Scandale à l’ambassade d’Espagne en Algérie : 40 000 euros pour la victime

Deux policiers espagnols affectés à l'ambassade d'Espagne à Alger ont reconnu avoir harcelé une collègue entre 2023 et 2024, dont l'un pour des faits de harcèlement sexuel.
Ils ont conclu un accord avec le parquet leur évitant la prison, moyennant le versement de 40 000 euros de dommages et intérêts à la victime.
La policière a également subi des pressions professionnelles et l'inaction de son supérieur, les deux agents ayant été relevés de leurs fonctions en janvier 2024.
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Un scandale à l’ambassade d’Espagne en Algérie vient de connaître un important développement judiciaire en Espagne. Deux policiers espagnols ont reconnu avoir harcelé une collègue alors qu’ils étaient affectés à la représentation diplomatique espagnole à Alger entre 2023 et 2024. L’un d’eux a également admis des faits de harcèlement sexuel.
Selon les informations rapportées par El País, les deux agents de l'ambassade d'Espagne ont accepté un accord avec le parquet qui devrait leur permettre d’éviter une incarcération. Ils devront également verser au total 40 000 euros de dommages et intérêts à la victime. Le jugement définitif doit toutefois encore être rendu par le tribunal espagnol conformément à l’accord conclu entre les différentes parties.
Scandale à l’ambassade d’Espagne en Algérie : des faits répétés
D’après l’acte d’accusation cité par le quotidien espagnol, les faits se seraient déroulés sur une longue période alors que les trois policiers travaillaient à Alger. La victime aurait subi à plusieurs reprises des remarques déplacées, des propositions à caractère sexuel, des insultes ainsi que des comportements physiques inappropriés.
L’un des épisodes les plus graves dans cette affaire de l'ambassade d'Espagne se serait produit dans un café de la capitale algérienne. Un des policiers aurait plaqué sa collègue contre un mur avec, selon l’accusation, des intentions sexuelles. La victime aurait alors demandé l’aide de son supérieur, également présent sur place. Celui-ci n’aurait pas réagi pour mettre fin à la situation.
Le parquet lui reproche notamment d’avoir fait preuve de passivité alors qu’il occupait une fonction hiérarchique au sein de l’équipe de la Police nationale espagnole affectée en Algérie. Les tensions se seraient ensuite poursuivies au travail à l'ambassade d'Espagne avec des insultes et des comportements humiliants.
La victime aurait également subi des pressions professionnelles
L’affaire ne concerne pas uniquement des accusations de harcèlement sexuel. Le document judiciaire décrit également une situation de harcèlement professionnel. Après avoir refusé de participer à certaines rencontres organisées en dehors des horaires de travail, la policière aurait notamment été confrontée à des ordres, des remarques agressives et des traitements défavorables.
Elle aurait reçu plus fréquemment que ses collègues certaines tâches considérées comme pénibles et aurait également été tenue à l’écart de son environnement habituel de travail. Fait particulièrement notable dans ce scandale à l’ambassade d’Espagne en Algérie, la victime aurait elle-même fait l’objet de reproches administratifs avant que l’affaire ne soit officiellement dénoncée auprès de la hiérarchie de la Police nationale espagnole.
Les deux policiers avaient été relevés de leurs fonctions
La situation a finalement évolué après le signalement effectué par la victime auprès de ses supérieurs. Les deux policiers mis en cause ont été relevés de leurs fonctions en janvier 2024. Le parquet espagnol avait initialement requis jusqu’à six ans de prison contre chacun des accusés. Après la reconnaissance des faits et l’accord conclu avec l’accusation, des peines nettement plus faibles ont finalement été acceptées. Celles-ci devraient leur permettre d’éviter la prison.
Les deux hommes devront par ailleurs indemniser la victime à hauteur de 40 000 euros. La procédure ne sera toutefois définitivement close qu’après le prononcé du jugement par le tribunal compétent.