Économie

Gaz : l'Allemagne compte sur l’Algérie pour remplir ses stocks

Par Ali Aomar•6 min de lecture
Brifa
Gaz : l'Allemagne compte sur l’Algérie pour remplir ses stocks
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Le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul s'est rendu à Alger le 31 août 2026 pour négocier des contrats gaziers à long terme avec Sonatrach.

L'Allemagne ne dispose que de 53 % de remplissage de ses stocks contre 65 % en moyenne européenne, l'objectif de 80 % au 1er novembre restant lointain.

Un accord Sonatrach-VNG prévoit déjà des livraisons de GNL à partir de janvier 2027, renforçant un partenariat énergétique relancé en juillet 2026.

Berlin voit aussi en l'Algérie un futur fournisseur majeur d'hydrogène vert, pouvant couvrir 10 % de la consommation européenne d'ici 2040.

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L’Allemagne cherche de nouvelles solutions pour sécuriser son approvisionnement en gaz à l’approche de l’hiver. Dans ce contexte, Berlin se tourne davantage vers l’Algérie afin de renforcer une coopération énergétique déjà engagée entre les deux pays.

Cette volonté intervient alors que le niveau des stocks allemands suscite de nouvelles inquiétudes. Une visite ministérielle à Alger pourrait ainsi ouvrir la voie à de nouveaux engagements entre les deux partenaires.

Berlin veut renforcer ses approvisionnements en gaz algérien

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, s’est rendu à Alger le lundi 31 août 2026, dans le cadre d’une tournée en Afrique du Nord. Il devait notamment s’entretenir avec le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, ainsi qu’avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune.

Au cœur des discussions figure la sécurité énergétique de l’Allemagne. Selon Reuters, Johann Wadephul a indiqué vouloir négocier des contrats gaziers à long terme avec l’Algérie, afin de disposer d’une source d’approvisionnement supplémentaire pour le marché allemand. Il a présenté l’Algérie comme un « partenaire fiable », déjà capable de fournir d’importants volumes de gaz à plusieurs pays européens, notamment l’Italie et l’Espagne.

Le ministre allemand a également insisté sur la nécessité de diversifier les fournisseurs d’énergie. Cette stratégie est devenue particulièrement importante pour Berlin après la forte réduction des importations d’énergie russe depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. L’Allemagne cherche ainsi à consolider ses approvisionnements en s’appuyant davantage sur des partenaires situés au sud de la Méditerranée.

Les stocks allemands restent sous la moyenne européenne

La démarche allemande intervient alors que le niveau de remplissage des réserves de gaz reste inférieur à celui observé dans l’ensemble de l’Union européenne. Les stockages allemands sont actuellement remplis à environ 53 %, contre 65 % en moyenne dans l’Union européenne, selon les données de la plateforme européenne Aggregated Gas Storage Inventory.

Cette situation renforce les préoccupations de Berlin à l’approche de la saison froide. L’objectif fixé pour le 1er novembre prévoit, dans le cas général, un niveau de remplissage de 80 % pour les installations de stockage. Ces objectifs avaient été fixés après la crise énergétique de 2022 afin de réduire les risques liés à une éventuelle pénurie pendant l’hiver.

Le gouvernement allemand estime toutefois qu’une pénurie de gaz n’est pas attendue pour l’hiver prochain. Le ministère allemand de l’Économie reconnaît néanmoins que la situation est plus tendue que lors des deux hivers précédents, alors que les niveaux des réserves restent nettement inférieurs à ceux enregistrés les années précédentes.

Pour Berlin, l’enjeu consiste donc autant à garantir les volumes nécessaires qu’à éviter une hausse excessive des prix. Une intervention tardive de l’État pour reconstituer les réserves pourrait notamment l’obliger à acheter du gaz dans des conditions moins favorables si les marchés se tendent à l’approche de l’hiver.

L’Algérie et l’Allemagne renforcent leur partenariat énergétique

La volonté de Berlin de travailler davantage avec Alger ne part pas de zéro. L’Allemagne et l’Algérie disposent depuis 2015 d’un partenariat énergétique, qui a été renforcé en juillet 2026, lors de la visite du président Abdelmadjid Tebboune en Allemagne. Les deux pays avaient alors convenu d’intensifier leur coopération dans le domaine de l’énergie.

Cette coopération s’est déjà traduite par un accord entre Sonatrach et le groupe allemand VNG. Annoncé en juillet 2026, cet accord prévoit une extension des livraisons de gaz naturel vers le marché allemand à partir du 1er janvier 2027. VNG avait indiqué avoir commencé à acheter du gaz naturel à Sonatrach en 2024, devenant ainsi le premier importateur allemand de gaz auprès du groupe algérien.

Pour Johann Wadephul, le potentiel algérien ne se limite toutefois pas au gaz naturel. Le gouvernement allemand considère également l’Algérie comme un futur partenaire important dans le domaine de l’hydrogène vert. Le ministère allemand des Affaires étrangères estime que l’Algérie pourrait couvrir jusqu’à 10 % de la consommation de l’Union européenne en hydrogène d’ici 2040, ce qui renforcerait son rôle dans la diversification énergétique européenne.

La visite de Johann Wadephul à Alger intervient ainsi dans une phase d’intensification des relations entre les deux pays. Outre les questions gazières, le déplacement doit permettre de discuter d’investissements, d’industrie énergétique et de nouvelles coopérations économiques. Pour l’Allemagne, l’Algérie apparaît désormais comme un partenaire stratégique pour sécuriser une partie de ses approvisionnements tout en accompagnant sa transition énergétique.

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