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Les primaires, une guerre avant la bataille

Par Sid Lakhdar Boumediène•5 min de lecture
Brifa
Les primaires, une guerre avant la bataille
Résumé IA

Une chronique satirique décrit les primaires politiques comme une guerre interne brutale où s'affrontent égos, hypocrisie et calculs stratégiques bien avant la véritable élection.

L'auteur égrène plusieurs « règles » immuables : la multiplication des candidats déclenche des coups bas, chacun réclame le rassemblement derrière sa propre personne, et les programmes masquent des ambitions personnelles démesurées.

Le vainqueur final bénéficie alors d'un ralliement forcé et médiatique de ses anciens rivaux, tandis que le chroniqueur refuse délibérément de trancher pour ou contre ce système.

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Le Quotidien d'Oran

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On s’imagine que le combat ne sera pas une bataille de fléchettes.

Que le lecteur soit assuré que la suite relève d’une exagération voulue sans qu’il soit porté une injure à la noblesse de la politique que respecte l’auteur. Mais on ne peut exagérer que ce qui existe. Forcer le trait c’est mettre une loupe pour débusquer les travers qui se dissimulent derrière la bonne et honorable intention. Tout le monde connaît le diable qui se cache dans les détails.

Une primaire consiste à choisir en interne le champion qui ira sur le ring affronter le champion de l’autre cap, que ce soit avec une élection à un tour ou deux. Et c’est là où débute le combat avant même qu’il commence.

La première question est de savoir si la partie débute avec plusieurs candidats ou un seul. Et selon une règle immuable de la politique, lorsqu’il y a le choix, il y a des plumes qui volent.

La seconde règle en politique est que celui qui se présente demande toujours aux autres un rassemblement autour de lui. Le problème est que tous les autres en font de même, chacun pour son nom comme étendard de la troupe prête au combat final. La troisième règle du jeu politique est de toujours présenter un programme qui dissimule un ego qui se voit pourtant aussi gros que le visage.

Il faut donc commencer par une lourde bataille où personne ne fait de cadeau aux autres pour répondre à la question, faut-il une primaire ou non ? Dans le premier cas faut-il une décision des instances du parti ou un vote des militants ? Rappelez-vous, nous n’en sommes qu’aux portes du long chemin. Ce ne sont pas des croix qui sont dans le chemin de croix mais des épluchures d’oignons dont chacune laissa apparaître une autre après l’avoir enlevée. On aurait pu dire qu’il y a plein d’oignons reçus sur le visage des combats politiques mais il faut rester sérieux dans un sujet sérieux.

Puis, s’il n’y a pas trop de morts, il faudra ensuite en risquer d’autres. Si le choix se portait sur une primaire fermée, il faut encore se mettre d’accord si c’est uniquement réservé aux adhérents à jour de leurs cotisations ou élargir aux sympathisants. Et là de nouveau une autre bataille qui use les forces avant même le départ du marathon.

Nous voilà avec une autre charrette de morts au combat préliminaire des primaires qui n’ont pas commencé. Comme tout le monde s’amuse aux jeux de quilles, se pose une autre question, celle du seuil, majorité simple ou majorité absolue. Comme en politique il ne faut jamais laisser place au vide dans les problèmes, la question suivante prend la suite, qui contrôle le vote et comment ? La charrette des morts au combat commence à déborder.

Mais j’allais oublier l’essentiel, juste avant, il faut que les candidats s’affrontent. Et là, la règle est enfin simple, c’est à celui qui écrase les autres. La quatrième règle en politique est en effet de ne jamais retenir les coups avant la mise à terre des autres.

Nous voilà maintenant avec un seul candidat, celui qui a eu le maximum de suffrages. C’est inévitable maintenant, le rassemblement se fera autour de lui. Et c’est à ce moment que se passe un exercice très étonnant qui arrache le sourire, celui d’un moment de gloire pour l’hypocrisie.

Il faut que chacun affirme son ralliement devant les médias, avec un enthousiasme aussi convaincant que le grincement des dents qui se dissimule. Il faut, la mort dans l’âme, jurer que c’est le meilleur qui avait été choisi et qu’ils le soutiendront. Il y a pourtant encore quelques heures des noms d’oiseaux fusaient en traitant chacun des autres de risque grave pour une défaite assurée.

C’est dire combien ces braves citoyens se mettent en danger s’ils sont soumis à la même méthode d’union que le candidat avait utilisé lors des primaires dans son camp.

Le lecteur s’attend peut-être que le rédacteur de la chronique va enfin révéler son adhésion ou son rejet du système des primaires. Il avait volontairement laissé la réponse dans le flou. A aucun moment il n’a porté de jugement pour dévoiler ses pensées. N’est-ce pas ?

Cinquième règle de la politique, ne jamais divulguer ses armes sans avoir évalué celles des autres.

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