De l’urgence à la reconstruction : Des cellules de proximité au chevet des sinistrés

Les incendies qui ont frappé Jijel et d'autres régions ont déclenché un vaste dispositif de solidarité où comités de soutien et cellules de proximité identifient les besoins des sinistrés pour adapter l'aide d'urgence à la reconstruction.
Composées d'assistants sociaux, de professionnels de santé et de psychologues, ces cellules évaluent logements endommagés, pertes matérielles et besoins psychologiques, offrant notamment à plus de 55 enfants des séances psycho-éducatives avant la rentrée.
La coordination entre Protection civile, Armée, collectivités, associations et jeunes locaux, sous l'égide de l'Agence de développement social qui évalue les dégâts familiaux, illustre une gestion de crise alliant logistique et approche humaine.
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L’objectif est double : ne laisser aucune famille à l’écart et adapter l’aide à la réalité du terrain.
Face aux incendies qui ont frappé plusieurs régions du pays dont la wilaya de Jijel, la mobilisation ne s’est pas limitée à la lutte contre les flammes et à l’évacuation des victimes. Dans les communes sinistrées, un vaste dispositif de solidarité s’est progressivement déployé, faisant des comités de soutien et des cellules de proximité des acteurs essentiels de la réponse à la catastrophe.
Lorsque les incendies ravagent les reliefs, les premières images sont celles d’un territoire enveloppé par la fumée, de familles évacuées et de populations confrontées à une situation d’urgence. Mais derrière l’intervention spectaculaire des moyens de lutte contre les feux se mettant en place une autre bataille, plus discrète : celle de l’aide aux sinistrés et de la reconstruction du quotidien.
Transport sanitaire, coordination des ambulances, équipes médicales, structures hospitalières et moyens aériens ont permis d’assurer la prise en charge des patients en urgence vitale.
Mais cette réponse d’urgence ne constitue qu’un volet de l’intervention. Sur le terrain, dans les villages et les zones montagneuses touchés, les comités de soutien et les cellules de solidarité ont joué un rôle déterminant. Déployées notamment dans les communes sinistrées, ces équipes ont eu pour mission d’identifier précisément les besoins des familles. Leur travail ne s’est pas limité à la distribution de denrées alimentaires ou de vêtements.
Composées de différents intervenants, notamment des assistants sociaux, des professionnels de santé et des psychologues, les cellules se sont rendues directement auprès des populations, parfois dans des zones difficiles d’accès après le passage des flammes.
Cette démarche de proximité permet de dresser un état des lieux précis : logements endommagés, pertes matérielles, besoins alimentaires, équipements domestiques ou encore accompagnement psychologique.
L’objectif est double : ne laisser aucune famille à l’écart et adapter l’aide à la réalité du terrain.
L’évolution des demandes des sinistrés révèle d’ailleurs le passage progressif d’une logique de survie à une logique de reconstruction. Dans les premières heures, l’urgence concerne naturellement l’eau, la nourriture, les vêtements et les produits de première nécessité. Pour les familles ayant perdu leur habitation ou une grande partie de leurs biens, disposer à nouveau des équipements élémentaires signifie pouvoir reprendre le contrôle de leur quotidien.
Les comités de soutien deviennent ainsi des interfaces entre les besoins exprimés par les populations et les moyens mobilisés par les pouvoirs publics et la société civile.
La gestion des personnes déplacées constitue un autre aspect important de cette intervention. L’hébergement d’urgence dans les établissements scolaires permet dans un premier temps de mettre les familles à l’abri. Mais les dispositifs évoluent ensuite afin de préserver davantage leur intimité et leur confort, notamment à travers l’organisation séparée des espaces destinés aux hommes et aux femmes. Cette adaptation traduit une approche de la gestion de crise qui ne se limite plus à mettre les personnes en sécurité. Elle prend également en compte leur dignité, leur intimité et leurs habitudes sociales.
Les enfants, une priorité
Parmi les missions confiées aux cellules de proximité figure également l’accompagnement psychologique des enfants. Plus de 55 enfants ont ainsi bénéficié de séances psycho-éducatives dans différents centres et établissements mobilisés à cet effet. Jeux, activités éducatives et espaces de parole sont utilisés pour les aider à retrouver progressivement un sentiment de sécurité, alors que la rentrée scolaire approche.
Si le gamin retourne à l’école complètement affolé et on va lui demander de s’asseoir, de se taire, de se concentrer. C’est impossible. Ça deviendrait une vraie torture, un second traumatisme. Donc, ces séances, c’est de la prévention lourde.
Cette prise en charge rappelle qu’après la disparition des flammes subsistent des blessures moins visibles : peur, anxiété, perte de repères et traumatisme lié à la destruction du cadre familial.
L’un des enseignements majeurs de cette mobilisation réside dans la complémentarité entre les institutions et la société civile.
Protection civile, services de sécurité, éléments de l’Armée nationale populaire, collectivités locales, associations, comités de soutien, jeunes des quartiers et citoyens ont participé, chacun à son niveau, à l’effort collectif. Dans plusieurs localités, les jeunes ont notamment facilité l’accès aux zones isolées, transporté des aides et guidé les équipes de terrain à travers des chemins difficiles d’accès. Leur connaissance du territoire s’est révélée particulièrement précieuse lorsque les axes habituels étaient perturbés par les incendies.
L’expérience de Jijel montre ainsi que la gestion d’une catastrophe ne repose pas uniquement sur les moyens lourds mobilisés au moment de l’urgence. Elle dépend aussi de la capacité à organiser le dernier kilomètre de la solidarité.
Les comités de soutien et les cellules de proximité occupent précisément cet espace : entre la décision institutionnelle et la réalité vécue par chaque famille.
Leur rôle est d’écouter, d’identifier, d’orienter et de suivre. Ils permettent surtout de transformer un immense élan de solidarité en une aide ciblée, adaptée et durable.
Dans un territoire durement touché par les incendies, leur action rappelle une évidence : lorsque les flammes détruisent les maisons et bouleversent les repères, la reconstruction commence aussi par la capacité d’une communauté à rester organisée, solidaire et proche de ceux qui ont tout perdu.
La gestion de la crise veut aller au-delà des simples statistiques froides, le nombre de brûlés, etc. Là, on a une perspective institutionnelle croisée avec de la logistique pure, mais surtout une perspective profondément humaine et sociologique. Le plus gros du travail a été effectué par l’Agence de développement social. Elle évalue les dégâts de chaque famille.
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