d’autres les ont devancés, et ils ne font que suivre la trace. Peut être, aussi, que dans cet Etat coexistent toutes les tendances prédatrices, sa nature étant objet de dissertation des plus grands spécialistes.
Ces dernières années, Dubaï est devenue un centre financier qu’on soupçonne tout fait pour le blanchiment d’argent. On affirme également dans ce sillage que par ce pays transitent quelques trente milliards de dollars d’or artisanal non-déclaré en provenance du continent africain. Et, ce qu’on ne sait pas doit être plus colossal.
Enfin, les spécialistes ne parlent de cette porte claquée par les émiratis à la face de l’Opep, qui ne peut que traduire une stratégie visant à amasser des devises pour financer ses projets en Afrique. La politique des quotas imposée par le cartel n’a pas plu aux émiratis, qui veulent produire sans limitation pour gagner plus. Gagner plus, voilà une fin qui justifie les moyens employés par ce pays en Afrique.