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Grande Barrière de corail : La qualité de l’eau s’améliore mais les menaces persistent

Par R. Envr5 min de lecture
Grande Barrière de corail : La qualité de l’eau s’améliore mais les menaces persistent
Résumé IA

Des chercheurs ont constaté une amélioration mesurable de la qualité de l'eau dans la plupart des grands bassins versants de la Grande Barrière de corail sur 37 ans.

Les concentrations d'azote et de sédiments ont diminué dans des rivières clés comme Herbert, Burdekin, Pioneer, Tully et Fitzroy, bien que de façon irrégulière.

Cette évolution favorable s'explique principalement par la réduction de l'usage d'engrais dans la culture de la canne à sucre et l'amélioration des pratiques agricoles.

Malgré ces progrès, les seuils critiques pour la santé des écosystèmes ne sont pas encore atteints et le changement climatique ainsi que le déboisement menacent toujours le récif.

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Des chercheurs se sont récemment penchés sur la qualité de l’eau dans les zones côtières de la Grande Barrière de corail. Ils ont constaté des signes d’amélioration, malgré des niveaux d’azote et de sédiments qui restent supérieurs, dans de nombreuses rivières, aux seuils considérés comme adaptés au maintien d’écosystèmes côtiers et marins en bonne santé.

La Grande Barrière de corail est un joyau fragile du patrimoine mondial», avait déclaré, il y a plusieurs années, Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco. Elle est notamment menacée par le réchauffement et l’acidification des océans, mais aussi par la mauvaise qualité de l’eau, qui favorise la prolifération des algues et nuit à la santé des coraux. C’est pourquoi, depuis 2014, les gouvernements fédéral et du Queensland ont investi conjointement plus de 5 milliards de dollars australiens dans des programmes de gestion des bassins versants visant à préserver la santé des récifs coralliens.
Nombre de ces initiatives cherchent à améliorer l’état de l’eau en réduisant le ruissellement des engrais provenant des terres agricoles et en luttant contre l’érosion afin d’empêcher les sédiments de se déverser dans les cours d’eau. Cependant, l’espoir renaît puisque, dans une récente étude parue dans la revue Journal of Environmental Management, des chercheurs ont constaté que la qualité de l’eau s’est améliorée dans de nombreuses rivières qui se jettent dans le récif.

Un espoir pour la Grande Barrière de corail

Pour mener à bien leur étude, les chercheurs ont analysé 37 années de données de surveillance provenant de sept grands bassins hydrographiques afin de suivre les variations de rejets d’engrais et des sédiments en suspension. Pourquoi avoir choisi ces deux critères ? Car il s’agit de deux polluants qui figurent parmi les cinq principaux indicateurs utilisés par les scientifiques pour évaluer l’état et l’évolution des bassins hydrographiques.
De même, ces bassins hydrographiques n’ont pas été choisis au hasard puisqu’ils couvrent environ les deux tiers de la superficie des bassins versants de la Grande Barrière de corail, soit une superficie équivalente à celle de la Nouvelle-Zélande. Après analyse, ces données ont révélé de légères améliorations, mais néanmoins mesurables, des concentrations d’azote et de sédiments sur la plupart des sites de surveillance.
Parmi les rivières dont la qualité de l’eau s’est améliorée sur le long terme figurent notamment les rivières Herbert, Burdekin et Pioneer, ainsi que les rivières Tully et Fitzroy. Les experts ont par ailleurs constaté que cette évolution n’a pas été régulière ni prévisible. En effet, la plupart des rivières ont connu des améliorations par à-coups, souvent à la suite de changements importants dans les régimes de précipitations, de cyclones, d’utilisation des terres ou encore de pratiques d’épandage d’engrais.

Une évolution favorable liée à la baisse de l’utilisation d’engrais

Les scientifiques se sont ensuite intéressés aux facteurs susceptibles d’expliquer cette évolution favorable. Ils ont notamment constaté que la baisse de l’utilisation d’engrais dans le secteur agricole, en particulier pour la culture de la canne à sucre, avait eu un impact positif. Selon eux, l’amélioration des pratiques agricoles et les changements d’affectation des terres ont également contribué à cette amélioration de la qualité de l’eau.
«Même s’il est encourageant de constater des signes d’amélioration, nos résultats ne doivent pas être interprétés comme signifiant que toutes les rivières de ces bassins versants sont désormais en bonne santé», ont cependant précisé les experts. Ils estiment que malgré ces tendances favorables, les niveaux d’azote et de sédiments restent supérieurs, dans de nombreuses rivières, aux seuils considérés comme adaptés au maintien d’écosystèmes côtiers et marins en bonne santé, tels que les zones humides, les herbiers marins et les récifs coralliens côtiers.
Un constat qui n’a rien d’étonnant selon eux, puisque la restauration environnementale est rarement rapide ou uniforme. Les bassins versants peuvent en effet mettre plusieurs années à réagir aux efforts engagés pour améliorer leur état, comme la revégétalisation des berges destinée à limiter l’érosion et le rejet de sédiments. «Le récif reste confronté à d’énormes défis liés au changement climatique, aux phénomènes météorologiques extrêmes et aux pressions continues exercées sur les terres, notamment à travers le déboisement», ont-ils conclu.

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