Laurent Nuñez parle de sa visite et de ses liens avec l’Algérie

Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, affirme être apprécié en Algérie et préconise une « main tendue » avec Alger, se démarquant ainsi de Bruno Retailleau sur l’Algérie. Il insiste sur la nécessité de rouvrir les canaux sécuritaires et de faire reprendre par l’Algérie les ressortissants en situation irrégulière, tout en déplorant l’arrêt des échanges opérationnels entre les services sous Beauvau (DGSI, Police nationale et Gendarmerie nationale). Il évoque une visite en Algérie en décembre et souligne l’importance d’un dialogue renouvelé autour de l’accord de 1968, saluant par ailleurs la grâce de Boualem Sansal comme geste d’apaisement.
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Laurent Nuñez continue de se démarquer de Bruno Retailleau sur l’Algérie. Si son prédécesseur estimait qu’il était l’ennemi numéro un du pays, l’actuel ministre de l’Intérieur pense le contraire.
« Je crois être apprécié en Algérie », a déclaré le locataire de Place Beauvau dans un entretien à la Tribune, publié ce dimanche 16 novembre.
« J’ai des origines pieds-noirs et je crois être apprécié en Algérie, pays avec lequel j’ai toujours beaucoup travaillé, que ce soit quand j’étais à la tête de la DGSI ou coordinateur du renseignement. Ma nomination y a été plutôt bien reçue », a-t-il dit.
Laurent Nuñez parle de ses liens avec l’Algérie
Né en Algérie de parents pieds-noirs espagnols qui ont quitté le pays après l’indépendance pour s’installer en France, Laurent Nuñez vante l’efficacité de sa méthode de la « main tendue » avec Alger.
« La main a été tendue et elle a été saisie », a enchaîné l’ancien préfet de police de Paris, en remarquant qu’il « ne vise rien pour 2027 » pour marquer sa différence avec Bruno Retailleau. Le président des Républicains a l’ambition d’unir les droites en prévision des prochaines présidentielles françaises, et de se porter candidat à la succession d’Emmanuel Macron.
Plus pragmatique, Laurent Nuñez ne cache pas le fait que la France a besoin de l’Algérie dans la lutte contre l’immigration clandestine et la coopération sécuritaire. Il explique : « On a besoin que les Algériens reprennent leurs ressortissants en situation irrégulière et qu’ils délivrent des laissez-passer conformément aux termes de l’accord de 1994. Nous avons besoin de rouvrir les canaux de sécurité avec l’Algérie, qui est un acteur majeur dans la lutte antiterroriste notamment. »
Le ministre français a rappelé que la coopération sécuritaire entre les services sous la tutelle de Beauvau, à savoir, la direction générale de la sécurité intérieure, la direction générale de la Police nationale et la direction générale de la Gendarmerie nationale, est à l’arrêt. « Il n’y aucun échange opérationnel. C’est un problème », a-t-il alerté.
Laurent Nuñez confie avoir pris des risques
Pour sa visite en Algérie, il fixe pour la première fois une échéance : décembre prochain, sans fournir une date précise.
« Je dois en discuter avec mon homologue qui m’a transmis une invitation à laquelle j’ai répondu favorablement », a-t-il expliqué, tout en formulant le souhait que le journaliste français Christophe Gleizes, dont le procès en appel est fixé au 3 décembre, « soit, lui aussi, libéré ». Ce journaliste a été condamné à sept ans de prison en Algérie.
Laurent Nuñez est revenu sur la libération de Boualem Sansal qui a bénéficié mercredi 12 novembre d’une grâce de la part du président Abdelmadjid Tebboune, qu’il considère comme un « geste d’humanité et d’apaisement », en soulignant que « ce qui a permis de renouer avec l’Algérie, c’est d’abord notre volonté affichée au sein du gouvernement de rediscuter. »
« C’est cette posture que j’ai aussi adoptée dès mon arrivée au ministère. En faisant cela, je me suis exposé, j’en ai conscience », dans un pays où « 65 % des Français sont favorables à la dénonciation de l’accord de 1968 » que Paris souhaite désormais renégocier.