Trafic de drogue : l'Algérie sur les traces de la DEA américaine

L'Algérie annonce la création d'une agence antidrogue inspirée de la DEA américaine pour coordonner la lutte contre les réseaux de stupéfiants.
Le Haut conseil de sécurité présidé par Tebboune a décidé cette nouvelle structure pour centraliser les enquêtes et le renseignement face à la multiplication des saisies.
Une ancienne caserne militaire à Tanezrouft sera transformée en prison de haute sécurité pour les grands trafiquants et membres de réseaux organisés.
Le projet s'appuiera sur les compétences existantes de la police, gendarmerie et sécurité militaire sans calendrier précis de mise en œuvre.
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L’Algérie prévoit la création d’une structure de sécurité spécialisée dans la lutte contre les trafics de drogue, sur le modèle de la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine. La décision a été annoncée à l’issue d’une réunion du Haut conseil de sécurité (HCS) présidée par le président Abdelmadjid Tebboune, dans un contexte marqué par la multiplication des saisies et des affaires liées aux réseaux de stupéfiants.
Selon le communiqué publié sur la page de la présidence de la République sur Facebook, cette nouvelle entité aura pour objectif de renforcer la coordination entre les différents services chargés de lutter contre les trafics de drogues et de psychotropes.
Une structure inspirée de la DEA créée aux États-Unis en 1973
Le modèle cité par les autorités algériennes est celui de la DEA, une agence fédérale américaine créée en 1973 par le président Richard Nixon. Cette administration a été mise en place alors que les États-Unis faisaient face à une forte progression du trafic de stupéfiants, notamment de cocaïne en provenance d’Amérique latine.
À sa création, la DEA disposait d’un budget d’environ 75 millions de dollars. En 2026, son financement dépasse les 3,5 milliards de dollars, selon les données évoquées par des médias. L’agence intervient sur le territoire américain mais aussi à l’international, notamment contre les grands réseaux de trafic de drogue.
La DEA a notamment participé à la lutte contre les cartels colombiens dans les années 1980 et 1990, dont le cartel de Medellín dirigé par Pablo Escobar. Son fonctionnement repose sur une centralisation des moyens d’enquête, du renseignement et des opérations contre les organisations criminelles.
L’idée avancée en Algérie répond à une problématique similaire : regrouper les compétences existantes pour améliorer la réponse face aux réseaux spécialisés dans l’importation et la distribution de stupéfiants.
Une coordination renforcée entre les services algériens contre les réseaux de drogue
Le Haut conseil de sécurité a également annoncé d’autres mesures liées à la lutte contre les trafics. Parmi elles figure la transformation d’une ancienne caserne militaire située dans le désert de Tanezrouft, dans l'extrême sud du pays en établissement pénitentiaire de haute sécurité destiné aux grands trafiquants et aux membres des réseaux organisés.
Le communiqué officiel n’a pas détaillé l’organisation exacte de la future structure ni son calendrier de mise en place. D’après les informations rapportées par El Khabar, elle pourrait s’appuyer sur les compétences déjà présentes au sein de la police, de la gendarmerie, des services de sécurité militaire et des autres organismes spécialisés.
Ces dernières années, les autorités algériennes ont multiplié les opérations contre les filières de drogue, notamment celles liées au trafic de cocaïne et de comprimés psychotropes. La création d’un organisme dédié viserait à réunir ces moyens sous une direction commune afin de mieux suivre les réseaux et leurs circuits de financement.
Le projet reste encore à préciser, mais son annonce marque une évolution dans l’organisation de la lutte antidrogue en Algérie, avec la volonté affichée de s’inspirer d’un modèle international déjà établi.