Un soutien naturel
L'Algérie a déployé quatre avions de combat Sukhoï Su-30 à Niamey le 30 août, sur demande du commandement militaire nigérien, après une tentative de mutinerie dans la capitale.
Cette intervention marque un tournant par rapport à la doctrine traditionnelle de non-déploiement hors des frontières, rendue possible par la Constitution de 2020 qui autorise l'engagement pour la paix régionale.
Le ministère de la Défense présente cette action comme un renforcement de la coopération stratégique et une dissuasion visant à préserver la stabilité du pays frère, sans pour autant constituer une intervention militaire directe.
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Le Quotidien d'Oran
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On a longtemps critiqué par le passé la non intervention de l’armée algérienne en dehors des frontières du pays, alors que parfois à la limite de ces frontières se déroulent de graves conflits qui menacent directement la sécurité de l’Algérie, et aujourd’hui, on trouve encore à redire avec ce soutien militaire apporté au Niger, qui n’est pas vraiment une intervention militaire.
Car on la verrait plutôt comme une forme de dissuasion qui met en garde ceux qui tentent de déstabiliser ce pays voisin. L’annonce par le ministère algérien de la Défense de l’arrivée à Niamey, le 30 août, de quatre avions de combat Sukhoï Su-30, organisés en deux patrouilles, à la suite d’une tentative de mutinerie à Niamey, dans la nuit du 28 au 29 août, met en évidence une volonté ferme de l’Algérie de soutenir la stabilité au Niger. Une action qui peut évoluer vers l’intervention militaire plus musclée ? On n’en est pas encore là, mais devant la fermeté de l’engagement de l’Algérie en faveur de la stabilité du Niger, on espère que cette stabilité ne soit menacée par aucune partie, quelque soit son origine.
Le communiqué du ministère de la Défense nationale affirme clairement que cette initiative vise à « renforcer les relations de coopération stratégique » entre Alger et Niamey, notamment sur le plan militaire, après les événements survenus dans la capitale nigérienne, non sans relever que cette initiative intervient suite à une demande du commandement militaire nigérien et la volonté de « renforcer la stabilité du pays frère».
Au-delà de tout ce qu’on peut dire à propos de ce soutien militaire, c’est sa manifestation publique, assumée devant le monde entier, alors que par le passé, l’Algérie, qui tient à la stabilité dans toute la région du Sahel, n’a jamais parlé ouvertement d’engagement de son armée sur le terrain, refusant même de s’engager dans le groupe du G5 Sahel (dissous en 2023), composé de la Mauritanie, du Tchad, du Mali, du Niger et du Burkina Faso, selon le principe de non-déploiement militaire hors des frontières de l’Algérie.
Mais, il ne faut plus s’étonner de cet engagement militaire au Niger, ou faire dans l’amalgame, parce qu’il faut retenir que la Constitution algérienne de 2020 permet au pays de s’impliquer directement dans la restauration de la paix régionale, notamment dans un cadre multilatéral ou par des accords bilatéraux. Ce qui rétablit les événements dans un cadre tout à fait naturel qui n’a besoin d’aucun boucan médiatique.