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Visa d'études en France : pourquoi l'accord de 1968 pénalise les Algériens

Par Ali Aomar•6 min de lecture
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Visa d'études en France : pourquoi l'accord de 1968 pénalise les Algériens
Résumé IA

L'accord franco-algérien de 1968 soumet les étudiants algériens à un régime dérogatoire plus restrictif que le droit commun applicable aux autres étrangers en France.

Ils sont exclus du visa « étudiant-concours », limités à 50 % de travail annuel contre 60 % pour les autres, et doivent obtenir un certificat de résidence à l'arrivée.

Depuis août 2026, le seuil de ressources passe à 877,50 euros mensuels, soit une hausse de 43 %, s'ajoutant aux frais spécifiques comme Campus France Algérie.

Ces contraintes cumulées alourdissent considérablement le coût et la complexité administrative d'un projet d'études en France pour les ressortissants algériens.

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L'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régit de manière dérogatoire le séjour des ressortissants algériens en France. Pour les étudiants, ce régime spécifique comporte plusieurs restrictions qui ne s'appliquent pas aux autres étudiants étrangers, notamment en matière de droit au travail et d'accès à certains types de visas. Ces particularités administratives, combinées à un durcissement récent des conditions de ressources, compliquent le parcours des étudiants algériens souhaitant poursuivre leurs études en France.

L'accord de 1968 : un régime dérogatoire qui exclut les Algériens de dispositifs spécifiques 

Signé le 27 décembre 1968 entre la France et l'Algérie, cet accord fixe les conditions de circulation, de séjour et d'emploi des ressortissants algériens en France. Contrairement aux autres étudiants étrangers, dont le séjour est régi par le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), les Algériens relèvent exclusivement des stipulations de cet accord bilatéral.

L'une des restrictions concerne le visa de court séjour "étudiant-concours". Ce visa permet à un étudiant hors Union européenne de venir en France pour passer un concours ou une épreuve d'admission dans un établissement d'enseignement supérieur. Sa durée de validité ne peut excéder 90 jours, et il est délivré à condition que le résultat du concours soit connu dans ce délai. En cas de réussite, ce visa autorise l'étudiant à demander un titre de séjour directement en préfecture, sans avoir à retourner dans son pays d'origine pour solliciter un visa de long séjour.

Aucune disposition relative au visa "étudiant-concours" n'étant contenue dans l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, ce type de visa n'est pas ouvert aux ressortissants algériens. Les étudiants algériens souhaitant passer un concours en France doivent donc obtenir un visa de long séjour avant leur départ, puis demander un certificat de résidence à leur arrivée sur le territoire français.

Une limitation du droit au travail et des contraintes administratives spécifiques

Le droit au travail des étudiants algériens est également soumis à des restrictions plus sévères que celles applicables aux autres étudiants étrangers. Un étudiant de nationalité algérienne doit disposer d'une autorisation de travail dès qu'il souhaite exercer une activité professionnelle pendant ses études. Cette autorisation doit être demandée et obtenue avant le début de l'activité, via le portail dédié de l'administration française.

La durée de travail autorisée est également plus limitée. Les étudiants algériens peuvent travailler à titre accessoire dans la limite de 50 % de la durée de travail annuelle pratiquée dans la branche ou la profession concernée. À titre de comparaison, la plupart des autres étudiants étrangers peuvent travailler dans la limite de 60 % de la durée légale annuelle. Cette différence réduit la capacité des étudiants algériens à financer leurs études par un emploi salarié en France.

Une fois arrivés en France, les étudiants algériens doivent déposer une demande de certificat de résidence portant la mention "étudiant" auprès de la préfecture ou de la sous-préfecture de leur domicile. Contrairement au régime général du CESEDA, le visa de long séjour ne vaut pas automatiquement titre de séjour pour les ressortissants algériens. Le certificat de résidence est délivré pour une durée d'un an et est renouvelable.

Un seuil de ressources relevé à 877,50 euros à compter d'août 2026

Depuis le 1er août 2026, une nouvelle exigence financière s'applique aux étudiants étrangers sollicitant un visa ou un titre de séjour pour études. Le décret n° 2026-526 du 22 juin 2026 a relevé le montant minimum de ressources exigé de 615 euros à 877,50 euros par mois, soit une hausse de 43 %. Le nouveau seuil est arrimé au SMIC et correspond à 47 % du montant brut mensuel en vigueur au jour du dépôt de la demande, soit 1 867,02 euros depuis le 1er juin 2026. L'équivalent annuel des ressources à justifier atteint désormais 10 530 euros, contre 7 380 euros auparavant.

Le décret s'applique aux demandes déposées à compter du 1er août 2026, les demandes antérieures restant régies par l'ancien régime. Pour les étudiants algériens, ce nouveau seuil s'ajoute aux contraintes spécifiques de l'accord de 1968, notamment la limitation du droit au travail à 50 % de la durée annuelle et les frais supplémentaires (Campus France Algérie à 20 000 dinars, traduction, dossier, visa, déplacement). Ces éléments alourdissent le coût total du projet d'études et rendent plus difficile la justification des ressources disponibles dès le dépôt du dossier.

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