Incendies meurtriers à Béjaïa : «La situation tend à se stabiliser», selon la Protection civile

Des incendies meurtriers ont ravagé plusieurs localités de Béjaïa, causant deux morts et onze blessés graves, dont certains évacués par hélicoptère vers Alger.
Les vents violents de mercredi et jeudi ont empêché les interventions aériennes, forçant les équipes terrestres à combattre seules des feux dans des zones difficiles d'accès près des habitations.
Selon la Protection civile, la situation tendait à se stabiliser à midi jeudi, avec des foyers en régression à Tagouba et Toudja, tandis qu'un nouveau départ de feu était maîtrisé à Boukhlifa.
Les deux décédés sont une jeune fille de 22 ans et son neveu de 3 ans, morts en tentant de fuir les flammes à Melbou.
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Les incendies qui ont ravagé plusieurs localités de la wilaya de Béjaïa ont fait deux morts et plusieurs blessés graves, dont certains ont dû être évacués par hélicoptère vers Alger.
Jamais la wilaya de Béjaïa n’a connu des incendies d’une telle ampleur. D’année en année, ils sont de plus en plus violents et destructeurs et menacent villes et villages. A Acherchour, à titre d’exemple, dans la commune de Tichy, il n’y avait que la RN9, un axe longeant les plages de l’est de la wilaya, pour stopper la propagation des flammes. Celles-ci ont dévoré derrière elles plusieurs centaines d’hectares de couvert végétal, tué des animaux et contraint les habitants à fuir, à abandonner leurs biens. Le scénario est le même dans tout l’est de la wilaya où se concentre l’essentiel des feux en cette fin du mois d’août. L’impact du réchauffement climatique, dû à l’activité humaine, se confirme ici dans cette wilaya méditerranéenne, et ce, en attendant les enquêtes des services de sécurité qui pourraient mettre en lumière d’éventuels malfaiteurs ou pyromanes qui auraient «profité des conditions météorologique» afin de satisfaire leurs pulsions criminelles. Les moyens de la Protection civile ainsi que de tous les intervenants, dont les forestiers, les forces antiémeute de la gendarmerie et de la police qui ont mobilisé leurs blindés à canon à eau pour participer à l’effort de lutte, l’ONA et les services municipaux qui ravitaillent en eau les unités au front, ont été mis à rude épreuve.
La lutte privée de ses avions
La lutte contre les incendies a été rendue particulièrement difficile par les conditions météorologiques. Les vents violents qui ont balayé la région durant la journée de mercredi jusqu’au petit matin de jeudi ont notamment empêché toute intervention aérienne, clouant les appareils d’intervention sur le tarmac de l’aéroport Abane- Ramdane. Privés temporairement de ce moyen d’intervention, les secours ont dû s’appuyer essentiellement sur les équipes et les moyens terrestres, alors même que plusieurs foyers évoluaient dans des secteurs difficiles d’accès, mais proches des habitations. Cet épisode a une nouvelle fois mis en évidence l’importance d’une stratégie combinant moyens aériens et moyens terrestres. Les appareils permettent en effet d’attaquer rapidement les foyers, de ralentir la progression des flammes et d’intervenir dans des zones où l’accès des équipes pédestres est impossible. Ainsi, c’est toute la stratégie dans son volet opérationnel qui a été amoindri, mais cela n’a pas empêché les soldats du feu, appuyés par l’ensemble des services de l’Etat et des populations, de venir à bout des brasiers. Ces dernières ont d’ailleurs subi de lourdes pertes et des dommages importants. Après une relative accalmie des conditions météorologiques, les moyens aériens ont pu reprendre les voies aériennes jeudi. Ils ont notamment été engagés sur les hauteurs de Tichy, Taskeriout, Darguina et Malbou, en appui aux équipes terrestres toujours mobilisées. Selon la Protection civile, «à 12h, la situation tend à se stabiliser dans plusieurs foyers d’incendie à travers la wilaya de Béjaïa», selon Latifa Medjber, chargée de la communication de la Protection civile de Béjaïa. La même source précise qu’à Boukhlifa, au lieu-dit Iboulaouaden, un nouveau départ de feu est pris d’assaut par des bombardiers d’eau pour tenter de maîtriser les flammes. A Darguina, le feu est éteint selon la même source, et le secteur reste sous surveillance. A Tagouba, dans la commune de Tichy, ainsi qu’à Toudja, les incendies sont en régression, rassure-t-on.
Deux morts et plusieurs blessés
L’image est la même partout dans les villages : des arbres, des ruches d’abeilles et des animaux domestiques calcinés, des étendues de sol couvertes de cendres et des habitations portant les stigmates du passage des flammes. Des hommes aux regards fatigués, les traits tirés, les visages couverts de poussière constatent impuissants les dégâts. Ce qui était un espace de vie n’est plus qu’un décor marqué de désolation après le passage du feu. La Protection civile fait état de deux décès à Béjaïa. Ces derniers ont été enterrés hier à Melbou, en présence des autorités locales. Il s’agit d’une jeune fille de 22 ans, B. Cylia, qui a tragiquement perdu la vie en tentant de fuir le brasier et de sauver son neveu de 3 ans, décédé également. La wilaya de Béjaïa figure parmi les territoires les plus durement touchés par cette nouvelle vague d’incendies. Les autorités ont, par ailleurs, renforcé les opérations de suivi et de prise en charge des personnes affectées par les incendies. Le ministère de l’Intérieur avait déjà souligné, dans le cadre du suivi des précédents sinistres, «la nécessité d’une coordination étroite entre les différents services et d’une évaluation précise des dommages». Le bilan humain s’est alourdi avec plusieurs personnes brûlées, dont des enfants, nécessitant des évacuations vers des structures hospitalières spécialisées. Selon la direction de la santé de la wilaya, onze personnes ont été blessées, présentant des brûlures du troisième degré. La gravité des blessures a conduit à leur évacuation depuis l’EPH de Souk El Tenine vers Zéralda, par hélicoptère, où ils doivent bénéficier d’une prise en charge médicale spécialisée. Parmi les autres victimes figurent cinq enfants, transférés vers l’établissement de Targa Ouzemour à Béjaïa. Ils sont originaires de plusieurs communes particulièrement touchées par les incendies : deux enfants de Kherrata, deux de Darguina et un de Souk El Tenine.
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