Mariage refusé à un Algérien sous OQTF : Robert Ménard appelle Macron à témoigner

Robert Ménard, maire de Béziers, sera jugé le 30 septembre 2026 à Montpellier pour avoir refusé en 2023 de marier un Algérien sous OQTF.
Il souhaite faire témoigner Emmanuel Macron, qui avait qualifié cette situation d'« ubuesque » et estimé que « le droit est mal fait » en 2025.
Une proposition de loi UDR visant à autoriser ce refus a été rejetée par l'Assemblée en juin 2026, laissant le cadre juridique inchangé.
Ménard encourt cinq ans de prison, 75 000 euros d'amende et l'inéligibilité, tout en ayant été réélu maire avec 65,6 % des voix en 2026.
Publié par
ObservAlgérie
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
Le maire de Béziers, Robert Ménard, sera jugé le 30 septembre 2026 devant le tribunal judiciaire de Montpellier pour avoir refusé de marier un ressortissant algérien en situation irrégulière. L'élu a annoncé qu'il allait solliciter le président de la République Emmanuel Macron pour qu'il vienne témoigner en sa faveur lors de l'audience.
Cette affaire judiciaire trouve son origine dans un refus opposé par Robert Ménard en 2023 à un couple dont le futur époux était sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Robert Ménard veut demander à Emmanuel Macron de témoigner
Robert Ménard a annoncé sa démarche ce jeudi 3 septembre 2026 sur le plateau de LCI. Il a indiqué qu'il allait demander à Emmanuel Macron de venir témoigner lors de son procès. « J'ai mis un mot à Emmanuel Macron pour lui dire que je voulais lui en parler », at-il déclaré, avant d'ajouter : « Je vais lui demander de venir, qu'il répète juste ce qu'il a dit. »
Le maire de Béziers fonde sa requête sur les déclarations publiques du chef de l'État en 2025. Emmanuel Macron avait alors qualifié sur TF1 cette situation d'« ubuesque ». Robert Ménard a commenté cette position : « Puisque c'est ubuesque, il va, j'espère, venir dire aux juges que c'est une situation ubuesque. »
L'édile a également rappelé qu'en mai 2025, le président avait estimé « que le droit est mal fait » et s'était montré favorable à l'examen d'une proposition de loi à l'Assemblée nationale.
Une proposition de loi examinée en juin 2026
Une proposition de loi visant à autoriser les maires à refuser la célébration de mariages impliquant des étrangers en situation irrégulière a été présentée en juin 2026 par le groupe UDR d'Éric Ciotti. Ce texte prévoyait également de renforcer les dispositifs de signalisation des mariages soupçonnés d'être « arrangés ».
Cette proposition de loi n'a pas abouti. Elle a été rejetée par l'Assemblée nationale après avoir été ensevelie par les amendements des députés de gauche. Le texte n'a donc pas modifié le cadre juridique applicable aux officiers d'état civil.
Robert Ménard se dit « inquiet » à l'approche de son procès, principalement en raison du risque d'inéligibilité. Il a toutefois affirmé n'avoir aucun regret concernant sa décision de 2023. L'élu a justifié son refus en déclarant : « On m'explique qu'ils devraient être à l'extérieur de ce pays parce qu'il est en situation illégale. »
Le maire de Béziers encourt cinq ans d'emprisonnement
L'audience est programmée le 30 septembre 2026 au tribunal judiciaire de Montpellier, dans le département de l'Hérault. Robert Ménard comparaîtra pour avoir refusé de célébrer un mariage entre une citoyenne française et un ressortissant algérien placé sous obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Les peines encouragées par le maire de Béziers sont prévues par le code pénal pour ce type d'infraction. Cinq ans d'emprisonnement, 75 000 euros d'amende et une peine d'inéligibilité constituant les sanctions maximales applicables à ce délit.
Robert Ménard a été réélu maire de Béziers le premier tour des élections municipales de 2026. Il a obtenu 65,60 % des voix prononcées. Cette réélection intervient dans un contexte politique où l'élu, ancien proche du Rassemblement national, maintient une ligne ferme sur les questions d'immigration et de respect des procédures administratives.