On n’a besoin de personne !

Par El yazid Dib•3 min de lecture
Brifa
On n’a besoin de personne !
Résumé IA

L'Algérie affirme son refus de toute aide extérieure face aux incendies criminels, privilégiant la fierté nationale et l'autonomie sur les condoléances matérielles.

L'éditorial rappelle que le peuple algérien a toujours surmonté seul les épreuves historiques, de la guerre d'indépendance aux déportations, forgeant une résilience génétique.

La mobilisation citoyenne massive illustre une fusion organique entre l'État et la société, bien que l'auteur insiste sur la nécessité d'encadrer cette solidarité par une logistique rigoureuse.

Le deuil national devient ainsi un hommage aux disparus qui ne fléchit pas la détermination collective vers le progrès et le bonheur national.

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Le Quotidien d'Oran

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Il n’y a là, rien comme folie des grandeurs, position hautaine ou grégaire obstination, seulement ce principe, que des condoléances sincèrement exprimées valent mieux que tous les convois, tous les dons. L’aumône n’a jamais été notre tasse de café. L’on surpasse la pitié, l’on récuse l’air pitoyable.

L’Algérie saura sortir de la tête. La flore refleurira, la faune renaîtra. Car c’est des cendres de ce feu que surgiront les radieux lendemains et de ses braises que la lumière jaillira.

Nous ne sommes pas à une première. Les épreuves les plus terribles, les plus sanglantes nous les avions connues dans le sang, le fer, le napalm, les déportations, les exécutions génocidaires. À travers toutes ces époques, nous étions seuls dans l’âtre des enfers. Nous n’avions supplée personne.

Un incendie criminel, malgré ses nombreuses malheureuses victimes, ne peut effaroucher un peuple, faisant de sa fierté nationale une sainteté instinctivement viscérale.

Notre deuil n’est pas une noirceur ou une capitulation, il n’est qu’un hommage à la mémoire de nos disparus. Il n’annule pas notre détermination à atteindre le bonheur national et espérer le progrès et la félicite.Nos pleurs ne sont pas des lamentations, mais des honneurs à leur rendre.

Depuis la longue nuit des mauvais temps; cette terre si généreuse n’a cessé d’enfanter la témérité, la résilience et le compter sur soi. L’élan formidable de la société en tous ses segments affranchit le pays de tendre la main ailleurs ou quémander le moindre effort. Cela ne traduit pas l’absence des pouvoirs publics ou leur défaillance, ça reste bellement l’expression organique d’un Etat vraiment social. Une fusion utérine État/citoyen.

Cependant il est impératif que cette levée massive de solidarité soit encadrée par l’organisation millimétrée de réseaux de collecte, de stockage et de distribution. Le brouhaha et l’excès d’enthousiasme ne travaillent pas le bon sens du secours. L’équité, la promptitude et le bénévolat demeurent une condition sinéquanone.

Face à chaque âme qui s’éteint dans un brasier, un nouveau souffle surgit de ses cendres. De chaque fumée qui asphyxie, s’envolent des colombes. Et ainsi tout finira par se ranger dans le quotidien ordinaire, sans l’aide de personne.

Les Algériens savent se relever même qu’aucune main ne leur soit tendue. C’est génétique, c’est l’Algérianité.

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