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Chlef ambitionne le statut de pôle d'avenir régional

Par Abaci M’hamed9 min de lecture
Chlef ambitionne le statut de pôle d'avenir régional
Résumé IA

Chlef ambitionne de devenir un pôle régional majeur en s'appuyant sur son potentiel agricole, son agro-industrie, son commerce et son tourisme d'affaires.

Située au carrefour des axes routiers Alger-Oran, la wilaya de 1,4 million d'habitants dispose de trois ports de pêche, de stations de dessalement et d'un aéroport international desservant six wilayas.

Réputée pour ses agrumes et ses "blés d'or", la ville connaît une expansion industrielle dans le ciment, le plastique et l'agroalimentaire, et attend des projets structurants comme un tramway et un CHU.

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Le Quotidien d'Oran

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La ville, surnommée "la ville des oranges", ambitionne de devenir une capitale régionale alliant son fort potentiel agricole à une expansion de l'agro-industrie, du commerce et du tourisme d'affaires .C’est un carrefour entre mer et montagne, le territoire de la wilaya est à l'image de sa diversité. Traversé par la voie ferrée Alger-Oran et par l'oued Chéliff, le plus long cours d'eau d'Algérie avec ses 750 km. Il s’ouvre au sud sur les Hauts Plateaux, au pied des monts de l’Ouarsenis qui culminent à près de 2000 mètres d’altitude. Au nord, le massif du Dahra surplombe la ville avant de plonger vers une façade maritime exceptionnelle de plus de 120 kilomètres de littoral méditerranéen. Bordée par quatre wilayas limitrophes Mostaganem et Relizane à l’ouest, Aïn Defla et Tipaza à l’est , Chlef occupe une position privilégiée. Elle est la ville la mieux située au carrefour des deux grands axes routiers reliant Alger, la capitale, à Oran, la deuxième ville du pays, faisant d'elle le principal carrefour de communication et de transit du pays. Elle s'impose aujourd'hui comme un acteur clé du développement local et de l’équilibre régional.

Avec ses 13 daïras et 35 communes, la wilaya compte aujourd'hui plus de 1.400.000 habitants, se plaçant , selon les statistiques au 9e rang des grandes villes du pays(après : Alger, Oran, Tlemcen, Constantine, Annaba, Batna, Blida, Sétif). C'est l'une des régions les plus riches d'Algérie après la Mitidja, les Hauts Plateaux et la Soummam, grâce à son abondance en eau, ses ressources naturelles et ses formidables potentialités agricoles.

La wilaya dispose d'atouts exceptionnels. Historiquement réputée pour ses "blés d'or", ses vignobles, ses oliviers et son apiculture, elle est avant tout la terre des agrumes. Oranges, mandarines et pamplemousses, célébrés chaque année lors de la traditionnelle "Fête des oranges", jouissent d'une réputation internationale.

Cette richesse est complétée par une dynamique maritime portée par trois ports de pêche : Ténès, mondialement réputé pour la qualité de sa sardine, El Marsa et Béni Haoua. Trois stations de dessalement d'eau de mer à Ténès et Béni Haoua, plus une quatrième en cours de réalisation à El Marsa, assurent l'alimentation en eau potable.

Sur le plan industriel, Chlef connaît une forte expansion : ciment, plastique, céramique, verre et marbre, exploitation des mines et carrières, production de GPL, et une agro-industrie florissante (lait et dérivés, semoule, pâtes, concentré de tomates, jus de fruits, huile d'olive).

Desservie par un aéroport international à 10 km au nord, qui rayonne sur six wilayas, par la ligne ferroviaire et un réseau routier dense, ainsi que par un parc hôtelier allant de une à cinq étoiles, la ville attire investisseurs, bailleurs de fonds et hommes d'affaires. Un tissu qui sera renforcé cette année par la création de deux zones industrielles à Oued Sly et Boukadir, et la projection de trois Zones d'Expansion Touristique sur le littoral de Ténès à El Hamadia, Mainis et Tigheza. Terre de chasse réputée où le gibier est abondant, elle compte également de nombreuses représentations bancaires nationales et étrangères, véritables poumons du développement régional.

Comme aussi, l’émergence de la médecine et de la santé publique dans la wilaya de Chlef s’est accélérée pour transformer la région en un pôle sanitaire régional. Historiquement dépendante des grands centres hospitalo-universitaires (CHU) limitrophes comme Alger ou Oran, Chlef s’est progressivement dotée d’infrastructures de pointe, d’un réseau de cliniques privées dynamiques et d’une offre de soins spécialisés de plus en plus complète.

Malgré un effort colossal de reconstruction selon les normes parasismiques et de grands projets de logements et d'infrastructures, les Chélifiens fondent de grands espoirs sur le lancement d'infrastructures stratégiques : tramway, bus accordéon, CHU, gares routières modernes, parkings à étages et réhabilitation de l'ancienne voie ferrée Chlef-Ténès.

Mais le défi le plus symbolique reste la réhabilitation de l'oued Chéliff. Autrefois considéré comme le Nil de l'Afrique du Nord, cœur animé de la ville qui lui a donné son nom, il offre aujourd'hui une image préoccupante : asséché, envahi par une végétation sauvage et pollué. Sa remise en état est une urgence environnementale et une question d'image pour cette ville millénaire, c’estle grand défi de la reconquête urbaine et environnementale.

Malgré les chaleurs étouffantes de l'été, Chlef séduit par le parfum de ses fleurs d'oranger, ses forêts urbaines et ses massifs de pins d'Alep. Pour ceux qui l'ont connue, El Asnam incarnait la modernité et l'harmonie urbaine : ses boulevards carrelés, ses espaces verts ornés de ficus, ses salons de café, son Monoprix, son musée archéologique, ses piscines semi-olympiques et le hammam royal Es-Soltane.

La ville garde l'empreinte de ses édifices publics d'envergure - Hôtel des Finances, Grande Poste, mairie, gare - de ses établissements scolaires phares comme le lycée As-Salem et l'école Lallement, de ses pôles universitaires, de ses lieux emblématiques comme le Mirador et le centre culturel Larbi Tebessi, ou encore de la Poudrière, aujourd'hui musée archéologique témoignant de l'histoire millénaire de la vallée.

Chlef, c'est aussi une mémoire spirituelle et intellectuelle et de la Révolution. La prestigieuse médersa Khaldounia, construite en 1944 grâce aux notables de la ville, a formé de hauts cadres de l'État, et la Zaouïa de Medjadja, fondée au XVIe siècle, a rayonné sur toute la région.

Le devoir de mémoire impose de rendre hommage à ses bâtisseurs qui ont mis leur savoir au service de la société et l’intérêt suprême du pays avant et pendant l’indépendance: ses guides spirituels commele mufti Cheikh Bouabdelli , Cheikh Boudali (dit El Farissi)et Cheikh AtbaBenatbatous trois membres de l’association des Oulémas algériens, Cheikh Saïdi,Cheikh Hadj M’hamed, Hadj Brahim Achit et Cheikh El Medjadji,cheikh Abassi ,Ibn Yekhlef, Cheikh Ibn Eddine Zerrouki, Ibn Abdeslam Abou Eshak El Tensi... Les maires à l'image de Bouzid Ali (le premier maire et ex.secrétaire général de la jeunesse et des sports), les défunts Djabbour Chérif, Chorfa Belkacem, Benali Ameur, AoufèneBouaissi, DjazouliBoudjeltia ,Mokrane, Belhadj Sinini M’hamed (vice-président) et Khelifa Akeb ‘’surnommé le boxeur’’ qui ont administré la cité avec compétence durant leurs mandats. Et enfin, ses éducateurs ,intellectuels, bienfaiteurs de la ville ou acteurs de la société civile comme Boumezrag, figure liée à la création de la glorieuse équipe du FLN, Ahmed Wahbi, auteur de la chanson de deuil "HozniAlikya El Asnam" après le séisme de 1954, et Paul Robert, né à Orléansville, l’actuelle Chlef auteur du célèbre dictionnaire Le Petit Robert. Les acteurs de la société entre autres :Ahmed Slimani, Benaouarane, Hadj Benhalima, Feknous, Zerrouki M’hamed,Hadj Brahim Senouci, El Houari Belkacem, Si Bouali Sayah, Cheikh El Mokrani, Abdelkader Klouche, Menouar Sayah, Bouali Kouadri,Djellid M’hamed ,Boudia Mohamed ,Sayah dit Robert,Maâmar Aït Saâda ainsi que les Cheikhs Mahdi, Djazouli, Dahmani, Ait Hamouda.

Chlef, terre natale et sanctuaire de figures légendaires de la Révolution algérienne. Des noms ancrés dans l'histoire de la mémoire collective de la région et de l'Algérie indépendante entre autres :

-Le commandant Si Djillali Bounaama : Chef emblématique de la Wilaya IV historique, stratège militaire rigoureux, tombé au champ d'honneur en 1961 à Blida.

-Hassiba Benbouali : Icône de la jeunesse et du sacrifice féminin, native de Chlef, figure de la Bataille d'Alger, morte en martyre à la Casbah.

-Le colonel Si Youcef Khatib : Chef respecté de la Wilaya IV, qui a dirigé les opérations militaires avec bravoure jusqu'à l'indépendance.

-Les familles de martyrs : Les sœurs Bedj, les sœurs Adidou, les frères Khatib, les frères et cousins Khelif, les frères Messabih, ainsi que Maamar Sahli, Mekaoui, et M’hamed Djouba, illustrent le sacrifice suprême pour la libération du pays .

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