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Lorsque la cupidité nous tient

Par Mohand El Hocine Ouffroukh•4 min de lecture
Brifa
Lorsque la cupidité nous tient
Résumé IA

La flambée des prix en Algérie transforme le quotidien des ménages en une souffrance silencieuse, contraignant familles, retraités et jeunes à réduire leurs achats essentiels face à des revenus qui ne suivent pas.

Le ministère du Commerce a lancé une plateforme de suivi quotidien des prix de gros et de détail pour renforcer la transparence, mais l'auteur distingue la hausse légitime liée aux coûts d'exploitation de la spéculation qui exploite la détresse des citoyens.

Le texte appelle à une responsabilité partagée : le commerçant honnête gagne la confiance par l'éthique, tandis que le consommateur doit adopter une consommation rationnelle plutôt que céder à la panique ou au stockage excessif.

Au-delà des exhortations morales, l'article réclame un contrôle efficace, une lutte résolue contre les pratiques illicites et la protection du commerçant intègre face à la concurrence déloyale.

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Le Quotidien d'Oran

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Il s’attarde longuement devant les rayons, compare les prix, calcule ce qu’il lui reste en poche, puis rentre chez lui avec moins que ce dont il a besoin, mais plus que ce qu’il peut supporter.

C’est une histoire du quotidien qui n’a pas besoin de statistiques colossales pour être comprise. Il suffit de voir un père de famille sortir du marché avec un petit sac à la main, alors que ses revenus lui permettaient hier encore, de remplir la maison de provisions.

La hausse des prix ne se résume pas à des chiffres grimpant sur les vitrines des magasins et rayons des marchés, c’est une souffrance qui, avec eux, s’invite dans les foyers. C’est une mère qui diffère l’achat de certaines nécessités pour ses enfants, un père qui revoit chaque soir les priorités de sa famille, un retraité qui compare le coût des médicaments à celui de la nourriture, et un jeune homme qui se demande comment un salaire modeste peut suivre la course des prix qui ne connaissent aucun répit.

En Algérie, les autorités placent la préservation du pouvoir d’achat et la stabilité des prix au rang des priorités de la régulation du marché. A cet effet, le ministère du Commerce a lancé une plateforme permettant de suivre quotidiennement les prix de gros et de détail; ainsi que les comparer entre les différentes wilayas et les divers marchés. Mais la question qui s’impose avec force est la suivante: où s’arrête la hausse naturelle des prix et où commence la cupidité de certains commerçants ? Tous les commerçants ne sont pas avides de gain, et toute hausse de prix ne traduit pas nécessairement une spéculation. Le commerçant doit, lui aussi, faire face à des frais de transport, de loyer, d’approvisionnement, de taxe entre autres.

Le problème survient toutefois lorsque les besoins de la population son transformés en une opportunité de profit rapide, et que le citoyen devient le maillon le plus faible d’une longue chaine de spéculation et de marges injustifiées. Le plus grave, plus encore que la hausse des prix, c’est que le marché perd sa conscience. Lorsqu’un commerçant achète une marchandise à un certain prix pour ensuite le multiplier sous prétexte que « c’est la loi du marché », ou qu’il profite d’une forte demande ou de la détresse des gens pour gonfler sa marge bénéficiaire, il ne s’agit plus simplement de commerce: mais plutôt, d’une question d’éthique et de responsabilité sociale.

Le commerçant honnête ne perd rien lorsqu’il fait preuve de compassion envers les gens. Au contraire, cela lui permet de gagner la confiance du client et de préserver sa réputation, tout en attirant la bénédiction divine sur son commerce. Quant au profit fondé sur l’exploitation de la vulnérabilité d’autrui, il peut certes afficher un chiffre flatteur dans les livrets de comptes, mais, il représente une perte considérable à l’aune de la morale. Cependant, on ne saurait faire porter l’entière responsabilité au seul commerçant. Le consommateur est également partie prenante de la dynamique du marché lorsqu’il procède à un stockage excessif, achète sous l’effet de la peur ou refuse de comparer les prix. A cet égard, le ministère du Commerce a constamment souligné l’importance d’une consommation rationnelle, facteur essentiel de la préservation du pouvoir d’achat et de la stabilité de l’approvisionnement. Mais, le marché ne saurait fonctionner correctement sur la seule base d’exhortations morales. La conscience individuelle ne suffit pas face à des profits colossaux qui incitent à la spéculation. Il faudrait instaurer un contrôle efficace et une transparence des prix, tout en luttant résolument contre les pratiques illicites et parasitaires et en protégeant le commerçant honnête de la concurrence déloyale.

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