Les chiffres hallucinants des disparitions forcées

Le ministère de la Santé de Gaza annonce 73 454 martyrs et 174 486 blessés depuis octobre 2023, dont cinq nouveaux décès en 24 heures.
Une étude du Centre palestinien pour les disparus documente 317 cas de disparitions forcées, majoritairement des hommes adultes, et estime le total entre 2 500 et 3 000 victimes.
Le Hamas commémore le premier anniversaire de la mort de son porte-parole Abou Oubaïda, dont le successeur affirme que son héritage inspire toujours la résistance.
L'Afrique du Sud dépose un nouveau dossier à la CIJ accusant Israël de génocide et de non-respect des ordonnances, citant plus de 10 % de la population gazaouie tuée ou blessée.
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Le Quotidien d'Oran
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Dans son rapport statistique quotidien, publié le 30 août 2026, concernant le nombre de victimes, le ministère de la Santé de Ghaza a annoncé un bilan de 5 martyrs et de 14 blessés durant les précédentes 24 heures. Le document rappelle que depuis le 11 octobre 2025, les bombardements et les assassinats de l’armée sioniste ont fait 1.318 martyrs et 4.375 blessés.
Les statistiques cumulées depuis le début de l’agression, le 7 octobre 2023, font état de 73.454 martyrs et 174.486 blessés.
Hier également, des sources hospitalières à Ghaza ont annoncé un bilan de trois martyrs suite aux attaques israéliennes sur les Deir al-Balah et Khan Younes survenues à l’aube.
Par ailleurs, le mouvement Hamas a commémoré, hier, le premier anniversaire du martyre du porte-parole des Brigades Ezzeddine al-Qassam, Hudhaifa Sameer al-Kahlout, plus connu sous le nom d’Abou Oubaïda, qui « incarnait une voix et une présence liées à une étape cruciale de l’histoire de notre peuple inébranlable, un écho qui continue de résonner dans la conscience de toute une nation ».
« Un an s’est écoulé depuis la disparition du porte-parole de la nation et figure emblématique de la résistance, Hudhaifa al-Kahlout, Abou_Oubaïda, premier porte-parole des Brigades Qassam, dont les paroles résonnent encore à travers le monde, dont le souvenir continuera d’inspirer des générations et dont le keffieh restera un symbole pour les combattants de la liberté du monde entier », a déclaré à son tour le nouveau Abou Oubaïda, l’actuel porte-parole de la branche armée du Hamas.
Disparitions forcées à Ghaza
À l’occasion de la Journée internationale des victimes de disparitions forcées, le Centre palestinien pour les personnes disparues et victimes de disparition forcée (PCMFD) a publié une étude basée sur 317 cas documentés de personnes « soupçonnées d’avoir été victimes de disparition forcée pendant la guerre dans la bande de Ghaza ». Loin de constituer un recensement exhaustif, les résultats révèlent « l’ampleur des disparitions » commises par l’armée d’occupation israélienne.
L’analyse révèle une surreprésentation masculine : 302 hommes (95,27%) contre 15 femmes (4,73%). Les enfants de moins de 18 ans représentent 12,93% des cas, les personnes âgées de 60 ans et plus 5,36%, et les adultes de 18 à 59 ans forment la grande majorité des disparus, soit 259 cas (81,70%).
Tous les groupes démographiques sont touchés, y compris les enfants, les femmes et les personnes âgées contraints de se déplacer dans des zones à haut risque pour s’approvisionner en nourriture, médicaments ou pour récupérer des biens essentiels.
Les disparitions surviennent principalement lors de raids et sièges résidentiels de l’armée israélienne (76 cas), de tentatives de retour chez soi (60 cas), lors de déplacements à travers des checkpoints (42 cas), ou à la recherche de nourriture (39 cas). La présence dans les zones frontalières (23 cas), ou encore pendant les attaques militaires contre des hôpitaux (22 cas), ainsi que 10 cas de disparition de journalistes et d’enquêteurs de terrain durant l’exercice de leurs fonctions.
Géographiquement, les plus touchés des gouvernorats sont : Ghaza (28,08%), du Nord (23,34%) et Khan Younis (18,61%).
Le PCMFD estime entre 2.500 et 3.000 le nombre de personnes victimes de disparition forcée, et environ 4.000 à 5.000 disparus sous les décombres.
Le Centre appelle la communauté internationale à exiger la divulgation des informations sur le sort et le lieu où se trouvent les personnes victimes de disparition forcée, à garantir un accès sans entrave du CICR, et à créer un mécanisme international d’enquête. Ces disparitions, insiste-t-il, ne sont pas des cas isolés mais une crise structurelle exigeant des poursuites judiciaires.
L’Afrique du Sud soumet un nouveau dossier
L’Afrique du Sud a soumis à la CIJ un « dossier d’information conséquent afin d’aider le Comité de juges chargé de surveiller la mise en œuvre des mesures conservatoires visant à protéger les droits du peuple palestinien et de formuler des recommandations à la Cour », indique un communiqué du ministère sud-africain des relations internationales et de la coopération publié le 25 août.
Le communiqué constate que le génocide israélien a déjà fait « au moins 73.407 Palestiniens morts et 174.335 blessés depuis le 7 octobre 2023 : soit plus de 10% de la population palestinienne de Ghaza » et qu’environ « 46.000 Palestiniens survivants à Ghaza, dont des enfants, souffrent de graves blessures liées au conflit, notamment des amputations, des traumatismes crâniens et des lésions de la moelle épinière ».
« Depuis l’annonce du prétendu «cessez-le-feu», en moyenne, un enfant palestinien est tué chaque jour par l’armée israélienne », alors que « le taux de fausses couches chez les Palestiniennes de Gaza a plus que triplé en 2026 », lit-on dans le document.
« Les ordonnances de la Cour sont contraignantes pour Israël, et la communauté internationale a également l’obligation de protéger le peuple palestinien contre le génocide, notamment en prenant toutes les mesures nécessaires pour le prévenir et le punir », ajoute la déclaration qui constate que « Israël ne s’est pas conformé » à ces ordonnances.
« Depuis près de trois ans, Israël bombarde Gaza, tuant et mutilant des dizaines de milliers d’enfants, d’hommes et de femmes » et « afin d’empêcher toute trace de ses crimes, Israël a assassiné des journalistes locaux, interdit l’accès à Ghaza aux journalistes étrangers et empêché les organes d’enquête mandatés par l’ONU d’y entrer ».
« La communication de l’Afrique du Sud réaffirme son engagement à respecter et à défendre le droit international et les institutions multilatérales, notamment le principal organe judiciaire des Nations Unies », lit-on dans le document.