Quelques mois après le kidnapping de Nicolás Maduro : Les États-Unis prennent le contrôle du pétrole vénézuélien

Donald Trump annonce un accord pétrolier «historique» donnant aux États-Unis le contrôle de 65 milliards de barils de réserves vénézuéliennes, présenté comme le double des réserves américaines.
La présidente intérimaire Delcy Rodríguez confirme le développement de 17 champs stratégiques promettant plus de 100 milliards de dollars d'investissements et 209 milliards de recettes fiscales, tandis que Marco Rubio salue une victoire «America First».
Des experts avertissent que l'instabilité politique pourrait faire annuler ces engagements, que les infrastructures dégradées nécessitent des investissements massifs, et que les compagnies américaines restent méfiantes après les expropriations passées.
Certains analystes estiment que cet accord ne fait que recadrer des négociations en cours comme un succès politique, la capacité de production limitée du Venezuela n'ayant que peu d'effet immédiat sur les cours.
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El Watan
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Le président américain, Donald Trump, réalise le principal objectif de son opération anti-Nicolás Maduro. Quelque mois après l’enlèvement spectaculaire du président vénézuélien en janvier, les Etats-Unis d’Amérique prennent le contrôle de la principale richesse du Venezuela : 65 milliards de barils de réserves pétrolières. Et cela à travers un accord qualifié «d’historique» par Donald Trump.
Dans un message publié vendredi sur son réseau Truth Social, il évoque, en effet, un «plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale». «Cette transaction historique, plus que le double des réserves pétrolières américaines, accroît fortement notre approvisionnement en pétrole et fera considérablement baisser le prix de l’essence pour tous les Américains», s’est réjoui le président des USA. Poursuivant, il tente même de présenter cette «transaction» comme étant un accord qui mettrait le «Venezuela sur la voie d’un immense succès et d’une grande prospérité». L’accord est confirmé ensuite par la présidente intérimaire du Venezuela, soutenue par l’administration américaine, Delcy Rodríguez, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. Selon elle, l’accord «prévoit le développement de 17 champs stratégiques» et pourrait entraîner «plus de 100 milliards de dollars d’investissements et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l’Etat». Pour sa part, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, affirme que le nouvel accord pétrolier conclu avec le Venezuela «garantira un approvisionnement stable en pétrole et contribuera à faire baisser les prix de l’essence aux Etats-Unis». «Cela montre comment la politique étrangère audacieuse du président Trump produit des victoires ‘America First’ : elle garantit des réserves stables et du pétrole bon marché dans notre hémisphère et fait baisser le prix de l’essence chez nous», écrit-il dans un message sur le réseau X.
Oil deal et incertitudes politiques
Le responsable de la politique étrangère américaine présente aussi ce qu’il considère comme un grand bénéfice pour le peuple vénézuélien. «Pour le peuple vénézuélien, cet accord apportera près de 100 milliards de dollars d’investissements privés, soutiendra des milliers d’emplois bien rémunérés et relancera la reconstruction de l’économie vénézuélienne», soutient-il. Mais les responsables américains risquent d’être refroidis. Et pour cause, estiment des observateurs, la pérennité des engagements pris par le pouvoir en place à Caracas n’est pas garantie. «Un futur gouvernement pourrait décider de revenir sur les accords conclus avec Washington et de modifier brutalement les règles du jeu», prévient Jorge R. Pinon, chercheur à l’Energy Institute de l’Université du Texas à Austin, cité par huffingtonpost.fr.
Ce dernier cite aussi un deuxième point noir de cet accord : «Les infrastructures pétrolières du Venezuela, après des années de sous-investissement, sont fortement dégradées. Leur remise en état nécessitera des investissements considérables, et Donald Trump compte pour cela sur l’investissement des groupes américains pétroliers. Mais plusieurs restent frileux sur le dossier.» Il y a, dit-il, d’une part de lourds investissements qui sont nécessaires, et, d’autre part, les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé refroidissent les investisseurs. Le géant américain ExxonMobil l’a notamment été à deux reprises. «Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité», estime dans une déclaration à l’AFP John Kilduff, analyste d’Again Capital. Pour lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à «créer une sorte de zone d’Etat où les entreprises américaines peuvent s’implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions et (…) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela».
De son côté, Elias Ferrer, fondateur du think tank Orinoco Research, affirme que cette annonce relève d’«un jeu de récits autour d’accords qui étaient déjà en cours de négociation», l’achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas «garanti». Pour cet expert, Donald Trump présente ces arrangements comme «une victoire politique», en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l’énergie.
Il rappelle, dans ce sens, que les stocks stratégiques américains de pétrole sont à leur plus bas niveau depuis 1982, après avoir été largement utilisés pour pallier les perturbations d’approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient. Le Venezuela dispose, certes, des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils, mais sa production reste limitée. Il est difficile donc d’en attendre un effet rapide sur les prix.
Madjid Makedhi
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