Algérie 2027, immunisation VS hystérie d’endiguement
L'Algérie vise une émergence économique historique à l'horizon 2027/2030, portée par une diversification industrielle et des projets structurants ambitieux en cours de réalisation.
Des infrastructures stratégiques avancent — port minéralier d'Annaba, 15 500 km de voies ferrées, dessalement couvrant 62 % des besoins en eau d'ici 2030, et une industrie pharmaceutique assurant déjà 82 % de l'autosuffisance nationale.
Malgré des indicateurs encore inférieurs à ceux de la Corée du Sud et de l'Espagne depuis 1962, l'Algérie affiche une nette amélioration depuis 2021 dans la production de ciment et d'acier.
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Le Quotidien d'Oran
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L’année 2027 est présentée comme année fatidique devant consacrer le scellage du passage à une économie algérienne en pleine diversification et réellement en voie d’émergence historique à l’horizon 2029/2030,
quittant définitivement, à ce terme, la sphère de pays ‘’éternellement’’ en voie de développement. D’autres ‘’volontés’’ qui ne l’entendent pas de cette oreille, déploient diatribes et argumentaires de dénigrement jusqu’à profération de menaces d’endiguement.
Nous y mettrons l’esprit au travers des tumultueuses péripéties économiques du pays. La longue et pénible marche de l’économie et de l’industrie de l’Algérie depuis le recouvrement de sa souveraineté nationale en 1962, connut audace, grandeur, dérives, errements, éclaircie passagère, égoïstes calculs de Pouvoirs causant embolie économique et, enfin, renaissance de grands espoirs en une émergence du pays, actuellement à portée de main, assise sur une diversification réelle économique qui est attendue dès la fin de l’année 2027.
Les espoirs en un salut économique à l’échéance 2027/2028 sont d’ores et déjà permis. Leurs indicateurs, admis par les Institutions Financières Internationales sont, désormais, largement lisibles dans les pires des difficultés exogènes. Une lecture exhaustive et objectivement faite du dernier rapport du Fonds Monétaire International (le FMI) du 6 juin 2026, en fournit, éloquemment, les outils qui démolissent les lectures partielles, biaisées et tendancieuses que les spécialistes avertis ont pu relever et détruire. Le programme d’actions largement mis en exécution dont les premiers actes majeurs en projets structurants fort ambitieux, furent, à côté de la levée du gel sur d’autres projets, décidé entre 2014 et 2015, notamment en santé et en chemin de fer, (furent) fermement relancés en réalisation à compter des années 2021/2022.
Leur réception est effective ou à échéance proche. Il s’agit d’infrastructures stratégiques telle la poursuite du maillage routier, et celle du maillage en quelques 15500 km du réseau ferroviaire déjà en réalisation. Il s’git également, d’infrastructures portuaires tel le gigantesque port minéralier d’Annaba devant exporter, dès mars-avril 2027, les engrais produits à partir des phosphates de Bled-el-Hadba (wilaya de Bir-el-Ater), des infrastructures aéroportuaires, celles du bouclage stratégique de l’objectif majeur du dessalement d’eau de mer à quelques 62 % des besoins du pays en eau potable à l’horizon 2030, des infrastructures universitaires, sanitaires, d’industries pharmaceutiques ayant déjà assuré une autosuffisance de 82 % des besoins nationaux, des infrastructures énergétiques ayant déjà couvert la totalité des besoins actuels du pays, des installations d’exploitation-transformation minière, le lancement à grande échelle des cultures oléagineuses et sucréaires pour boucler l’autosuffisance en huile de table et en sucre blanc dont les grandes capacités industrielles ont été réceptionnées, les opérations de récupération d’usines publiques autrefois bradées ou abandonnées et d’usines ou projets industriels privés objet de diverses malversations sanctionnées par la justice. Il s’agit, également, de l’engagement d’une dynamique novatrice de création de Start Up innovantes dont le nombre déjà atteint à juillet 2026, est de quelques 9 000 startup sur les 20000 projetées, venant, entre autres, en appui à une industrie numérique naissante, ambitieuse et fort diversifiée en phase avec le grand chantier stratégique de l’impérative numérisation, devant également s’inscrire, pour les créations dans le cadre de perspectives plus ambitieuses, le lendemain de l’émergence économique attendue par le pays.
Des espoirs que permet la constance dans la construction des leviers d’une Sécurité Nationale, déjà confortablement rassurante et prometteuse, au regard des grandes ambitions organisationnelles et industrielles déjà réalisées ou en phase de concrétisation dans tous les domaines de maintenance et de fabrications militaires s’y rapportant ; toujours en respect de sa neutralité géniale constante depuis 1962 et même depuis Bandong d’avril 1955, entre l’OUEST et l’EST et dont paraissent s’accommoder, dans leur congénitale adversité, les deux ensembles antagonistes. Neutralité que traduit, merveilleusement bien, la visite à Cuba du premier Président algérien Ahmed Ben Bella le 15 octobre 1962 venant d’une visite officielle aux Etats Unis d’Amérique sur invitation du Président américain démocrate John. F. Kennédy, par avion cubain autorisé, pour la circonstance, par les USA. C’est le geste qu’Ahmed Ben Bella voulut annonciateur d’une décrispation de la guerre froide qui faisait rage entre les deux blocs antagonistes : l’Ouest capitaliste et l’Est socialiste. Cette neutralité ou non-alignement se veut, désormais pour l’Algérie, s’exprimer par le haut sur la voie d’une émergence économique auto-entretenue assise sur une large diversification industrielle y compris dans l’industrie des machines-outils.
Les expériences de pays que nous avons prises, par étude comparative parallèle, comme exemples (La Chine, le Brésil, le Mexique, l’Espagne, la Turquie, la Corée du Sud et la Malaisie), devraient nous servir d’exemples en résilience et en persistance à redresser les torts et à rechercher les solutions idoines à tout problème. Ces pays connurent aussi de pires difficultés spécifiques ou comparables à celles que connut la marche de l‘économie de l’Algérie du fait de la conjoncture et/ou de la mauvaise gestion dans son acception la plus large.
Mais ces pays surent, au bon moment, surmonter, à moindres coûts en temps, en argent et en vies humaines, durant des conjonctures comparables. Ils n’y hésitèrent pas à alterner, au besoin, dans leur progression vers leurs niveaux actuels de développement, les visions et les applications les plus contradictoires. Cependant, ils n’ont jamais ‘’cassé’’ l’outil industriel dont ils héritaient à chaque alternance politique. Ils surent toujours s’adapter aux nouvelles visions et aux nouveaux impératifs. Les indicateurs que présente le tableau suivant en sont utilement illustratifs.
Rapprochements d’indicateurs de 1962 et ceux de 2021, 2024, 2025 et 2026 del’Algérie, de la Corée du Sud et de l’Espagne
Années-------Données de 1962-------Prévisions pour 2026
Indicateurs-------Algérie-------Corée-Sud-------Espagne-------Algérie-------Corée/Sud-------Espagne
PIB global en Mds $-------2,0-------2,8-------16,6-------317,17-------1931-------2091
PIB/hab/ en dollars-------172-------273-------522-------6628-------37412-------41563
V.A.agricole/PIB (%)-------17,8-------39,9-------24-27-------13-14-------1,5-------2,6
Indust. Manu/PIB (%)-------5 à 7-------18,6-------18,0-------9,5-10-------25-28-------11-12
Prod ciment/millions T.-------1,5-------3,01-------5,5-------42-------39,5-------19,1
Prod/acier/millions T.-------0,0-------2,0-------2,2-------8,7-9(*)-------63,5-------11,1
(*) Avec les capacités en cours d’installation par extension et celles en cours de réhabilitation, les capacités totales seront, à moyen terme, de l’ordre de de 14 millions de tonnes d’acier brut avec des technologies de pointe de réduction directe plaçant l’Algérie dans le TOP cinq mondial dans le domaine.
L’évolution comparative nettement défavorable à l’Algérie, avec toutefois une tendance nette depuis 2021 à de meilleures performances pour quelques indicateurs, tels ceux de la production du ciment et de l’acier, trouve son explication dans des faits spécifiques : L’Algérie, à son indépendance en 1962, hérite de quelques 1585 entreprises étrangères qui ont, très vite, vu leurs productions ralentir jusqu’à leur arrêt presque total. Les quelques 432 entreprises passées à l’autogestion après leur abandon par leurs propriétaires étrangers, étaient vétustes n’employant en moyenne que quelques trois travailleurs par entreprise et n’employant, au total, que 10,4 % du total des emplois des entreprises activaient, dans leur totalité, dans des industries de consommation et de l’artisanat primaire. L’ensemble de toutes ces entreprises (2016) était, sur le plan des relations industrielles, organiquement s’entend, totalement déconnecté de l’industrie de la France colonisatrice. Comme le PIB de l’Algérie, à la veille du recouvrement de sa souveraineté nationale, était réalisé à presque 50 % avec la France, ses importations à 81 % et ses exportations à 75 %.
L’Algérie indépendante connaitra, entre 1979 et 1998, l’une des pires crises économiques que le pays ait connues et qui a fait le lit à la crise sécuritaire durant la décennie noire des années 1990. Malgré l’éclaircie éphémère qui s’en ensuivit, une nouvelle crise économique allait, de nouveau, frapper l’Algérie.
Celle-ci est liée à une nouvelle chute du prix de pétrole ; mais, aussi, à un ‘’dérapage’’ lourd de conséquences sur la gestion de consistantes réserves de change du pays disponibles à fin 2013 en privilégiant des importations débridées, mêmes celles de faible utilité sociale, au prix d’un gel, entre 2014 et 2019, de nombreux projets d’infrastructures économiques et sociales ; tels le chemin de fer, les pénétrantes autoroutières, une centaine d’hôpitaux et de névralgiques extensions portuaires, notamment.
Contrairement à la Corée du Sud qui, elle, bénéficia, pleinement à l’origine, des investissements et de la technologie américains ainsi que de leur savoir-faire et de leur marché dans la logique de l’après deuxième guerre mondiale et des conflits d’influences toujours vivaces dans cette région du monde qui, géostratégiquement, est toujours très sensible.
Quant à l’Espagne, elle profita de son adhésion le 1er juin 1986 à l’Union Européenne (l’UE) appelée alors Communauté Economique Européenne (CEE) pour devenir rapidement l’atelier de l’Europe où beaucoup d’industries européennes y furent délocalisées pour les besoins du marché unifié de l’UE et ceux de beaucoup de marchés dans le monde qui, auparavant, étaient directement desservis par des pays européens eux-mêmes.
Mais, au regard des performances réalisées depuis 2021, rien de prohibitif, en Algérie, n’empêcha les bonnes volontés de se relever d’un revers, si catastrophique soit-il, qu’a connu le pays, afin de mieux redresser les torts et ressouder les cassures pour repartir de nouveau en caressant les espoirs les plus rêveurs.
Cependant, devant des besoins incompressibles et régulièrement en hausse rapide, en face d’ambitions légitimes de grandeur, mais contrées par des ressources financières propres encore très limitées et nullement à l’abri d’autres effondrements des cours du pétrole, le réalisme n’autorise plus aucune marge de manœuvre quant à l’impératif d’utiliser intelligemment l’argent des autres sources sous les risques propres des propriétaires de cet argent. C’est le cas des Investissements Directs Etrangers (IDE), associant les technologies avancées, l’innovation et des parts de marchés des investisseurs.
L’approche est d’autant permissive que, maintenant, la règle limitative 51/49 % est levée depuis la promulgation de la loi n° 19-14 du 11 décembre 2019 (2), sauf pour les secteurs finement stratégiques, et que la nouvelle loi minière n° 25-12 du 3 août 2025 est plus incitative, et ce, en attendant des ressources propres alternatives complémentaires et/ou de substitution. Celles-ci sont attendues de l’exploitation des mines de fer de gara Djebilet (wilaya de Tindouf), des phosphates de Bled-El- Hadba (nouvelle wilaya de Bir-el-Ater), du zinc et plomb de Oued Amizour (wilaya de Béjaia), des productions agricoles et agro-industrielles des wilayas du grand Sud et autres, tels le lithium de Tamanrasset et, éventuellement, le gaz de Schist d’In Salah, d’autres minerais industriels et d’autres terres rares.
A cet égard et en attendant les effets à long terme des actions déjà engagées en profondeur, les hésitations et les frilosités dogmatiques devront, impérativement, céder devant l’inévitable prise de risques mesurés en matière d’Investissements Directs Etrangers (IDE) moyennant, au besoin vital, le recours légal au droit de préemption. Le pragmatisme recommande, à cet effet, d’offrir de grands projets viables, rentables, incitatifs et susceptibles de lever les financements adéquats pour des investissements étrangers, plutôt que de disposer, au préalable, d’argent propre qui risque de demander longtemps pour être réuni.
Ceci est d’autant évident que les richesses prouvées et potentielles du pays y compris en matière agricole, le garantissent en vertu de la nouvelle législation d’investissement (n°22-18 du 24 juillet 2022). Ce risque mesuré vaut, aussi, pour le cas spécifique et hautement stratégique du financement sur emprunts extérieurs du projet de chemin de fer en cours de lancement en réalisation vers Tamanrasset, à fortiori auprès de la Banque Africaine de Développement (BAD) où l’Algérie est membre fondateur et où elle est l’un des trois premiers actionnaires régionaux.
Les très nombreux projets stratégiques annoncés lors du Conseil des ministres du 27 février 2022 et ceux décidés postérieurement, notamment à l’occasion des visites d’Etat que le président de la République a eu à effectuer ou à accueillir, constituent, déjà, l’essentiel des pièces du puzzle de l’émergence économique. Emergence que poursuit l’Algérie et qui parait provoquer l’ire de ceux qui misaient sur ‘’le grand échec’’ de l’ambitieux programme de redressement de l’économie nationale engagé depuis 2020. Lequel programme cible une réelle diversification-émergence économique en Algérie et où l’année 2027 constitue l’articulation charnière du programme et où l’Algérie aura placé les pièces maitresses du puzzle. Ces pièces sont constituées, dans leur quasi-majorité, de projets stratégiques qui, pour la presque quasi-totalité, sont engagés en réalisation sur le terrain et prévus en phase de production pour 2027 ou pleinement engagés en extension.
Ce sont, tout particulièrement, les projets avec Qatar (investissement de 3,5 milliards de dollars pour ferme de 270 000 vaches laitières, poudre de lait, viande rouge, fourrages, laits pour enfants et sidérurgie à réduction directe, rond à béton exportable), avec l’Italie (industrie de voitures, production de blé dur, des semences de légumes secs, infrastructures de stockage de céréales, usines de fabrication de pâtes alimentaires, oléagineux et cultures sucréaires, usines d’engrais phosphatés et azotés), avec la Turquie (sidérurgie à réduction directe, rond à béton et acier plat exportables, enrichissement du minerai de fer de Gara Djebilet, agro-alimentaire, textiles tissus et habits de marques internationales exportables), avec le Kuweït (énergies renouvelables, industries pétrolières), avec l’Arabie Saoudite (pétrole, gaz, pétrochimie, fabrication des équipements), avec Oman (extension de l’usine d’ammoniac et d’urée d’Arzew dont 90 % sont exportés, voitures en partenariat avec Hunday Moteur la Sud coréenne pour la fabrication de voitures de tourisme et utilitaires), avec l’Allemagne (projet d’investissements de 8 milliards d’euros attendus dans l’industrie automobile avec fabrication en Algérirr du premier moteur Opel, fabrication des ascenseurs, hydrogène vert, GNL, technologies de pointe…), avec la Chine (42 projets enregistrés depuis 2022 d’une valeur de 4,5 milliards de dollars dans l’automobile, l’agriculture, l’énergie, les engrais, les industries pharmaceutiques à côté de la participation avec des entreprises publiques algériennes dans la réalisation des grands projets structurants de la ligne de chemin de fer de Tindouf-Béchar pour le transport du minerai de fer de Ghara Djebilet, de la double voie ferroviaire reliant Djebel-onk-Bir-el-Ater à Annaba pour le transport des produits finis fabriqués à partir du minerai de phosphate de Blad-el-Hadba, la réalisation du port minéralier de Annaba pour l’exportation des engrais phosphatés et azotés, la réalisation de l’usine de production des pneux pour voitures à Oran et, incessamment, dans l’industrie du verre solaire et des batteries électriques à partir du lithium de Tamanrasset, projets de délocalisations industrielles dont notamment l’armement naval, précieuse coopération dans le domaine spécial appelée à connaitre des prouesses industrielles et technologiques notamment à la base de Bouguezzoul), avec la Russie (l’énergie, l’industrie, et l’agro-industrie, les technologies de pointe dont le numérique, l’industrie pharmaceutique, projets de délocalisations industrielles), avec les USA (les turbines à gaz faisant de l’Algérie l’un des 12 pays au monde à les fabriquer pour une partie de l’Europe, le Moyen Orient et l’Afrique notamment, les transformateurs géants, les hydrocarbures, l’élevage bovin pour la production de la viande rouge, fourniture des vaches pour la géante ferme de la production de la poudre de lait et du lait pour enfants d’Adrar), avec la Corée du Sud (industrie automobile, téléviseurs, frigidaires, délocalisation d’industries militaires en partenariat), avec l’Egypte (sidérurgie pour 2,5 milliards de dollars d’investissements du géant égyptien El Izz), avec l’Australie (le secteur minier : or, zinc et plomb), avec la Malaisie (métallurgie, sidérurgie, aluminium), avec le Brésil (électroménagers, électroniques en partenariat, matériels de grands travaux) et avec d’autres pays pour des investissements de plus ou moins grande taille.
Les pièces manquantes du puzzle sont, pour l’essentiel, constituées de pièces géopolitiques de dimensions régionales et mondiales, en tant qu’handicaps majeurs, sur lesquelles misaient les pronostics désastreux quant à l’hypothèse de sortie de crise née durant les années 2014-2019 et qui projetaient l’Algérie à vivre des lendemains dramatiques des mêmes tenants et aboutissants que ceux des années 1986-1998 sur les plans économiques, sociaux et politiques, notamment la soumission au dictat du FMI et le recours à une gestion transitoire du pays.
Ces pronostics misaient, en effet, entre autres, sur la poursuite du rythme effréné des importations qui avait presque asséché toutes les réserves de change du pays entre 2014 et 2020. Et ce, en dépit de l’effondrement des cours de pétrole. Ces pronostics qui ne se sont pas vérifiés sur le terrain, face à une rigueur drastique dans la gestion des réserves de change et des importations depuis 2020/2021, malgré les contournements des lois et règlements et des failles de procédures pratiques dans l’application de cette rigueur.
Les rentes des importations effrénées et surfacturées étant ainsi remises en cause et, à défaut, l’espoir compensateur chèrement caressé de voir, du moins, le cours du pétrole continuer à chuter pour fragiliser le pouvoir de négociation de l’Algérie, parait, plutôt, totalement volatilisé du fait du prolongement, dans le temps, des effets de l’agression contre l’Iran dans la nuit du 13 juin 2025. Effets qui semblent endogénéiser les ingrédients d’une plus longue durée des tensions du fait d’une géopolitique à tendance conflictuelle à moyen terme.
Dans le même ordre d’idées de ces pronostics désastreux pour l’Algérie, les malveillances qui misaient sur l’exploitation des tensions géopolitiques dans la région du Sahel pour nuire à l’Algérie, en ont eu pour leurs mauvais calculs et pour leurs malveillantes intensions. Le dénouement, dans la discrétion la plus totale, de la tension dans le Sahel en général et avec le Mali en particulier, au profit d’un codéveloppement régional qui est déjà bien entamé en s’étendant au Tchad, au Bourkina Faso et au Bénin, le Nigéria compris, en est une réponse éloquente.
L’adhésion accrue de la Russie et de la Chine à la ferme volonté doctrinale de l’Algérie de voir délocaliser, à son profit, des technologies civiles et militaires de pointe, en est un autre indicateur de cette éloquence. Les derniers accords conclus en matière sécuritaire et économiqwue avec les USA et les déclarations de ceux-ci à cet égard, balaient tout soupçon d’adversité doctrinale à l’égard de l’Algérie. Et l’Europe qui revient à de meilleurs sentiments à l’égard de l’Algérie après sa levée de bouclier quand l’Algérie réclama l’indispensable renégociation de l’injuste accord d’association de 2002, n’en est pas des moindres dans la confection de l’étoffe séduisante que porte désormais l’Algérie ; le scellage consistant de sa sécurité énergétique au gaz algérien, à son énergie électrique conventionnelle et renouvelable dont le corridor d’hydrogène vert, en sont le couronnement.
Par ailleurs, les malveillances agressives isolées et de portée qui ne s’accommodent pas du parfait non-alignement de l’Algérie dans presque la totalité de sa région méditerranéo-arabo-africaine et dans ses relations neutres et équilibrées qu’apprécient favorablement aussi bien l’EST que l’OUEST en s’en accommodant même, ne ratent aucune occasion pour nuire à l’Algérie qui, elle, arrive toujours à déjouer complots et intrigues. Car elle rejette tout marchandage au sujet de ses grands principes autour des questions d’indépendance, de décolonisation et d’équité dans son acception la plus large, ainsi que ses irrésistibles plaidoiries pour les causes justes devant les Nations Unies et au Conseil de Sécurité.
Les procédés de destruction ou de marginalisation des Etats ne sont secrets pour personne dans tous les temps et, à fortiori, dans les temps actuels où ils sont monnaie courante. A défaut de perpétrer, contre un Etat souverain, une agression armée destructrice de ses facteurs de développement chèrement bâtis, la sale besogne serait accomplie par le blocage de ses moyens de paiements extérieurs, comme cela a abusivement été appliqué dans beaucoup de situations.
Le système SWIFT géré pare les seuls USA depuis le lendemain de la deuxième guerre mondiale, montre sérieusement ses abus et. Il est, de plus en plus, remis en cause au point de lui substituer d’autres systèmes indépendants, tels le système chinois le CIPS (Cross-Border Inter-Bak Payements System) pour les paiements internationaux en monnaie chinoise le Yuan, et le Système Panafricain de Paiement et de Règlement (PAPSS) développé par l’African Export-Import Bank (Afreximbank) en collaboration avec l’Union Africaine (UA) et le Secrétariat de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAf), créé en 2022 et auquel a adhéré l’Algérie le 15 août 2025.(4)
C’est pour l’Algérie, contre laquelle tous les scénaris possibles et imaginables de nuisance sont envisageables, une hypothèse possible à projeter à court et moyen terme pour monter également dans le domaine, une garde de défense avancée préventive conséquente ou une politique d’autodéfense anticipée, tout en ayant la profonde foie dans la protection divine telle que consacrée comme suit dans le Saint Coran : « ils complotèrent, mais Allah a fait échouer leur complot, et Allah est le meilleur en stratagèmes ».(5)
Ainsi, avec un PIB nominal global projeté à plus de 400 milliards de dollars et un PIB par habitant de l’ordre de 8000 dollars à l’échéance 2027/2028, l’Algérie, en dépit des réceptions prévues échelonnées des projets, devrait-t-elle connaitre le scellage de toutes les pièces du puzzle traduisant les grandes ambitions de développement diversifié du pays. Elle aurait, aussi, à l’horizon 2029/2030, édifié les principaux leviers d’un pays émergent, développé pour lequel juste les mécanismes demanderont à être mis en branle. L’Algérie aura, ainsi, réussi à renforcer son autonomie décisionnelle et à consolider en les complétant, tous les leviers de sa souveraineté et renforcer, en conséquence, son pouvoir de négociation partout et en toutes circonstances.
Quel espace resterait-il, alors, aux hypothétiques menaces hystériquement nuisibles à la consécration de l’immunisation de l’Algérie à l’échéance historiquement fatidique de ‘’2027/2028’’ ?
Amar TOU. Docteur en économie, ancien ministre,
Notes
(1) ) Amar TOU : ‘’Algérie, Problématique économique et impératif mondial’’. Ouvrage en 807 pages paru en troisième édition aux ‘’click Editions’’ en octobre 2025, distribué en mars 2026.º tTableau 102. P 30 à 106 et de la P538 à la P.540 et de la P 795 à 797.
(2)Le journal officiel de la RADP portant loi de finances pour 2020,
(3) Le journal officiel de la RADP n° 52 du 7 août 2025 portant loi minière,
(4) L’accord d’adhésion conclu entre la Banque d’Algérie et le réseau du PAPSS.
(5) Du verset 30 de la Sourate ‘’El Anfal’’.