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Incendies meurtriers à Jijel, Skikda, Béjaïa, Tizi Ouzou, Guelma… : Tristes jours pour la Nation

Par M. F. Gaïdi11 min de lecture
Incendies meurtriers à Jijel, Skikda, Béjaïa, Tizi Ouzou, Guelma… : Tristes jours pour la Nation
Résumé IA

Douze morts et 54 blessés dont six graves ont été recensés dans 97 incendies à travers l'Algérie, dont 29 foyers restent actifs dans 15 wilayas selon la Protection civile.

Le Premier ministre Sifi Ghrieb et le ministre de l'Intérieur Saïd Sayoud se sont rendus à Jijel sur instruction du président Tebboune pour superviser les secours et promettre une prise en charge totale des victimes.

L'impossibilité pour les Canadairs d'opérer la nuit complique la lutte dans les massifs accidentés, reportant la charge sur les moyens terrestres et hélicoptères face aux reprises de feu nocturnes.

Le ministre Sayoud a annoncé l'ouverture d'enquêtes approfondies pour établir les causes de ces départs de feu qui touchent forêts, récoltes et zones habitées.

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Selon le dernier bilan de la Protection civile établi hier à 13h, pas moins de 97 incendies ont été enregistrés à travers le pays. Les équipes d’intervention ont réussi à en éteindre 68, tandis que 29 foyers restent encore en cours dans 15 wilayas.

Douze morts, 54 blessés dont six dans un état grave, 97 incendies recensés et 29 foyers encore actifs… Le feu a frappé de Jijel à Béjaïa et Tizi Ouzou, avec une violence exceptionnelle. Sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, s’est rendu à Jijel, tandis que le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, annonce des enquêtes approfondies pour établir les causes des départs de feu. L’Algérie fait face à l’une des séquences d’incendies les plus meurtrières de ces dernières années. Dans plusieurs wilayas du Nord et de l’Est, les flammes ont gagné des espaces forestiers, agricoles et parfois des zones habitées, contraignant des familles à fuir leurs domiciles et mobilisant d’importants moyens humains et matériels. Le bilan humain donne la mesure de la tragédie. Douze personnes ont perdu la vie et 54 autres ont été blessées, dont six dans un état grave. Jijel compte cinq morts, Béjaïa quatre et Tizi Ouzou trois. Derrière ce bilan se trouvent des familles frappées par le deuil, des blessés hospitalisés et des populations entières confrontées à l’angoisse de voir les flammes se rapprocher de leurs habitations. La situation connaît toutefois une évolution sur le front opérationnel. Selon le dernier bilan de la Protection civile établi hier à 13h, pas moins de 97 incendies ont été enregistrés à travers le pays. Les équipes d’intervention ont réussi à en éteindre 68, tandis que 29 foyers restent encore en cours dans 15 wilayas. Skikda concentre désormais le plus grand nombre de feux persistants avec cinq foyers, suivie de Guelma avec quatre et Béjaïa avec trois. Jijel, Annaba, Mila, Souk Ahras et Tizi Ouzou comptent chacune deux incendies encore actifs, tandis qu’un foyer est signalé à El Tarf, Tébessa, Constantine, Sétif, Médéa, Djelfa et Bouira. Le feu continue ainsi de dicter son rythme aux secours, alors que chaleur, sécheresse de la végétation et vents forts compliquent les opérations et accélèrent la propagation des flammes. C’est à Jijel, l’une des wilayas les plus durement touchées, que s’est concentrée jeudi la mobilisation gouvernementale. Chargés par le président Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, et le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, se sont rendus sur place pour suivre directement la situation, les opérations d’extinction et la prise en charge des victimes. Au cours de leurs visites, ils se sont rendus auprès des blessés et des personnes affectées par les incendies. Ils ont également inspecté les zones sinistrées et pris connaissance de l’évolution du dispositif de lutte contre les flammes. Le message de Sifi Ghrieb est celui d’un Etat mobilisé autour des victimes et des sinistrés. «L’Etat, sur instruction du président de la République, accorde une attention particulière aux blessés, aux personnes touchées et aux familles des victimes», a-t-il affirmé, en insistant sur la nécessité de «mobiliser tous les moyens nécessaires pour prendre en charge les conséquences de la catastrophe». Cette déclaration intervient alors que les services de secours continuent de lutter contre plusieurs foyers. Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité de «maintenir la mobilisation et la coordination entre les différents services, en faisant de la protection des citoyens la priorité absolue». Sur le terrain, il a notamment pris connaissance de la situation dans la région de Mechat, dans la commune d’El Milia, où un point lui a été présenté sur l’évolution des incendies, les opérations d’intervention et les mesures prises pour protéger les populations et les biens.
La visite revêt une portée particulière. Elle intervient au moment où l’Etat doit répondre simultanément à l’urgence opérationnelle, à la détresse des familles et aux interrogations suscitées par la multiplication des incendies. Les feux concernent le couvert végétal, les récoltes agricoles, les palmeraies et les meules de foin. A Skikda, la situation demeure particulièrement suivie avec cinq incendies recensés dans les communes de Azzaba, Aïn Zouit, El Haddeïk et Oum Toub, où deux foyers ont été signalés. A Guelma, quatre incendies sont encore en cours, tandis que Béjaïa en compte trois. Deux foyers persistent à Jijel, Annaba, Mila, Souk Ahras et Tizi Ouzou. Cette dispersion des incendies constitue l’une des principales difficultés du dispositif. Les secours doivent intervenir sur plusieurs fronts simultanément, dans des reliefs souvent accidentés, tout en protégeant les habitations et en procédant, lorsque cela est nécessaire, à l’évacuation des populations.

Quand la nuit prive les secours des Canadairs

Cette pression devient encore plus forte après la tombée de la nuit. L’impossibilité pour les Canadairs d’effectuer des largages nocturnes constitue, en effet, une contrainte majeure dans la lutte contre les feux de forêt. Or, certaines reprises de feu peuvent précisément survenir durant ces heures, lorsque le vent se renforce et que la chaleur accumulée par la végétation durant la journée favorise une nouvelle progression des flammes. La perte de l’appui des bombardiers d’eau pendant plusieurs heures reporte alors une part accrue de la mission sur les moyens terrestres et les hélicoptères. La difficulté est particulièrement sensible dans les massifs forestiers denses et accidentés, où les accès sont rares, les reliefs escarpés et la végétation compacte. Les engins terrestres y disposent de marges de manœuvre réduites, tandis que les habitations dispersées au cœur ou en lisière des zones boisées compliquent simultanément la protection des populations et leur éventuelle évacuation. Lorsque les flammes gagnent ces constructions isolées durant la nuit, la situation peut rapidement devenir critique. L’absence de visibilité suffisante pour les bombardiers d’eau et l’impossibilité des largages aériens nocturnes réduisent les capacités d’intervention au moment où chaque minute peut être décisive. Cette limitation ne relève toutefois pas d’un simple déficit d’équipement. Les Canadairs effectuent leurs largages à très basse altitude, parfois à quelques dizaines de mètres seulement du relief ou de la cime des arbres. Dans ces conditions, l’obscurité accroît fortement les risques de collision avec des lignes électriques, des antennes, des reliefs ou d’autres obstacles difficiles à détecter.
Le recours aux dispositifs de vision nocturne ne suffit pas, à lui seul, à résoudre cette difficulté. La conception des cockpits de ces appareils, la présence de nombreux voyants et écrans lumineux ainsi que l’absence de certains capteurs et systèmes de navigation spécifiquement adaptés au vol opérationnel à très basse altitude dans l’obscurité limitent leur emploi dans ces conditions. Le choix de ne pas engager les Canadairs après la tombée de la nuit répond avant tout à une exigence de sécurité aérienne. La lutte nocturne repose davantage sur les moyens terrestres et sur d’autres équipements adaptés. Cette contrainte donne une importance particulière à l’anticipation. En effet, contenir les foyers avant la nuit, renforcer la surveillance des reprises de feu, accélérer l’alerte et sécuriser les populations exposées deviennent alors des impératifs opérationnels. La poursuite des opérations de lutte s’appuie désormais sur un engagement accru des moyens aériens dans plusieurs wilayas.

Sayoud : «Des enquêtes approfondies pour établir les causes»

Mais derrière l’urgence des opérations d’extinction se profile désormais une autre bataille… L’établissement des causes. A Taher, dans la wilaya de Jijel, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a annoncé l’ouverture d’enquêtes approfondies afin de déterminer les causes des incendies qui ont frappé plusieurs wilayas du pays. L’annonce est lourde de sens. Elle intervient alors que la multiplication et la simultanéité des foyers ont suscité de nombreuses interrogations. Le ministre n’a toutefois pas préjugé des conclusions des investigations. L’objectif est précisément de déterminer les circonstances de chaque départ de feu et d’établir les éventuelles responsabilités. Cette prudence est essentielle. Les enquêteurs devront distinguer les facteurs naturels, les éventuelles négligences et toute intervention humaine criminelle qui pourrait être établie par les investigations. 

Remise des décisions d’indemnisation aux sinistrés des incendies de juillet

L’opération de remise des décisions d’indemnisation aux sinistrés des incendies ayant affecté plusieurs communes de la wilaya de Bejaia en juillet dernier, a été lancée, ont annoncé hier les services de la wilaya. La remise des décisions d’indemnisation a débuté hier, jeudi, au profit des citoyens sinistrés par les incendies qui ont touché la daïra d’Ouzellaguen, ainsi que les communes de Beni Maouche et Barbacha, juillet , ont précisé les mêmes services, cités par l’APS. Ces indemnisations concernent les citoyens ayant subi des préjudices à la suite des incendies de forêts et des dégâts causés aux récoltes agricoles dans la région, et ce sur la base des résultats des constats effectués sur le terrain et de l’évaluation des dommages et pertes enregistrés par les commissions ad hoc, ajoute la même source. Les mêmes services ont indiqué que cette opération s’inscrit dans la cadre de la mise en œuvre des instructions du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, portant finalisation de l’opération d’indemnisation des sinistrés des incendies avant le 31 août en cours, et conformément aux orientations du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, M. Said Sayoud, visant à accélérer l’application de cette opération d’indemnisation et de prise en charge rapide des sinistrés. R. S.

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