L’Iran saisit le Conseil de sécurité

L'Iran a frappé jeudi des bases américaines au Koweït et aux Émirats, promettant des opérations préventives chaque fois qu'il se sentira menacé.
Une analyse d'experts confirmée par Reuters établit que l'attaque de mardi contre un mariage à Kuhestak, qui a fait 5 morts et 70 blessés, résulte d'un tir direct américain et non d'un ricochet.
Téhéran a saisi le Conseil de sécurité de l'ONU via une lettre qualifiant ce bombardement de crime de guerre et exigeant une condamnation, une enquête et des réparations.
Parallèlement, l'Iran durcit son contrôle sur le détroit d'Ormuz, portant à plus de 50 le nombre de navires interdits de transit.
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Le Quotidien d'Oran
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Une journée relativement calme (jusqu’à 15h GMT) après plusieurs jours d’attaques américaines et de ripostes iraniennes.
Jeudi, les forces armées iraniennes ont ciblé des systèmes satellites et des hangars sur des bases américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis. Hier, le porte-parole de l’armée iranienne a déclaré : «Nous mènerons des opérations préventives chaque fois que nous nous sentirons menacés, dans le respect du droit international.»
L’attaque de mardi contre une zone résidentielle où se déroulait une fête de mariage dans la petite ville de Kuhestak, au sud de l’Iran, faisant 5 martyrs et 70 blessés, selon un nouveau bilan annoncé par la télévision d’Etat iranienne, «est probablement due à un tir direct d’une munition américaine et non à un ricochet sur une autre cible», a rapporté Reuters, jeudi, citant une «analyse d’experts en armement ayant examiné des images d’une vidéo» vérifiées par l’agence.
Selon quatre experts en armement militaire, interrogés par Reuters, «les dégâts correspondaient à un impact direct, et non à des dégâts secondaires causés par un ricochet». «Après la frappe, des chaussures ensanglantées gisaient parmi les décombres, et des décorations de mariage, courantes dans cette région d’Iran, étaient éparpillées, comme le montrent les images», souligne l’agence de presse qui affirme avoir reçu un message vocal d’un «témoin oculaire» quelques instants après la frappe : «Kuhestak est détruite. Quatre, cinq, dix maisons ont été détruites. Beaucoup de gens sont sous les décombres. Que Dieu nous vienne en aide.»
Reuters a également confirmé, avec deux «responsables américains, s’exprimant sous couvert d’anonymat», que «l’armée américaine avait mené des frappes dans la région de Kuhestak le 1er septembre, ciblant spécifiquement une tour de télécommunications de la ville (…), située à environ 135 mètres du lieu où se déroulait la célébration du mariage, d’après les images satellites».
L’Iran adresse une lettre au Conseil de sécurité de l’ONU
Toujours à propos de cette attaque contre les civils, l’Iran a adressé, mercredi, une lettre au Conseil de sécurité de l’ONU, via son ambassadeur et représentant permanent adjoint, Gholamhossein Darzi, qualifiant cette agression américaine de crime de guerre, a rapporté l’agence Fars.
La lettre affirme que «les violations du droit international commises par Washington vont bien au-delà de ce seul crime», rappelant que depuis le début de l’agression le 28 février 2026, «les États-Unis ont pris pour cible à maintes reprises des civils, des sites civils et des infrastructures vitales, notamment des écoles, des hôpitaux, des aéroports, des zones résidentielles, des ponts, des routes et des installations ferroviaires».
L’Iran «appelle une nouvelle fois le Secrétaire général et le Président du Conseil de sécurité à assumer leurs responsabilités en vertu de la Charte des Nations Unies» et demande une condamnation des «actes d’agression perpétrés par les États-Unis contre la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République islamique d’Iran», de «condamner et enquêter sur l’attaque américaine contre Kuhestak», et de «tenir les États-Unis pleinement responsables de tous ces actes», et d’exiger une «réparation intégrale de ces préjudices conformément au droit international».
L’Iran renforce son contrôle sur le détroit d’Ormuz
La nuit dernière a été marquée par un calme relatif, mais la rhétorique des deux camps est restée globalement inchangée. Le vice-président américain a déclaré que Washington ne reprendrait pas les négociations avec l’Iran tant que Téhéran continuerait d’attaquer les navires commerciaux traversant le détroit d’Ormuz. De son côté, le vice-président iranien a affirmé que son pays ne se contenterait pas d’encaisser la dernière attaque, mais riposterait de manière asymétrique et à plusieurs niveaux. En clair, ils signifient : «Nous avons modifié notre stratégie offensive et le détroit d’Ormuz demeure un point central de ces frappes militaires et de ces pourparlers diplomatiques.»
Par ailleurs, selon Al Jazeera English (AJE), «les navires commerciaux irakiens peuvent traverser le détroit avec beaucoup moins de difficultés que les pétroliers du Golfe», ajoutant que l’Iran a mis à jour sa «liste noire» des navires interdits de transiter via le passage maritime, la portant désormais à «plus de 50».