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En Allemagne, un centre inédit propose travail et formation aux sans-papiers menacés d’expulsion

Par Mohamed Rahmani4 min de lecture
En Allemagne, un centre inédit propose travail et formation aux sans-papiers menacés d’expulsion
Résumé IA

L'Allemagne a inauguré le 1er juin en Brandebourg un « centre d'opportunités » offrant formations, stages et mise en relation avec des employeurs à 200-300 migrants par an bénéficiant d'une Duldung, un statut de séjour toléré pour personnes non expulsables.

Le projet vise à pallier une pénurie estimée à 120 000 travailleurs d'ici 2031 dans les secteurs des transports, logistique, hôtellerie, commerce, agriculture et santé, où 25 à 30 % des actifs partiront à la retraite sous cinq ans.

Les associations de réfugiés soutiennent l'initiative qui lève des obstacles administratifs, tandis que l'AfD s'y oppose et a manifesté pour exiger la rétention et l'expulsion des personnes concernées.

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En Allemagne, un nouveau centre installé dans le Brandebourg propose un parcours de formation et d’insertion professionnelle à des migrants menacés d’expulsion. Le projet pilote vise notamment les personnes bénéficiant d’une Duldung, un statut de séjour toléré qui concerne des étrangers dont l’expulsion ne peut pas être exécutée dans l’immédiat.

Ouvert le 1er juin dans le Land de Brandebourg, autour de Berlin, le « centre d’opportunités » cherche à accompagner des personnes tenues de quitter l'Allemagne mais dont le renvoi reste impossible pour différentes raisons. Certaines ne disposent pas des documents nécessaires à leur retour ou leur pays d’origine ne permet pas leur réadmission. Des raisons médicales peuvent aussi empêcher une expulsion. Le dispositif s’adresse également à des migrants dont la situation administrative n’est pas encore définitivement réglée.

Le centre doit accompagner entre 200 et 300 personnes par an. Cours d’allemand, formations professionnelles, parcours éducatifs, stages et mise en relation avec des employeurs font partie des services proposés. Une centaine de personnes participent déjà au programme, parmi lesquelles des hommes, des femmes et des mineurs.

L’emploi au cœur du projet allemand

Le premier cours d’allemand rassemble des participants originaires principalement d'Afrique. Plusieurs étaient auparavant hébergés au centre de premier accueil d’Eisenhüttenstadt. Pour les autorités du Brandebourg, la question de l'intégration se pose aussi dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. Le Land estime qu'environ 120 000 travailleurs pourraient manquer d'ici 2031.

Selon le ministre de la Migration et de l’Intégration du Brandebourg, René Wilke, certaines régions pourraient voir entre 25 et 30 % de leur population active actuelle partir à la retraite au cours des cinq prochaines années. Les secteurs des transports, de la logistique, de l’hôtellerie, du commerce, de l’agriculture et de la santé pourraient être particulièrement concernés.

L’objectif du centre est donc de rapprocher des personnes déjà présentes en Allemagne du marché du travail, avec l’espoir qu’une insertion professionnelle puisse, dans certains cas, ouvrir la voie à une situation administrative plus stable.

Un projet qui divise

Le dispositif reçoit le soutien d'associations de défense des réfugiés. Kirstin Neumann, porte-parole du Conseil des réfugiés du Brandebourg, estime que certaines personnes concernées travaillent ou suivent déjà des formations, mais rencontrent des obstacles administratifs qui les empêchent de poursuivre leur activité ou d'obtenir un titre de séjour. Elle souhaite que ce type de structure soit développé à plus grande échelle dans le Land.

Le projet suscite aussi l’opposition de l’AfD, parti classé à droite de l’échiquier politique en Allemagne et hostile à l’immigration. Le parti a organisé une manifestation devant le centre lors de son inauguration, le 21 août. Hans-Christoph Berndt, président du groupe parlementaire de l’AfD au parlement régional, a demandé que les personnes concernées soient placées en rétention administrative et expulsées.

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