500.000 Iraniens morts à cause de l’embargo américain

La porte-parole iranienne cite une étude du Lancet imputant 500 000 morts, surtout enfants et personnes âgées, à l’embargo américain sur les médicaments, tandis que le gouverneur de la Banque centrale assure disposer de réserves suffisantes et prévoit d’injecter deux milliards de dollars pour stabiliser la monnaie.
L’UKMTO confirme qu’un pétrolier a été touché par trois projectiles dans le détroit d’Ormuz, le trafic maritime y chutant à cinq navires par jour contre une moyenne décennale de quatorze.
Au sommet de l’OCS, le Premier ministre pakistanais attribue la crise régionale à l’attaque contre l’Iran, et Poutine souligne le renforcement des liens économiques russo-iraniens et l’aide de Moscou à Téhéran.
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Le Quotidien d'Oran
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«Téhéran adoptera le principe de réciprocité dans ses relations avec les États-Unis», a déclaré, hier, la porte-parole du gouvernement iranien, Fatemeh Mohajerani, lors de sa conférence de presse hebdomadaire, a rapporté l’agence IRNA.
La porte-parole «a évoqué les conséquences humanitaires des sanctions de l’administration Trump, citant une étude publiée dans la revue médicale The Lancet, qui documente le décès de plus de 500.000 Iraniens - principalement des enfants et des personnes âgées - suite à l’embargo sur les médicaments et le matériel médical». «Nous n’avons aucun problème pour nous approvisionner en produits de première nécessité et nous disposons de réserves stratégiques suffisantes», a-t-elle ajouté.
De son côté, le Gouverneur de la Banque centrale iranienne a affirmé que le pays dispose de «réserves nationales en devises étrangères suffisantes», et que le «processus de recouvrement des créances est en cours». «Chaque semaine, nos ennemis nous imposent de nouvelles sanctions, mais le système économique du pays continue de fonctionner. Je dis au président américain que nous avons suffisamment de devises étrangères», a ajouté Abdolnaser Hemmati.
Cette déclaration intervient en réponse au secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, qui a affirmé que Téhéran était en train de perdre la guerre économique.
La Banque centrale est prête à injecter jusqu’à 2 milliards de dollars sur le marché des changes pour apaiser la volatilité récente, a indiqué Hemmati, soulignant que la baisse de la valeur de la monnaie nationale est davantage influencée par des facteurs psychologiques que par des facteurs réels, a rapporté l’agence de presse Tasnim. Hemmati reconnaît que «les conditions économiques et la gestion du quotidien sont devenues difficiles», mais rassure que «l’effondrement n’a jamais eu lieu et n’aura jamais lieu».
L’UKTMO confirme l’attaque d’un navire lundi
L’Agence britannique pour le commerce maritime (UKMTO) a annoncé lundi qu’un pétrolier avait été attaqué lors de sa traversée du détroit d’Ormuz, confirmant ainsi la déclaration des Gardiens de la révolution iraniens (CGRI), malgré le démenti du commandement du CENTCOM américain.
«L’UKMTO a reçu un signalement d’incident survenu à 17 milles nautiques à l’est de Khasab, à Oman. Un pétrolier a déclaré avoir été touché par trois projectiles non identifiés alors qu’il effectuait une traversée du détroit d’Ormuz», a indiqué lundi l’agence. La notice précise «qu’aucune victime ni impact environnemental n’ont été signalés», conseillant aux navires de «faire preuve de prudence et de signaler toute activité suspecte à l’UKMTO».
Les traversées des navires dans le détroit d’Ormuz restent à leur plus bas niveau, malgré les assurances de l’administration américaine affirmant que la voie maritime «est ouverte» et sous son contrôle. Le président américain Donald Trump a déclaré, lundi soir, que «le détroit d’Ormuz est en excellent état, avec 30 navires qui le traversent chaque nuit».
Reuters, citant les données de Kpler, affirme que «4 navires sont entrés dans le détroit d’Ormuz et un l’a quitté lundi», précisant «qu’aucun pétrolier transportant des liquides ne figurait parmi les navires ayant traversé le détroit» le même jour, et qu’un «petit méthanier vide est entré dans le détroit par la route iranienne».
Selon la même source, «le nombre de navires traversant le détroit d’Ormuz lundi est resté stable par rapport au week-end, aux alentours de 5», faisant état également d’un nombre de traversées quotidiennes «inférieur à la moyenne décennale d’environ 14».
Ces données sont confirmées, indirectement par le Secrétaire au Trésor américain qui confirme que l’Iran «tente d’utiliser le détroit d’Ormuz pour étouffer de nombreux pays, et pas seulement les États-Unis».
Premier ministre pakistanais : L’attaque contre l’Iran à l’origine de la crise
Le Premier ministre pakistanais a déclaré, mardi, lors de son discours au Sommet des chefs d’État de Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Bichkek, au Kirghizistan que l’attaque contre l’Iran qui est une «violation de sa souveraineté et de son intégrité territoriale» a déclenché une «crise majeure dans la région», a rapporté l’agence iranienne IRNA.
Shahbaz Sharif a également souligné que le Pakistan reste déterminé à jouer un rôle sincère dans la résolution de ce conflit, insistant sur le fait que la diplomatie est la seule voie possible. Il a expliqué que la perturbation des voies de transport résultant de cette crise régionale majeure a déstabilisé les moyens de subsistance à l’échelle mondiale, soulignant que de nombreux pays, notamment le Pakistan, en subissent les conséquences néfastes.
Par ailleurs, selon les propos rapportés par Al Jazeera, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que «malgré le contexte militaire et politique, la Russie et l’Iran maintiennent la dynamique de l’année dernière en matière de relations commerciales et économiques». «Les relations russo-iraniennes progressent régulièrement dans tous les domaines», a-t-il ajouté, expliquant que Moscou «s’efforce d’apporter son aide à Téhéran face à la situation difficile qu’il traverse et de lui fournir des biens essentiels».
«Nous avons salué la signature du mémorandum d’entente entre Téhéran et Washington, malheureusement, le cessez-le-feu s’est avéré fragile», a-t-il déclaré.