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Repère – Les feux de Jijel rassemblent, encore une fois,les Algériens

Par Salim Oussaci4 min de lecture
Brifa
Résumé IA

Les violents incendies qui ont ravagé Jijel et Béjaïa, entraînant un deuil national de trois jours, ont déclenché une vague de solidarité spontanée à travers tout le pays.

Des convois d'aide partis de nombreuses wilayas, dont Sétif et ses daïras, ont acheminé vivres, vêtements et médicaments vers les zones sinistrées dans les heures qui ont suivi l'alerte.

L'auteur salue cet élan citoyen récurrent face aux catastrophes, tout en rappelant que la bonne volonté doit s'inscrire dans un cadre organisé aux côtés des professionnels de la lutte contre les feux.

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Décidément, à chaque épreuve, les Algériens savent se retrouver. Quelle que soit la nature de la catastrophe – feux de forêt, inondations, séismes ou accidents –, la solidarité populaire ressurgit, spontanée, massive et souvent bien avant que quiconque ne la sollicite.
Les violents incendies qui ont touché ces dernières heures plusieurs wilayas du centre et de l’est du pays, particulièrement Jijel et, à un degré moindre, Béjaïa, pour lesquelles un deuil national de trois jours fut décrété par le président de la République, en apportent une nouvelle illustration. A peine les premiers appels à l’aide relayés depuis les zones sinistrées que les élans de solidarité ont commencé à s’organiser aux quatre coins du pays. De l’Ouest au Centre, jusqu’aux wilayas limitrophes de Jijel et Béjaïa, les initiatives se sont multipliées, d’abord à distance, puis progressivement au plus près des populations touchées. Il n’aura pas fallu attendre de longues heures pour voir s’organiser des chaînes de solidarité. A Sétif, El Eulma, Amoucha, Bougaâ, Beni Ourtilane, Beni Aziz, Aïn Oulmène et dans plusieurs autres daïras de la wilaya, des groupes de jeunes se sont mobilisés. Aux sorties des villes, des convois se sont constitués, prenant la direction des régions touchées avec ce qui pouvait être utile aux sinistrés : denrées alimentaires, vêtements, eau, produits de première nécessité, produits pharmaceutiques et autres moyens susceptibles de soulager des familles brutalement confrontées à l’urgence.
Le même mouvement était observé dans d’autres régions du pays, y compris les plus éloignées. Sur les réseaux sociaux, les appels se multipliaient pour annoncer les horaires de départ, recueillir les dons et coordonner l’acheminement de l’aide. Ceux qui arrivaient les premiers sur place se mettaient à la disposition des populations sinistrées, apportant leur concours là où ils pouvaient être utiles.
Mais au-delà des dons et des convois de solidarité, c’est surtout la rapidité de la réaction qui interpelle. Comme si, face au malheur d’un autre Algérien, la distance géographique cessait instantanément d’exister. A Jijel, les cris d’urgence ont ainsi trouvé un écho bien au-delà des frontières de la wilaya. Des jeunes venus des régions avoisinantes, mais aussi de différentes parties du pays, ont pris la route, mettant entre parenthèses leurs activités, leur confort et parfois même leur sécurité pour venir en aide aux populations éprouvées. Cette mobilisation mérite d’être saluée, tout en rappelant que l’intervention face aux incendies demeure un travail de professionnels et que la bonne volonté, aussi admirable soit-elle, ne saurait remplacer la préparation, l’équipement et l’encadrement nécessaires. La solidarité citoyenne trouve toute sa valeur lorsqu’elle vient renforcer, dans un cadre organisé et sécurisé, l’action des services mobilisés sur le terrain.
C’est peut-être là le véritable enseignement de ces journées difficiles : lorsque l’urgence appelle, l’Algérien répond. Sans attendre de consigne, sans calcul et sans se demander d’où vient celui qui a besoin d’aide. Dans l’épreuve, les frontières entre wilayas s’effacent et la solidarité nationale reprend ses droits. Une solidarité qui, une fois encore, vient rappeler que derrière les divisions, les querelles et les difficultés du quotidien, demeure une force intacte : celle d’un peuple capable de se rassembler lorsqu’un des siens est en danger. Car quand Jijel brûle, ce n’est pas seulement Jijel qui souffre. C’est toute l’Algérie qui, une fois encore, se sent appelée. Et qui accourt.

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