Incendies dans plusieurs régions du pays : Après les flammes, la solidarité se mobilise

Les incendies qui ont ravagé plusieurs régions algériennes, détruisant forêts, oliviers et habitations tout en faisant des victimes, ont déclenché une vaste mobilisation solidaire.
Dès les premières heures, citoyens, comités de village, agriculteurs et familles se sont organisés spontanément pour évacuer, héberger, nourrir et secourir les sinistrés avec les moyens du bord.
Cette chaîne humaine s'est élargie aux entreprises via le CREA, au Croissant-Rouge algérien, au groupe Saidal donant des médicaments, et à des associations comme Nass El Kheir collectant vivres et vêtements.
Au-delà de l'urgence, le défi reste la reconstruction durable des vies et des paysages, mais l'épreuve a révélé une solidarité profondément enracinée qui transcende les différences sociales.
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Dès les premières heures, dans les villages touchés, des citoyens se sont mobilisés. Jeunes, femmes, personnes âgées, agriculteurs : chacun avec ses moyens. Un véhicule, un tracteur, quelques bidons d’eau, des vivres ou simplement une paire de bras.déclenché une opération d’urgence.
Il y a des catastrophes qui détruisent. Et puis il y a celles qui révèlent, dans l’épreuve, ce que les sociétés ont de plus profondément humain.
Lors des incendies qui ont ravagé plusieurs régions du pays, emportant des hectares de forêts, des oliviers, des habitations et, tragiquement, des vies humaines, une autre image s’est imposée : celle d’une Algérie qui se lève, qui s’organise et qui refuse de laisser les sinistrés seuls face à leur douleur.
Dès les premières heures, dans les villages touchés, des citoyens se sont mobilisés. Jeunes, femmes, personnes âgées, agriculteurs : chacun avec ses moyens. Un véhicule, un tracteur, quelques bidons d’eau, des vivres ou simplement une paire de bras. Face aux flammes, les différences s’effacent. Il ne reste qu’un même impératif : protéger, secourir et aider.
Dans les zones sinistrées, des chaînes humaines se sont formées. Les informations circulaient de téléphone en téléphone. Des familles étaient évacuées, des maisons ouvraient leurs portes, des véhicules privés devenaient des moyens de transport pour les personnes déplacées. Les comités de village ont également joué un rôle essentiel en recensant les besoins, en organisant l’accueil et en coordonnant l’aide.
Un matelas, quelques couvertures, de l’eau ou un repas chaud : dans ces moments, les gestes les plus simples prennent une valeur immense.
Car derrière chaque chiffre d’un bilan, il y a une famille, une maison, un agriculteur qui regarde ses oliviers partir en fumée, un village qui découvre au petit matin un paysage qu’il ne reconnaît plus. Cette mobilisation n’est cependant pas restée confinée aux villages touchés. Très vite, les opérateurs économiques se sont mobilisés. A travers le Conseil du renouveau économique algérien (CREA), des entreprises ont contribué à l’organisation de convois de solidarité à destination de plusieurs régions sinistrées. Des moyens logistiques et des aides ont été acheminés vers les zones touchées. Derrière ces convois, il y a des entreprises, des salariés, des chauffeurs, des responsables et des bénévoles qui ont choisi, dans un moment difficile, de mettre leurs moyens au service de la collectivité. Le message est simple : le rôle de l’entreprise ne s’arrête pas à la production et à la création de richesse. Dans les moments où la société est frappée, elle peut aussi devenir un acteur de solidarité. Le CREA contribue ainsi à fédérer les opérateurs économiques autour d’un même élan et à transformer les initiatives individuelles en une mobilisation collective.
A cette chaîne de solidarité s’ajoute celle du Croissant-Rouge algérien (CRA). Il a activé son dispositif de réponse sur le terrain et mobilisé ses moyens humains et logistiques afin de «soutenir les efforts de l’Etat dans l’assistance et l’accompagnement des familles sinistrées par les incendies qui ont touché plusieurs wilayas».
Cette présence prend une dimension particulière dans les heures qui suivent une catastrophe. Car lorsque les flammes reculent, les besoins, eux, restent immenses. Il faut être là pour ceux qui ont dû quitter leur maison. Pour les familles qui ont besoin de produits essentiels. Pour les personnes vulnérables. Pour ceux qui, après avoir vécu la peur, doivent maintenant affronter l’incertitude. La mobilisation du CRA montre ainsi que «la solidarité ne repose pas sur un seul acteur. Elle est une chaîne où chacun apporte sa contribution : le citoyen, le comité de village, l’association, l’entreprise, les organisations humanitaires et les institutions de l’Etat».
Ce qui frappe dans cette mobilisation, c’est aussi sa spontanéité. Des commerçants donnent des produits. Des entreprises mettent leurs véhicules et leurs moyens logistiques à disposition. Dans le cadre de l’élan national de solidarité envers les régions touchées par les incendies, le groupe Saidal a fait don d’une quantité de médicaments au profit de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH). Cette initiative, menée sur instruction du ministre de l’Industrie pharmaceutique, le Dr Wassim Koudri, vise à répondre aux besoins sanitaires urgents des populations sinistrées et à soutenir les établissements hospitaliers dans leur prise en charge. A travers cette action, Saidal réaffirme son engagement en matière de responsabilité sociétale et sa contribution à l’effort national de solidarité, en tant qu’acteur pharmaceutique public au service de la santé publique.
Des associations collectent des vêtements et des denrées. Des citoyens prennent la route vers les zones sinistrées. Chacun donne ce qu’il peut.
Au-delà de l’épreuve
Et parfois, la solidarité ne prend pas la forme d’un grand geste. Elle se résume à une bouteille d’eau tendue à une famille, à une chambre ouverte à des déplacés, à un repas préparé pour des inconnus ou à quelques kilomètres parcourus pour livrer une aide. L’association caritative Nass El Kheir s’est fortement mobilisée, notamment à El Eulma, en mettant à disposition ses locaux et en organisant des collectes de dons d’urgence (denrées alimentaires, médicaments, matelas) pour soutenir les familles sinistrées et épauler les pompiers sur le terrain.
Lorsque les flammes disparaissent, l’épreuve, elle, ne s’arrête pas. Il faut réparer les maisons, remplacer les biens détruits, accompagner les familles, soutenir les agriculteurs et, surtout, redonner une perspective à ceux dont le quotidien a été brutalement bouleversé. Les convois d’urgence répondent à une nécessité immédiate. Mais derrière chaque aide distribuée se pose une question plus profonde : comment permettre aux familles sinistrées de se relever ? La reconstruction matérielle prendra du temps. Celle des paysages en prendra davantage encore. Un olivier brûlé ne repousse pas en quelques semaines. Une forêt détruite ne retrouve pas son visage en une saison.
Les incendies ont laissé derrière eux des paysages meurtris et des souvenirs douloureux. Mais ils ont également révélé une force que les chiffres ne peuvent mesurer : celle d’une société capable de se mobiliser lorsque l’un des siens est frappé. Le feu peut détruire une partie de la forêt mais ne peut pas brûler la solidarité lorsqu’elle est profondément enracinée. La pression climatique n’a pas fracturé le tissu social, elle l’a fusionné dans cette épreuve nationale majeure.
Ce qui ressort de tous les récits de terrain, c’est que la première ligne de défense n’est jamais institutionnelle. Avant que les sirènes de la Protection civile ne retentissent, le premier bouclier, c’est l’humain. Mais ce qui frappe, c’est la diversité des profils. Tout le monde est là. Des jeunes en tee-shirt, des personnes âgées, des femmes qui sortent des villages. Ils ont affronté des murs de flammes avec des bidons en plastique, des branches d’arbre ou des tracteurs. Cette mobilisation instantanée, ce n’est pas qu’un simple instinct de survie chaotique. C’est un fait social structuré.
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