L’Algérie frappe un réseau piloté depuis le Maroc : 228 kg de cocaïne saisis, 20 arrestations,dont un Marocain, à Oran

Les services de sécurité algériens ont démantelé à Oran un réseau transnational de narcotrafic, saisissant 228 kg de cocaïne, arrêtant vingt personnes dont un Marocain, et confisquant 46 véhicules ainsi que d'importantes sommes en plusieurs devises.
L'enquête révèle que l'organisation était pilotée depuis le Maroc par des barons de la drogue et disposait d'une logistique sophistiquée pour acheminer la cargaison depuis le sud-ouest du pays jusqu'à Oran.
Les investigations ont mis au jour un mécanisme de blanchiment d'argent via des agences de vente automobile, confirmant l'existence d'une économie clandestine structurée autour du trafic de stupéfiants.
Face à cette menace, l'Algérie durcit sa riposte avec la création d'un organe sécuritaire spécialisé et la transformation d'une caserne en prison de haute sécurité pour neutraliser les commanditaires du narcotrafic.
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Deux cent vingt-huit kilogrammes de cocaïne, 20 arrestations, 46 véhicules saisis et d’importantes sommes d’argent en plusieurs devises… les services de sécurité viennent de démanteler à Oran une organisation criminelle transnationale, dont l’activité était, selon les enquêteurs, dirigée par des barons établis au Maroc.
Les enquêteurs ont mis au jour une véritable organisation disposant de moyens logistiques et financiers importants, capable d’acheminer une cargaison massive de cocaïne depuis le sud-ouest du pays jusqu’à Oran. La drogue était dissimulée dans les compartiments aménagés d’un camion de remorquage de véhicules. Le dispositif témoigne du degré de sophistication de la filière. Mais l’opération ne s’est pas limitée à la saisie de la cargaison.
Sous la supervision du parquet spécialisé, la BRI d’Oran a poursuivi ses investigations pour remonter la chaîne criminelle. Vingt suspects ont été arrêtés, dont trois femmes et un ressortissant marocain.
Les policiers ont également récupéré 46 véhicules et 812 millions de centimes, ainsi que des sommes en euros, en dirhams marocains et en dirhams des Emirats arabes unis. L’enquête a surtout révélé un mécanisme présumé de blanchiment des revenus du trafic à travers des agences de vente automobile. Le narcotrafic apparaît ainsi comme une véritable économie clandestine, avec ses filières d’approvisionnement, ses moyens de transport, ses relais financiers et ses mécanismes de blanchiment.
Le poste du commandement au Maroc
L’élément le plus sensible du dossier est l’origine du pilotage du réseau. Selon les services de sécurité, l’organisation était dirigée par des barons établis au Maroc. Cette donnée replace l’affaire dans le contexte plus large des réseaux criminels marocains qui cherchent à faire pénétrer des quantités importantes de stupéfiants sur le territoire algérien.
C’est précisément contre cette criminalité organisée marocaine que le président Tebboune a décidé de durcir la riposte. Le Haut Conseil de sécurité (HCS) a annoncé la création d’un organe sécuritaire spécialisé dans la lutte contre les stupéfiants et la transformation d’une ancienne caserne de l’ANP à Tanezrouft en prison de haute sécurité pour les grands trafiquants. Le message est désormais dirigé vers les têtes du réseau du narcotrafic. L’Algérie ne va plus seulement intercepter les cargaisons, elle va neutraliser ceux qui les commandent, les financent et organisent leur acheminement.
L’affaire d’Oran justifie exactement cette nouvelle approche. Les 228 kg de cocaïne ne constituent que la partie visible de l’iceberg d’une organisation criminelle dont les enquêteurs ont commencé à démêler l’écheveau financier et logistique. Face à des réseaux transnationaux de plus en plus structurés, Alger entend isoler durablement les grands barons du narcotrafic.
A Oran, la saisie est spectaculaire par son volume. Mais son véritable enjeu est ailleurs. En effet, elle révèle la puissance logistique et financière de réseaux que l’Algérie soupçonne d’être alimentés depuis le Maroc. Et elle donne un visage concret à la nouvelle doctrine visant à frapper la drogue à la frontière, démanteler ses réseaux à l’intérieur du pays et, surtout, atteindre les commanditaires et les mettre hors d’état de nuire.
M.-F. Gaïdi
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