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Nos jeunes ont tenu parole à Tarante

Par Salim Oussaci•5 min de lecture
Brifa
Nos jeunes ont tenu parole à Tarante
Résumé IA

L'Algérie a décroché l'or en football aux Jeux méditerranéens de Tarente, 51 ans après 1975, avec une sélection U21 100 % locale et un staff entièrement national.

Les Verts ont dominé leur groupe face au Kosovo, à l'Italie et à l'Albanie, éliminé le Maroc aux tirs au but en demi-finale, puis battu la Tunisie 2-0 en finale.

Ben Ahmed Kohili a terminé meilleur buteur avec cinq réalisations dont un doublé en finale, offrant aux Algériens meurtris par les incendies une fierté collective bienvenue.

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Il y a des victoires qui valent bien plus qu’une médaille. Celle décrochée par nos jeunes footballeurs à Tarante, à l’occasion de la 20e édition des Jeux méditerranéens, en fait incontestablement partie. Ils avaient promis de faire leur possible pour apporter un tant soit peu de baume au cœur aux Algériens meurtris par les terribles incendies qui ont ravagé plusieurs régions du pays. Ils l’avaient promis. Ils l’ont fait. Et ils l’ont remarquablement bien fait et avec la manière.

Une médaille d’or. Rien que ça ! Cinquante et un ans après celle conquise aux Jeux méditerranéens d’Alger en 1975, l’Algérie retrouve donc l’or dans le tournoi de football. Désormais, l’Algérie du football trône sur la Méditerranée. Un magnifique clin d’œil de l’histoire. En 1975, l’équipe était encadrée par un staff typiquement algérien. A Tarante, le scénario s’est répété : une sélection composée de jeunes évoluant dans le championnat algérien des moins de 21 ans et, à sa tête, un staff technique entièrement national. De quoi rendre cette médaille encore plus symbolique. Car, depuis le début de ces jeux, certains «éclairés» avaient déjà entrepris de relativiser leur portée, leur impact et même la valeur des médailles remportées par les athlètes algériens lors de ces jeux. Sans doute parce qu’ils avaient leurs propres comptes à régler avec certains responsables, anciens ou actuels, du secteur des sports. Mais qu’importe ! La meilleure réponse, celle qui ne souffre aucune contestation, est toujours celle apportée sur le terrain. Et nos jeunes l’ont apportée de la plus belle des manières. Dès la phase de groupes, les Verts avaient affiché leurs ambitions et surtout une détermination sans faille. Dans le groupe B, ils ont enchaîné les victoires : 2-1 face au Kosovo, 3-1 contre le pays hôte, l’Italie, avant de confirmer leur première place en dominant l’Albanie (2-0). En demi-finale 1-1, il a fallu passer par l’épreuve des tirs au but pour venir à bout du Maroc (4-3). Puis est venue la finale face à la Tunisie. Brassards de deuil aux bras de nos jeunes. Une finale remportée avec autorité (2-0), au terme d’une prestation qui aurait même pu être plus largement récompensée au tableau d’affichage. Face à des Tunisiens particulièrement engagés physiquement, parfois à la limite, nos jeunes ont répondu par le football.

Du jeu, de la maîtrise, de la qualité technique, des enchaînements, une efficacité offensive et, surtout, une formidable cohésion collective. Leur suprématie était nette et aurait pu leur permettre de faire la différence beaucoup plus tôt. Cette génération a également révélé plusieurs individualités de grande qualité. Dans les bois où brillait de mille le défunt Mohamed El Kobbi artisan de la qualification en finale avec deux arrêts de tirs au but, en défense, au milieu comme en attaque, les satisfactions ont été nombreuses. Mention spéciale au jeune Ben Ahmed Kohili, auteur de cinq réalisations dans le tournoi et, surtout, d’un doublé en finale qui lui permet de terminer meilleur buteur de la compétition. Mais au-delà des individualités, c’est bien le collectif qui mérite d’être salué.

Et un autre motif de satisfaction mérite d’être souligné : les différents staffs ayant accompagné cette sélection U21 étaient entièrement algériens. Une donnée qui donne encore davantage de relief à cette réussite et qui vient conforter le choix judicieux des responsables de la FAF dans la constitution de cette cuvée de jeunes et de ceux chargés de les encadrer. Ces jeunes sont le produit du football national. Ils ont grandi dans nos clubs, appris dans notre championnat et se sont forgé au contact de nos compétitions. A Tarante, ils ont démontré qu’il existe encore, dans le réservoir national, une matière première de qualité, pour peu qu’on sache lui faire confiance, l’accompagner et lui donner les moyens de s’exprimer. Ils étaient partis avec une promesse. Ils reviennent avec de l’or. Et, dans un contexte particulièrement douloureux pour le pays, cette médaille a forcément une saveur particulière. Elle ne réparera pas les dégâts des incendies et n’effacera pas la douleur des familles touchées. Mais elle aura, le temps d’un instant, offert aux Algériens une raison supplémentaire de sourire, de vibrer et d’être fiers de leurs enfants.

Chose promise, chose due : 51 ans après Alger 1975, l’or méditerranéen est de nouveau algérien. Et celui-là, nos jeunes l’ont gagné avec leurs pieds, leur talent et leur cœur. Bravo et chapeau bas les gars. Salim Oussaci

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