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Nouveau rapport de l’Onu publié : Les sols de la planète se dégradent«à une vitesse alarmante»

Par Amel Blidi8 min de lecture
Nouveau rapport de l’Onu publié : Les sols de la planète se dégradent«à une vitesse alarmante»
Résumé IA

Le nouveau rapport de la FAO alerte sur une dégradation alarmante des sols, source de 95 % de l'alimentation, sous pression accrue depuis 2015 par l'expansion agricole.

L'érosion, mal gérée dans 81 % des cas et aggravée dans 65 %, réduit la rétention d'eau et amplifie les risques d'inondations et de sécheresses.

Déforestation, urbanisation, agriculture intensive et salinisation dégradent les sols selon les territoires, mais labour réduit, diversification culturale et engrais combinés offrent des solutions adaptées localement.

Seuls 10 % des cas s'améliorent depuis 2015 ; la FAO réclame des politiques incitatives pour généraliser ces pratiques, la dégradation touchant déjà 1,7 milliard de personnes.

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El Watan

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Le constat est d’autant plus préoccupant que les sols sont à l’origine de «95% de notre production alimentaire», selon l’ONU.

Erosion, épuisement des terres, pollution, salinisation : l’état des sols mondiaux se détériore alors que 95% de la production alimentaire en dépend. Un nouveau rapport de la FAO alerte sur l’accélération du phénomène, tout en mettant en avant des pratiques capables d’inverser la tendance.
L’état des sols dans le monde se dégrade aujourd’hui à une vitesse «alarmante», selon les experts des Nations unies. Le constat est d’autant plus préoccupant que les sols sont à l’origine de «95% de notre production alimentaire», rappelle la deuxième édition du rapport sur «L’état des ressources en sols du monde», présenté jeudi par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dans le cadre de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, organisée à Oulan-Bator. Le rapport considère que la pression s’est accentuée depuis la première évaluation mondiale publiée en 2015. En une dizaine d’années, la population mondiale s’est accrue de quelque 800 millions de personnes. Dans le même temps, d’immenses superficies ont été converties en terres agricoles pour répondre à l’augmentation des besoins alimentaires. Selon les éléments du rapport, une superficie comparable à celle de la France et de l’Allemagne réunies a ainsi été transformée en terres agricoles. Cette extension des surfaces cultivées a permis de répondre, au moins en partie, à la demande croissante. Mais elle a aussi «aggravé la pression sur les sols», constate le Groupe technique intergouvernemental sur les sols (ITPS), le panel d’experts scientifiques de la FAO.
Parmi les différentes formes de dégradation recensées, l’érosion apparaît comme une véritable menace. Elle consiste en une perte progressive de la couche superficielle du sol, notamment sous l’action de l’eau et du vent. Or cette couche, souvent peu épaisse, concentre une part essentielle de la matière organique et des éléments nécessaires à la croissance des plantes. Dans 81% des cas étudiés, l’érosion est considérée comme mal, voire très mal gérée. Plus inquiétant encore, la situation s’est détériorée dans 65% de ces cas. Aussi, lorsque les sols perdent leur capacité à absorber et retenir l’eau, ils deviennent aussi plus vulnérables aux phénomènes climatiques extrêmes. Les risques d’inondations et de sécheresses peuvent alors augmenter, avec des sols dégradés qui résistent moins bien aux épisodes de pluies intenses, mais aussi aux longues périodes sans précipitations. Le phénomène est particulièrement préoccupant dans un contexte où les épisodes climatiques extrêmes deviennent plus fréquents et plus intenses.

Une pression toujours plus forte

La dégradation des sols n’est évidemment pas uniquement liée à l’agriculture. Elle résulte de la combinaison de facteurs naturels et de pressions humaines. La déforestation, l’urbanisation, certaines pratiques agricoles intensives, la surexploitation des terres ou encore une utilisation inadaptée des intrants peuvent accélérer la dégradation. Les zones arides et côtières sont ainsi davantage exposées à la salinisation, c’est-à-dire à l’accumulation excessive de sels dans les sols. Ce phénomène peut rendre les terres progressivement moins productives, voire impropres à certaines cultures. Les terres agricoles situées à proximité des zones urbaines sont, quant à elles, davantage exposées à différentes formes de pollution. La nature de la dégradation varie fortement d’un territoire à l’autre. Selon les explications contenues dans ce rapport, un sol agricole soumis à une forte sécheresse ne présente pas les mêmes contraintes qu’une terre cultivée dans une région humide. Par ailleurs, une zone côtière confrontée à la salinisation n’a pas les mêmes besoins qu’un bassin agricole soumis à une pollution industrielle ou urbaine. Il faudrait ainsi que la restauration des sols s’appuie sur leur réalité locale, leur climat ainsi que les pratiques agricoles qui y sont utilisées. Le rapport des experts de la FAO présente des conclusions «à la fois sombres et motivantes». Même si «la dégradation des sols continue de s’accélérer à une vitesse alarmante», la science a appris davantage et des pratiques efficaces se répandent.
Le labour, longtemps considéré comme une étape presque incontournable de l’agriculture, peut pourtant perturber fortement la structure du sol et contribuer à la destruction de sa matière organique. Réduire le travail mécanique permet notamment de limiter certaines formes d’érosion et de préserver davantage la vie biologique du sol. La diversification des cultures constitue, selon le rapport, une autre piste importante. Au lieu de reposer durablement sur un nombre limité de cultures, les systèmes agricoles peuvent intégrer davantage de diversité, avec des rotations permettant de réduire l’épuisement des ressources du sol et de favoriser sa fertilité. Le rapport cite également l’intérêt d’un usage combiné d’engrais organiques et inorganiques afin de maintenir la fertilité des terres. Là encore, l’objectif n’est pas nécessairement d’opposer une agriculture à une autre, mais de trouver les pratiques les plus adaptées aux besoins réels des sols.

Seulement 10% des cas montrent une amélioration

Depuis 2015, les scientifiques n’ont constaté une amélioration des pratiques de gestion des sols que dans 10% des cas étudiés. «Le défi est d’accélérer l’adoption (de ces pratiques) au rythme adéquat», prévient la FAO. Le fait est que la modification des pratiques agricoles demande du temps, des investissements et parfois du matériel différent. C’est pourquoi les experts insistent sur le rôle des politiques publiques et des mesures d’incitation. Selon eux, «grâce à des politiques éclairées, des mesures incitatives ciblées, la mise en œuvre de pratiques durables de gestion des sols, nous pouvons inverser la tendance à la dégradation, restaurer les fonctions des sols et sauvegarder leurs apports aux générations futures».
La dégradation des sols n’est pas une menace qui concernerait uniquement les générations futures. Elle produit déjà des effets sur les populations. La FAO estimait récemment que la perte de rendement liée à la dégradation des terres concernait environ 1,7 milliard de personnes, notamment en Asie du Sud et de l’Est.

Suisse : 27 vols annulés à l’aéroport de Zurich

La compagnie aérienne Swiss Airlines a annoncé hier l’annulation de 27 vols au départ et à destination de l’aéroport de Zurich, la capitale suisse, en raison de violents orages ayant perturbé les opérations, affectant environ 3100 passagers. Dans un communiqué relayé par des médias, la compagnie aérienne a indiqué que «d’autres annulations pourraient intervenir au cours de la journée, alors que les orages continuent de perturber les opérations aériennes». «Certains vols ont accusé jusqu’à trois heures de retard après que des impacts de foudre répétés à proximité de l’aéroport ont contraint à suspendre temporairement les opérations sur le tarmac pour des raisons de sécurité», ont rapporté, de leur côté, des médias locaux. Les opérations au sol ont par moments été presque totalement interrompues, entraînant des retards en cascade tout au long de la journée. Les conditions météorologiques sévères ont également considérablement limité le nombre de décollages et d’atterrissages à l’aéroport de Zurich. Swiss Airlines a indiqué, par ailleurs, travailler à la stabilisation des opérations, au maintien des liaisons dans la mesure du possible et à la réduction au minimum des perturbations pour les passagers. R. I.

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