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Quand les principes de paris valent 5 millions d’euros : Le prix du blanchiment des frères Aïssiou

Par M. F. Gaïdi•7 min de lecture
Brifa
Quand les principes de paris valent 5 millions d’euros : Le prix du blanchiment des frères Aïssiou
Résumé IA

L'affaire Aïssiou oppose la justice algérienne, qui a condamné Ayoub à vingt ans pour blanchiment et fraude, à une mobilisation française soupçonnée d'être financée par cinq millions d'euros versés à Manuel Valls par son frère Tayeb.

Tayeb Aïssiou, lui-même mis en cause pour deux millions d'euros en liquide saisis en France et des liens présumés avec le crime organisé marseillais, aurait orchestré une opération d'influence avec le soutien du Makhzen marocain.

Des médias français, dont l'empire Bolloré, TF1 et France 2, sont accusés de participer à une réhabilitation médiatique transformant un dossier judiciaire lourd en cause politique au nom de principes universels.

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Derrière les grands discours sur les droits fondamentaux, les principes de justice et la protection des libertés, une autre bataille se jouerait dans les coulisses, celle de l’argent, des réseaux et de l’influence. Après avoir érigé certaines affaires de droit commun en causes internationales dirigées contre Alger, des milieux politiques, médiatiques et intellectuels français se retrouvent aujourd’hui engagés autour du dossier Aïssiou.

Au centre de cette mobilisation, Ayoub Aïssiou, condamné en Algérie à vingt ans de prison par contumace dans un dossier aux lourdes ramifications financières. La question de son extradition a progressivement pris une dimension politique, avec l’intervention de plusieurs relais français présentés comme défenseurs des principes universels de justice. Mais derrière cette mobilisation, le dossier soulève une question autrement plus embarrassante : jusqu’où peuvent aller les principes lorsqu’ils rencontrent les intérêts de l’argent et des réseaux d’influence ? Pour comprendre l’ampleur de la polémique, il faut revenir au dossier judiciaire qui concerne Ayoub Aïssiou. L’homme d’affaires a été condamné par contumace à vingt ans de prison ferme par la justice algérienne en décembre 2025. Cette condamnation a été confirmée en appel par la cour d’Alger le 15 mars 2026. Le dossier porte notamment sur des accusations de blanchiment d’argent, d’escroquerie, de facturations fictives et de transferts illégaux de devises vers l’étranger. Les investigations concernent également l’acquisition, en 2017, de l’usine sidérurgique Castille, opération présentée comme frauduleuse et ayant donné lieu à un important détournement de fonds. Un autre volet concerne la société Clic Promotion et un vaste dossier d’escroquerie immobilière. Selon les éléments rapportés, plusieurs dizaines de victimes auraient été concernées par cette affaire, avec des sommes importantes échangées sur le marché parallèle. Les ramifications judiciaires ne se limiteraient pas à Ayoub Aïssiou. Elles s’étendraient à plusieurs membres de son entourage familial, notamment son épouse, ses frères et son beau-père, l’ancien sénateur Bachir Ould Zemirli. Un dossier donc particulièrement lourd qui donne une tout autre portée à la bataille actuellement menée autour de son extradition.

VALLS ET LES 5 MILLIONS D’EUROS

C’est dans ce contexte que le nom de Manuel Valls apparaît au cœur de la controverse. Selon les accusations formulées dans le dossier, l’ancien Premier ministre français a reçu une importante somme d’argent de Tayeb Aïssiou, le frère d’Ayoub, lors d’une rencontre organisée à Marseille. Le montant avancé est de 5 millions d’euros. Cette somme a, selon ces accusations, servi à financer une opération d’influence impliquant des responsables politiques et des médias français. Le texte met également en cause un soutien logistique attribué à l’appareil du Makhzen marocain, présenté comme ayant accompagné cette opération visant à nuire aux intérêts algériens. Ces accusations, si elles étaient établies, donneraient une tout autre dimension à la mobilisation observée autour du dossier Aïssiou. Elles dessineraient le contour d’une opération dans laquelle les intérêts financiers auraient trouvé des relais politiques et médiatiques pour peser sur une procédure judiciaire. Le parcours de Tayeb Aïssiou constitue un autre volet particulièrement sensible de cette affaire. Selon les éléments rapportés, celui-ci aurait quitté la France pour se réfugier à Dubaï après la chute de l’un de ses proches complices, un transitaire algérien installé en France et impliqué dans des affaires de corruption. Il aurait ensuite été interpellé par les services français après la découverte de deux millions d’euros en liquide à son domicile. Le texte indique qu’il a payé une amende d’un million d’euros aux autorités françaises, ce qui lui aurait permis de recouvrer sa liberté de circulation en France. Tayeb Aïssiou réside aujourd’hui à Marseille, où il est présenté comme évoluant dans des réseaux interlopes. Plus grave encore, le texte lui attribue des liens étroits avec des milieux de la criminalité organisée marseillaise. Il lui reproche également d’avoir recours à des méthodes d’intimidation pour faire pression sur certains de ses créanciers et refuser de s’acquitter de ses dettes. Autant d’éléments qui poseraient une question simple : quel est réellement le profil des personnes que certains réseaux français se mobilisent aujourd’hui pour défendre la cause ? C’est précisément là que se situe le cœur de la polémique. D’un côté, des principes universels sont invoqués pour s’opposer à l’extradition d’Ayoub Aïssiou. De l’autre, le dossier judiciaire algérien fait état de condamnations et d’accusations portant sur des opérations financières d’une particulière gravité. Entre les deux se trouvent les réseaux d’influence, les interventions politiques et le rôle attribué à certains médias. Le texte accuse notamment l’empire Bolloré, TF1 et France 2 de participer, directement ou indirectement, à une entreprise de réhabilitation médiatique. Une accusation lourde qui vise à dénoncer ce qui est présenté comme une justice à géométrie variable. L’affaire pose finalement une question qui dépasse largement le destin des frères Aïssiou : combien valent réellement les grands principes lorsqu’ils se retrouvent face à l’argent, aux réseaux et aux intérêts politiques ? A Alger, le message est clair : la lutte contre la corruption et la récupération des fonds considérés comme spoliés ne sauraient être subordonnées aux pressions extérieures. La souveraineté judiciaire est revendiquée comme une ligne rouge. Reste désormais à savoir si les accusations qui alimentent cette bataille seront confirmées par les faits et les procédures compétentes. Sachant que dans cette affaire, le véritable scandale ne serait pas seulement celui des cinq millions d’euros. Ce serait celui d’un système où l’argent aurait suffisamment de pouvoir pour transformer un dossier judiciaire en cause politique et des prévenus en victimes à défendre.

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