US Sétif Basket ball : Le cri de détresse d’un club au bord de l’asphyxie

L'US Sétif Basketball, seul club de la ville en Super Division et réputé pour sa formation, traverse une crise financière majeure qui menace son engagement pour la nouvelle saison.
Le club n'a perçu aucune subvention malgré deux saisons dans l'élite, doit assumer des coûts élevés de licences et de déplacements vers l'Algérois et l'Ouest, et se voit interdire l'accès à sa salle d'entraînement pour dettes impayées.
Les dirigeants lancent un appel urgent aux autorités locales pour régulariser la situation et sauver cette structure formatrice avant que l'asphyxie financière ne contraigne au retrait.
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L’expression «tout est réglé comme du papier à musique», lancée par Abdesselam Djerroudi, membre fondateur de l’US Sétif en 2002, manager général et véritable homme à tout faire du club, au lendemain de la consécration de l’équipe Espoir, vainqueur de la coupe d’Algérie en juillet 2024, appartient désormais à une autre époque.
Aujourd’hui, le même club qui faisait alors la fierté de Sétif se débat dans de sérieuses difficultés financières et administratives et semble, à deux semaines du coup d’envoi de la nouvelle saison, se diriger dangereusement vers l’abandon. La situation est pour le moins préoccupante, voire alarmante. Et elle appelle surtout une réaction urgente des pouvoirs publics locaux. Car l’US Sétif Basketball, fort de sa réputation et de ses valeurs sportives et morales, est aujourd’hui confrontée à une situation difficilement compréhensible : le club n’a, selon ses responsables, bénéficié d’aucune subvention lui permettant de faire face à ses charges, alors qu’il évolue depuis plus de deux saisons en Super Division, l’élite du basketball national. Mieux encore, l’US Sétif demeure à ce jour le seul représentant de la ville de Sétif dans cette catégorie et a, par le passé récent, porté les couleurs de toute la région Est au plus haut niveau. Une accession obtenue au prix de lourds sacrifices financiers et humains, d’années d’efforts, de patience et d’un travail de formation qui a permis l’éclosion de plusieurs jeunes talents promis, pour certains, à un bel avenir. Un club formateur en danger. C’est précisément ce qui rend la situation actuelle encore plus préoccupante. Comment comprendre qu’un club reconnu pour son travail de formation, qui aligne des jeunes joueurs talentueux et qui représente Sétif dans une compétition nationale d’élite, puisse se retrouver aujourd’hui sans les moyens financiers nécessaires pour préparer convenablement sa saison ? Le problème ne se limite d’ailleurs pas aux dépenses courantes. L’engagement en Super Division impose le payement des licences avant leur retrait, des déplacements particulièrement coûteux. Les Sétifiens devront parcourir des milliers de kilomètres durant la saison pour affronter notamment les formations de l’Algérois, à l’image de Blida et Boufarik, mais également celles de l’Ouest, avec des déplacements jusqu’à Tlemcen, Béni-Saf et d’autres destinations. Une réalité qui impose un budget conséquent à un club dont les ressources demeurent, elles, quasiment inexistantes. Comme si cela ne suffisait pas, une nouvelle difficulté est venue compliquer davantage la préparation de l’équipe. L’US Sétif s’est vu interdire l’accès à la salle de l’OPOW de Sétif pour ses séances de préparation, en raison, nous dit-on, de dettes antérieures non régularisées au titre de l’exercice précédent et de l’exercice actuel. Le paradoxe est saisissant : un club qui ne dispose pas, selon ses dirigeants, des subventions attendues se retrouve privé de son outil de travail précisément pour des raisons financières. L’heure de la mobilisation. Il ne s’agit nullement ici de réclamer un quelconque traitement de faveur. Il s’agit simplement d’attirer l’attention de ceux qui ont la responsabilité de la gestion du sport local sur le sort d’un club qui représente Sétif dans l’élite nationale et qui accomplit, depuis plusieurs années, un travail de formation méritant d’être soutenu et encouragé. L’US Sétif Basketball n’est pas un club éphémère. Elle s’inscrit dans une ville où le basket-ball possède une histoire, une tradition et un public. Elle est également devenue, au fil des saisons, un véritable vivier de jeunes joueurs. Laisser une telle structure s’enfoncer dans les difficultés financières serait non seulement regrettable, mais constituerait également un sérieux coup porté au sport et à la formation dans la wilaya. À l’heure où la nouvelle saison approche à grands pas, l’appel de détresse lancé par les responsables de l’US Sétif mérite donc d’être entendu. Les autorités locales, à tous les niveaux, sont désormais interpellées. Il est encore temps de trouver une solution, de régulariser la situation du club et de lui permettre de retrouver l’accès à sa salle. Sétif a toujours su se mobiliser lorsqu’un de ses clubs était en difficulté. L’US Sétif Basketball espère aujourd’hui que cette tradition de solidarité ne sera pas rompue. Pour ces jeunes talents, pour ce club formateur et pour les couleurs de la ville, il est surtout temps d’agir avant que l’asphyxie financière ne se transforme en abandon.
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