Information : Pratique et «Autorités»
L'Autorité indépendante de régulation de l'audiovisuel a dû intervenir trois fois en 2026 pour sanctionner les chaînes privées et plateformes numériques coupables de dérives dans le traitement de drames meurtriers.
Ces rappels à l'ordre concernent un accident de bus dans l'oued El Harrach, l'incendie du centre de Mohammedia faisant onze morts, et le renversement d'un autocar à Boumerdès tuant 27 excursionnistes début août.
L'auteur impute ces manquements à la concurrence publicitaire féroce, à l'absence de formation déontologique et à l'inefficacité des instances de régulation prévues par la loi.
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Le Quotidien d'Oran
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La douleur humaine est alors instrumentalisée, ce qui nuit gravement à la gestion de la crise et au tissu social (Ahmed Brahim Mohamed, journaliste et communicant. Entretien © Horizons, mardi 11 août 2026).
Je crois qu’en l’espace de seulement quelques mois de cette année 2026, l’Autorité indépendante chargée de la régulation de l’Audiovisuel national s’est vue obligée d’intervenir publiquement, plusieurs fois, pour «rappeler à l’ordre» les médias télévisuels (dont les plateformes électroniques), tous de statut privé.
Parmi les plus récentes et importantes interventions, on a : Une première fois, cela a concerné un bus de transport de statut privé qui avait plongé dans l’oued El Harrach (Alger) entraînant le décès de plusieurs personnes.
Une deuxième fois, cela a concerné la couverture de l’incendie du Centre d’accueil de Mohammedia (Alger) qui avait causé les décès de 10 enfants et d’une enseignante.
La troisième fois, la plus récente est celle de début août 2026 qui a concerné un accident de la circulation, du côté de Boumerdès ; le renversement dans un ravin d’un autobus de transports de statut privé qui avait causé la mort de 27 personnes s’en allant, en excursion, au bord de mer. Sur le moment, étant donné l’ampleur des tragédies, on peut comprendre la manière de collecter, de traiter et de diffuser les informations, tout particulièrement au niveau de la télévision où l’image et le son des acteurs et des figurants ont été primordiaux pour capter l’attention et sensibiliser.
Ceci est d’autant plus important que la «concurrence» s’avère, dans un marché publicitaire encore assez limité, de plus en plus rude. De ce fait, le sensationnel, l’original, frisant l’irrespect des règles généralement admises par les professionnels et par la loi, prédominent. Ajoutez-y l’émergence d’une génération d’ «informateurs» (journalistes ?) aux dents plus que longues et, hélas, parfois, aux idées assez courtes, car voulant «réussir», à tout prix, dans un nouveau «monde» objectivement in(dés?) organisé ! Les causes ? Certes, la concurrence et la commercialité. Aussi, l’irrespect de l’éthique et de la déontologie propres à la profession et au secteur dans son ensemble, quand ce n’est pas une méconnaissance quasi-totale.
A mon avis, plutôt l’inexistence -pleine et entière - des Autorités de régulation et des Conseils professionnels tels qu’institués par la loi, et de bien d’autres, à créer ou à encourager (ex : la diffusion de la presse, la publicité, le sondage...), parallèlement à une formation professionnelle de qualité, peut-être incomplète. Ce qui existe (ou plutôt, ce qui reste de ce qui a pu exister comme Autorité) ne faisant pas ou plus le «poids» face à un secteur en expansion et à des entrepreneurs et des «professionnels» en recherche effrénée de réussites commerciales, de pouvoir(s) et d’indépendance.