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Les iraniens face aux sanctions US : Le blocus et le défi de la sécurité alimentaire

Par Mustapha Benfodil7 min de lecture
Les iraniens face aux sanctions US : Le blocus et le défi de la sécurité alimentaire
Résumé IA

Les États-Unis ont imposé un blocus naval à l'Iran depuis avril et durci les sanctions financières pour asphyxier économiquement la République islamique.

Le président Pezeshkian a averti les Iraniens qu'ils devront accepter davantage de sacrifices dans ce qu'il qualifie de situation de guerre.

Le ministre de l'Agriculture assure que la sécurité alimentaire reste stable grâce à des réserves stratégiques croissantes, une autosuffisance atteinte en viande de poulet et plus d'un million de tonnes de produits essentiels disponibles.

Une pénurie de 15 millions de litres de carburant par jour provoque de longues files d'attente, conséquence du blocus, des sanctions et de frappes sur les raffineries.

L'inflation annuelle atteint 66 % en juillet 2026, les prix alimentaires bondissent de 128 % et le panier de base absorbe 74 % du salaire minimum, tandis que les loyers augmentent de 31 à 50 %.

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Pour ce qui est de l’impact du blocus naval sur le volume des importations, le ministre iranien de l’Agriculture a rassuré que «les importations de produits de première nécessité se poursuivent conformément au calendrier prévu afin de maintenir le niveau des réserves, tandis que le gouvernement s’efforce de réduire les coûts engendrés par les sanctions grâce à des accords et à des démarches visant à débloquer les fonds gelés».

Le blocus naval américain imposé à l’Iran depuis le mois d’avril, auquel s’ajoutent les nouvelles sanctions financières annoncées par Washington visent à asphyxier économiquement la République islamique à défaut d’anéantir militairement le régime iranien comme l’espéraient Trump et Netanyahu au début de l’agression. Et il va sans dire que cet embargo aggravé va peser sur les ménages à Téhéran et dans les provinces perses.
Vendredi soir, dans une interview télévisée, le président iranien, Massoud Pezeshkian, s’est évertué à préparer les Iraniens à davantage de sacrifices suite au durcissement des sanctions américaines. «Certains disent que les sanctions n’ont aucun effet ; à ces gens-là, je ne sais vraiment pas quoi répondre», a-t-il lancé, selon des propos cités par l’AFP, avant de faire remarquer : «Nous sommes en situation de guerre, et nous devons accepter ces conditions de temps de guerre.»

«L’Iran a réduit sa dépendance aux importations»

Malgré l’ampleur des pressions qui pèsent sur le peuple iranien, le gouvernement rassure que l’Iran est capable de tenir le choc. Le ministre iranien de l’Agriculture, Gholamreza Nouri, a ainsi «assuré à la population que la sécurité alimentaire du pays et l’approvisionnement en biens essentiels demeuraient stables malgré la sécheresse, les sanctions et les tensions liées au contexte de guerre», rapportait hier l’agence Tasnim. M. Nouri, qui est intervenu samedi dans une interview à la télévision officielle, a ajouté que «les réserves stratégiques ont continué de croître sans nécessiter de prélèvements d’urgence». Le représentant du gouvernement a précisé aussi que «l’Iran a réduit sa dépendance aux importations grâce au renforcement de la production nationale». Il a soutenu au passage que le pays «a atteint pour la première fois l’autosuffisance en matière de production de viande de poulet et s’oriente désormais vers l’exportation». Il a indiqué en outre que «le secteur privé dispose actuellement de plus d’un million de tonnes de produits de première nécessité prêts à être distribués», soulignant qu’«aucune restriction ni interdiction étrangère ne peut compromettre la sécurité alimentaire de la population».
Pour ce qui est de l’impact du blocus naval sur le volume des importations, le ministre iranien de l’Agriculture a rassuré que «les importations de produits de première nécessité se poursuivent conformément au calendrier prévu afin de maintenir le niveau des réserves, tandis que le gouvernement s’efforce de réduire les coûts engendrés par les sanctions grâce à des accords et à des démarches visant à débloquer les fonds gelés».
Gholamreza Nouri a mis l’accent aussi sur le sens civique de la population iranienne en «évitant les achats de panique», insistant sur le fait que «le maintien de la sécurité alimentaire et d’un approvisionnement stable en biens essentiels demeure un engagement du gouvernement, malgré les pressions extérieures».

15 millions de litres de déficit de carburant par jour

Cela dit, ces derniers jours, de longues files d’attente se sont formées devant les stations d’essence, d’après des correspondants sur place. Cette tension sur le carburant est directement liée au blocus. «La production d’essence est insuffisante et, en raison du blocus naval américain, nous ne pouvons pas en importer», a déclaré le vice-président chargé des Affaires exécutives, Mohammad Jafar Ghaempanah, cité par l’agence officielle Irna.
Selon l’AFP, qui cite un haut responsable iranien, «la production nationale ne suffit pas à couvrir les besoins». L’agence de presse nous apprend que «les prix des carburants en Iran, l’un des principaux producteurs de pétrole mondiaux, sont parmi les plus bas du monde». Et d’ajouter qu’en 2019, «une hausse soudaine du prix de l’essence avait provoqué des manifestations, qui s’étaient étendues à une centaine de villes, notamment Téhéran, faisant des dizaines de morts». Le gouvernement a annoncé il y a quelques jours «un plan prévoyant une rare réduction des quotas d’essence, en vigueur depuis des années», précise encore l’AFP.
Selon Euronews, le déficit en carburant est estimé à «15 millions de litres par jour», et ce déficit «est le résultat des sanctions américaines, qui ont réduit les importations, des frappes américano-israéliennes contre les infrastructures de raffinage iraniennes et du blocus naval des ports iraniens».
L’un des grands défis qui se posent à l’Iran à l’heure actuelle, c’est l’inflation et l’érosion du pouvoir d’achat. «En Iran aujourd’hui, la cherté de la vie ne se mesure pas au prix d’un produit unique, mais au nombre de jours durant lesquels le salaire permet de tenir», note le journal libanais Annahar dans un article publié avant-hier sous le titre : «Comment Téhéran affronte la crise de la cherté». «Des familles réduisent leur consommation de viande et de volaille, des employés cherchent un boulot supplémentaire et les propriétaires de petites entreprises se retrouvent face à un dilemme cornélien : licencier leur personnel ou mettre la clé sous la porte», écrit le même journal. Et de citer des chiffres qui «révèlent l’ampleur de la crise». «Selon le Centre de statistiques d’Iran, l’un des indicateurs de l’inflation annuelle a atteint 66% en juillet 2026, tandis que les prix à la consommation ont augmenté de 87,9% par rapport au même mois de l’année précédente. Quant aux prix des denrées alimentaires, ils ont bondi de 128%», détaille le quotidien libanais. Annahar poursuit : «La hausse des prix a été encore plus brutale pour certains produits. Le prix de l’huile de cuisson a bondi d’environ 400% en un an, (…) et celui du riz importé de 211%. Le panier alimentaire de base absorbe désormais plus de 74% du salaire minimum, sans compter les frais de logement, de transport, de médicaments et autres dépenses. Le logement ne pèse pas moins lourd sur les budgets : les loyers ont augmenté de 31% sur un an en mars, selon les données officielles, tandis que des estimations relayées par les médias iraniens font état d’une hausse d’environ 50% des prix de l’immobilier à Téhéran.» Selon le même journal, cette hausse rédhibitoire des loyers «a poussé certains ménages à quitter la capitale pour s’installer dans des provinces où la vie est moins chère».

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