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Mourad Ahmim. Enseignant-chercheur en écologie et environnement à l’Université de Béjaïa : «La création d’un corps de gestionnaires de la faune sauvage est devenu un impératif»

Par Sofia Ouahib•3 min de lecture
Brifa
Mourad Ahmim. Enseignant-chercheur en écologie et environnement à l’Université de Béjaïa : «La création d’un corps de gestionnaires de la faune sauvage est devenu un impératif»
Résumé IA

L'écologue Mourad Ahmim qualifie les récents incendies de forêt en Algérie de véritable catastrophe écologique dont les effets seront visibles dès l'automne.

La majorité des animaux survivants sont condamnés à court terme par le manque de nourriture et d'eau, et certaines espèces locales comme la Sittelle kabyle ou le singe magot risquent de disparaître localement.

Le chercheur réclame la création d'un corps spécialisé de gestionnaires de la faune sauvage, estimant que le recensement des animaux morts ou blessés ne relève pas des attributions des forestiers déjà épuisés par la lutte contre les flammes.

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  • Sofia Ouahib

  • Peut-on parler d’une véritable catastrophe écologique au-delà du bilan humain et matériel ?

C’est effectivement une véritable catastrophe qui s’est abattue sur notre pays et les répercussions et les conséquences seront fortement visibles dès l’automne.

  • Les animaux qui survivent au feu sont-ils condamnés à mourir ensuite faute de nourriture, d’eau ou d’abris ?

Bien que la nature reprend toujours ses droits, la grande majorité des animaux sont condamnés à court terme faute de disponibilité de nourriture et surtout d’eau.

  • Un incendie de forêt peut-il provoquer la disparition d’une espèce à l’échelle locale ?

Oui ! Le feu de forêt peut anéantir les espèces locales incapables de fuir ou dépendantes de leur habitat habituel. C’est le cas de la Sittelle kabyle, vulnérable à la destruction rapide de ses sites de nidification en altitude, ou du singe magot, qui perd brutalement ses refuges et ses ressources alimentaires.

  • Certains animaux peuvent-ils revenir naturellement après la régénération de la forêt ?

Oui et c’est le cas du singe magot dans la région de Mennacer à Tipasa, d’où il a fuit depuis plus de 40 ans et il vient de s’y réinstaller, comme ça a été le cas il y a quelques années dans la forêt de Kobba, du côté de oued Bibi à Skikda.

  • Qui devrait être chargé de recenser les animaux morts et blessés ?

On a tendance à trop demander aux forestiers et même à les blâmer en disant qu’ils ne font pas leur travail, en ce sens où ils n’en font pas suffisamment. Mais, ce ne sont pas leurs attributions ! De plus, ils viennent d’être éreintés par les travaux d’extinction des incendies et puis on leur demande encore de recenser les animaux. C’est pourquoi, la création d’un corps de gestionnaires de la faune sauvage est devenue un impératif.

Bio express

Après une formation rigoureuse à l’Institut national agronomique (INA) d’El Harrach, à Alger, en ingéniorat et en magistère, Mourad Ahmim a entamé une carrière en tant que formateur spécialisé des agents de protection des forêts. Il a ensuite pris la direction de l’ Unité de conservation et de développement de la faune et de la flore de Béjaïa (UCD). Par la suite, il a rejoint l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa en tant qu’enseignant-chercheur en écologie et environnement, et cela après l’obtention d’un doctorat en sciences biologiques et d’une habilitation à encadrer des travaux de recherche. Il est aussi l’auteur de livres et e-books sur les mammifères sauvages d’Algérie en 2004 et 2019. En 2026, le Dr Ahmim a mis à jour les données relatives aux mammifères sauvages d’Algérie, leur répartition et leur biologie de la conservation sur deux ouvrages, l’un en anglais et l’autre en français.

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