Économie

Importations : le ministère du Commerce extérieur recadre un producteur d’eau minérale

Par Amine Ait5 min de lecture
Importations : le ministère du Commerce extérieur recadre un producteur d’eau minérale
Résumé IA

Le ministère du Commerce extérieur a recadré le gérant de l'eau minérale Ichmoul après son appel public au ministre pour obtenir l'approbation de son programme d'importation de pièces détachées.

Boulakhras Benbellat avait publié une vidéo sollicitant un visa pour son PPI afin de relancer son usine à l'arrêt et envoyer de l'eau aux victimes des incendies de Jijel.

Le ministère répond que le dossier n'est pas refusé mais nécessite une modification, révélant que l'industriel a demandé 16 517 pièces en douze mois, un volume jugé excessif par rapport aux autres producteurs.

Basé sur des données techniques, le département de Kamel Rezig estime que la capacité de l'unité ne justifie pas un tel volume et se réserve le droit d'engager des poursuites pour allégations mensongères.

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Dans un contexte marqué par des incendies meurtriers, ayant fait plusieurs morts et d’innombrables blessés en Algérie, mais aussi par une vaste mobilisation populaire, qui vise notamment à acheminer divers produits alimentaires aux sinistrés, notamment à Jijel, un producteur d’eau minérale a fait une sortie qui lui a valu d’être recadré par le ministère du Commerce extérieur et de la promotion des exportations.

PPI : passe d’armes entre le département de Rezig et un producteur d’eau minérale

Dans le cadre de la régulation des importations, les entreprises algériennes sont tenues de déclarer préalablement ce qu’elles prévoient d’importer, et ce, via le dépôt d’un programme prévisionnel d’importation (PPI), en vue d’obtenir une autorisation de la part du ministère du Commerce extérieur.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Boulakhras Benbellat, le gérant de l’unité de production de l’eau minérale Ichmoul, a lancé un appel au ministre du Commerce extérieur et de la promotion des exportations, Kamel Rezig, pour lui obtenir le « le feu vert pour son Programme prévisionnel d’importation (PPI) ».

Il demande un visa pour son PPI afin d’aider les victimes des incendies

M. Benbellat a expliqué que cet appel visait en premier lieu la remise en service de l’unité de production afin que l’entreprise puisse envoyer des aides aux victimes des incendies. « Dans le cadre de l’approvisionnement en eau minérale des régions sinistrées suite aux incendies, on vous demande l’octroi d’un visa pour notre PPI des pièces détachées… pour remettre en marche l’unité de production à l’arrêt depuis des mois », a-t-il dit.

De plus, dans sa vidéo, l’industriel demande que les entreprises de l’agroalimentaire soient dispensées de la procédure du PPI visant l’importation des pièces de rechange et de la matière première, estimant que « la sécurité alimentaire du citoyen ne supporte aucun manquement ou retard ».

La réponse du ministère n’a pas tardé à venir, recadrant sévèrement l’industriel, allant même jusqu’à agiter la menace de poursuites judiciaires.

PPI : le gérant d’Ichemoul recadré par le département de Rezig

Dans son communiqué publié ce lundi, le ministère indique que le dossier de Benbellat « n’a pas été refusé ni gelé », mais qu’il lui a été simplement demandé, le 20 août dernier, de procéder à une modification de son PPI « en raison de la nature et du volume de la demande ».

Selon le communiqué, le producteur de l’eau minérale Ichmoul a demandé l’importation de plus de 10.000 pièces de rechange, dans le cadre de son programme prévisionnel pour le deuxième semestre 2026, rappelant qu’il avait déjà bénéficié d’une autorisation d’importer 300 pièces de rechange au titre du PPI du premier semestre 2026 et de plus de 5.000 pièces au titre du PPI du deuxième semestre 2025.

Ainsi, « en 12 mois », l’industriel a demandé l’importation de « 16.517 pièces de rechange », dévoile le communiqué qui estime qu’il s’agit d’un volume qui nécessite une vérification technique afin de voir si l’unité de production a vraiment besoin d’autant de pièces de rechange, et ce, d’autant plus que d’autres producteurs d’eau minérale, avec une capacité de production plus importante, déposent des PPI demandant « le quart de la quantité » exigée par Benbellat.

Le ministère, qui dit se baser sur des « données techniques », estime que la taille et le volume de production de l’unité en question « ne justifient pas, à première vue, un volume aussi élevé de demandes en pièces de rechange », ce qui a nécessité un « examen approfondi » de son PPI.

Dans son communiqué, le ministère du Commerce extérieur affiche enfin son « rejet catégorique des allégations et des informations erronées » produites par l’industriel, précisant qu’il « se réserve le droit de prendre les mesures légales et judiciaires nécessaires à l’encontre de tout élément susceptible de porter atteinte à son image ou d’induire l’opinion publique en erreur ».

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