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En manque de pilotes qualifiés, Royal Air Maroc fait appel aux étrangers

Par Belaid Ousmati•4 min de lecture
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En manque de pilotes qualifiés, Royal Air Maroc fait appel aux étrangers
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Royal Air Maroc lance une campagne mondiale de recrutement pour combler un manque critique de pilotes expérimentés qualifiés sur Boeing 737, 787 et Embraer E170/E190.

Les exigences élevées — mille heures de commandement sur 737 pour les commandants, trois cents pour les copilotes — révèlent que le vivier national ne produit pas assez de profils immédiatement opérationnels.

Quatre-vingt-seize élèves pilotes débuteront une formation de trente-six mois en septembre 2026, mais la compagnie doit déjà faire voler sa flotte et propose des contrats de cinq ans renouvelables pour attirer des équipages étrangers.

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Le Royal Air Maroc se heurte aujourd’hui à une grande difficulté, celle de trouver des pilotes expérimentés pour faire fonctionner et développer sa flotte. Faute d’avoir constitué au Maroc un vivier assez important de commandants de bord et de copilotes immédiatement opérationnels, la compagnie marocaine est désormais obligée de chercher des professionnels à l’étranger.

Cette campagne de recrutement lancée à l’échelle mondiale est particulièrement révélatrice. Royal Air Maroc recherche dans l’urgence des pilotes déjà qualifiés sur Boeing 737 NG/MAX, Boeing 787 Dreamliner et Embraer E170/E190, avec des intégrations possibles dès septembre 2026.  Une situation qui met surtout en lumière les limites accumulées dans la formation et la préparation d’un nombre suffisant de pilotes au Maroc.

Royal Air Maroc veut des pilotes déjà expérimentés

RAM ne cherche pas simplement de jeunes pilotes disposant d’une licence. Elle veut des professionnels capables de prendre rapidement les commandes de ses avions. Pour devenir commandant sur Boeing 737, un candidat doit ainsi disposer d’au moins 1 000 heures comme commandant de bord sur ce type d’appareil. Pour les copilotes, au moins 300 heures sur Boeing 737 sont exigées. Des critères comparables sont appliqués pour les Embraer E170/E190.

Autrement dit, le problème n’est pas seulement de posséder des pilotes titulaires d’une licence. Royal Air Maroc a besoin de pilotes disposant d’une expérience avancée et de qualifications très spécifiques. Et c’est précisément ce vivier qui semble actuellement insuffisant pour répondre à ses besoins.

Une formation qui n'a pas suivi les besoins de la compagnie

La situation actuelle pose inévitablement la question de la politique de formation menée ces dernières années. Le Maroc dispose bien de structures de formation aéronautique et RAM possède sa propre Academy, chargée notamment de la formation initiale des élèves pilotes et des qualifications de type des pilotes de ligne.

Mais disposer d’une école ne suffit pas si le nombre de pilotes formés ne permet pas de suivre le développement de la flotte. Royal Air Maroc vient d’ailleurs de sélectionner 96 élèves pilotes qui doivent commencer leur formation à l’École Royale de l’Air de Marrakech en septembre 2026.

Cette formation doit durer 36 mois. Ces futurs pilotes ne constituent donc pas une réponse immédiate au manque actuel de personnel expérimenté.  Pendant ce temps, RAM doit faire voler ses avions.

Des pilotes étrangers pour combler le retard

La conséquence est désormais visible : Royal Air Maroc doit aller chercher à l’étranger les compétences dont elle ne dispose pas en quantité suffisante au Maroc. La compagnie propose même des contrats de cinq ans renouvelables afin d’attirer des commandants et copilotes expérimentés venus d’autres pays.

Ce recrutement international souligne ainsi un paradoxe. Royal Air Maroc nourrit de grandes ambitions pour sa flotte et son réseau, mais la formation des ressources humaines nécessaires n’a pas progressé assez rapidement pour suivre le même rythme. Car acheter de nouveaux avions est une chose. Former suffisamment de pilotes capables de les exploiter en est une autre.

L'appel massif à des pilotes étrangers apparaît donc comme une solution immédiate à une faiblesse plus structurelle : le Maroc n’a pas encore formé, en nombre suffisant, les pilotes expérimentés et immédiatement opérationnels dont Royal Air Maroc a besoin pour assurer son expansion.

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