Contribution – Essor et déclin de l’institutionnalisme libéral dans un monde monopolaire
Kamel Fenniche analyse l'essor et le déclin de l'institutionnalisme libéral face aux critiques réalistes dans un monde monopolaire.
L'institutionnalisme libéral postule que les institutions internationales favorisent la coopération par des gains absolus, mais les réalistes objectent que les États privilégient leurs gains relatifs et leur pouvoir dans un système compétitif.
La théorie de la stabilité hégémonique de Kindleberger suggère que les institutions d'après-guerre ont surtout servi les intérêts de l'hégémon américain plutôt que des valeurs libérales partagées.
Cette tension révèle que les institutions ne garantissent ni l'homogénéité des intérêts ni une coopération désintéressée, questionnant leur légitimité libérale.
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El Watan
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Par Kamel Fenniche
Le libéralisme classique, qui sert de fondement à l’institutionnalisme libéral, contraste fortement avec la perspectiveréaliste selon laquelle les Etats sont voués s’affronter dans leur quête de pouvoir. Le libéralisme affirme plutôt que la coopération peut être maintenue grâce à la formation de groupes partageant les mêmes idées et à la mise en place d’institutions nationales et internationales, atténuant ainsi la compétition, les conflits et la guerre. Les spécialistes libéraux des relations internationales ont depuis longtemps souligné l’importance des institutions internationales pour promouvoir la coopération internationale. Selon eux, ces institutions servent de médiateurs en offrant un terrain d’entente aux Etats. Ils soutiennent que les institutions en tant que variables intermédiaires influencent significativement le comportement des Etats en façonnant leurs préférences et leurs choix politiques. Cependant, une analyse critique de ce point de vue par leurs homologues des théories réalistes et néoréalistes soulève d’importantes questions.
Si les chercheurs libéraux défendent le rôle positif des institutions dans la promotion de la coopération, il est essentiel de prendre en compte les limites et les complexités inhérentes à leur fonctionnement. L’hypothèse selon laquelle les Etats privilégieront toujours les gains absolus et négligeront les gains relatifs est excessivement simpliste. Les Etats évoluent au sein d’un système international compétitif et les préoccupations relatives au pouvoir et à l’influence façonnent souvent leurs processus décisionnels.
De plus, l’efficacité de l’institution dans la médiation des conflits et la promotion d’une coopération durable n’est pas toujours garantie. Les dynamiques de pouvoir, les intérêts divergents et les préférences politiques différentes entre les Etats peuvent entraîner la capacité des institutions à parvenir à un consensus et à une opération significative. De plus, l’idée que les institutions agissent comme des intermédiaires influence le comportent des Etats, néglige le rôle et l’autonomie de ces derniers. Les Etas ne sont pas de simples acteurs passifs, uniquement façonné par les forces institutionnelles, ils possèdent leurs propres préférences politiques, intérêts nationaux et les considérations stratégiques, qui peuvent ou non s’aligner sur les objectifs institutionnels. Si les institutions peuvent fournir un cadre d’interaction et faciliter la coopération, elles ne garantissent ni l’homogénéité ni la convergence des intérêts entre les Etats.
Au milieu du XXIe siècle, les réalistes ne pouvons ignorer la prolifération des institutions d’après guerre, ont cherché à concilier ces institutions avec leur propre paradigue. Certains ouvrages réalistes, tels que la «politique entre les nations» de Morgentham 1948, ont marginalisé les institutions internationales, nous les considérons comme de simples reflets des rapports de force entre les Etats. Selon cette perspective, des institutions étaient perçues comme une périphérique qui se concentre directement sur les Etats. Cependant, d’autre ouvrage réaliste, comme «le monde en dépression» 1968, de Charles Qindleberger, adopte une position plus nuancée Qindleberger, l’un des premiers à défendre «la théorie de la stabilité hégémonique» soutient que les comportements agressifs et les troubles économiques des années 1930 résultaient de l’absence d’un Etat dominant unique capable de maintenir efficacement le système international. Après la Seconde Guerre mondial, les Etats-Unis reconnaisse posséder les capacités et les intérêts nécessaires pour assurer le rôle d’hégémon. Par conséquent, ils établissent un réseau d’institution international afin de favoriser la stabilité économique et de fournir d’autre bien publique à la communauté internationale. Dans cette perspective, l’alignement des valeurs libérales est jugé superflu, car la paix peut être obtenue par l’imposition dans l’intérêt même de celui-ci, d’une coopération par une puissance hégémonique.
Cette représentation met en lumière un point de vue critique sur le rôle d’hégémonie au sein de l’institutionnalisme libérale. Plutôt que de mettre l’action sur la poursuite collective des valeurs libérales et des normes partagées, elle suggère que la création des institutions internationales était principalement motivée par des intérêts particuliers. Les actions de l’hégémon visaient à faire progresser son propre programme et à maintenir son contrôle, plutôt qu’à favoriser une véritable coopération fondée sur des principes libéraux partagés.
Si l’institution libérale reconnaît le potentiel d’une coopération durable grâce à l’institution, cette analyse met en lumière la tension entre la poursuite des valeurs libérales et l’intérêt personnel de la puissance hégémonique.
Elle a incité à examiner la motivation sous-jacente à la création des institutions internationales et soulever des questions quant à la mesure dans laquelle ces institutions incarnent véritablement les principes de l’internationalisme libéral.
K. F.
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