Le Niger accuse la France

Le gouvernement nigérien du général Abdourahamane Tiani accuse la France d'avoir joué un rôle central dans une tentative de déstabilisation impliquant des soldats mutins.
L'attaque du 29 août, visant l'aéroport et la présidence à Niamey, a été déjouée par les forces loyalistes, et Niamey affirme disposer d'une documentation sur ce « vaste réseau de connivence ».
L'Algérie a dépêché quatre avions de combat Sukhoï Su-30 à Niamey pour soutenir l'armée nigérienne, tandis que la France a fermement rejeté ces accusations.
L'Égypte, l'Italie, l'Arabie saoudite, la Turquie et l'OCI ont condamné la tentative de putsch, tout comme l'Alliance des États du Sahel regroupant Burkina, Mali et Niger.
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Le Quotidien d'Oran
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Le gouvernement du général Abdourahamane Tiani accuse la France d’avoir joué «un rôle central» dans une opération visant à fragiliser le pouvoir en place.
En effet, après un retour à la normale dans les rues de Niamey, une semaine après une mutinerie déjouée, le Niger accuse la France d’avoir fomenté une tentative de déstabilisation du pays avec l’aide de soldats mutins. Le Niger a accusé la France d’avoir incité des soldats à se mutiner, menant ainsi une attaque contre l’aéroport et la présidence à Niamey. Les autorités nigériennes affirment disposer d’une «documentation conséquente» accumulée sur cette opération.
Le gouvernement nigérien a déclaré que cette opération dirigée contre son pays, avait des «ramifications internationales» et a accusé la France d’être à la tête d’un «vaste réseau de connivence» ayant soutenu la tentative de déstabilisation.
Dès le week-end dernier, la télévision publique avait évoqué une implication de la France avec les mutins. Vendredi, le Conseil des ministres a conclu que cette attaque avait été fomentée par un vaste réseau de complices dirigé par la France, selon un communiqué. Le gouvernement nigérien a également prévenu qu’il se réservait le droit d’intenter des actions devant la justice internationale. Les autorités nigériennes ont salué l’aide apportée par l’Algérie et la Fédération de Russie.
Dans un communiqué, la confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (Burkina, Mali, Niger) a dit avoir fait «l’objet de trahison par un groupe de soldats impliqués dans une entreprise de déstabilisation», finalement «contenue et mise en échec grâce à la bravoure des forces républicaines loyalistes». Sur l’échiquier diplomatique, la tentative de putsch a suscité un rejet unanime. L’Égypte, l’Italie, l’Arabie saoudite, la Turquie ainsi que l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) ont condamné avec la plus grande fermeté les actes de déstabilisation du 29 août. Ces partenaires internationaux ont réitéré leur soutien à la stabilité institutionnelle et aux autorités nigériennes face aux menaces pesant sur la sécurité dans la région sahélienne.
«L’Algérie a dépêché, au lendemain du putsch raté, quatre avions de combat de type Sukhoï Su-30 à Niamey pour soutenir l’armée nigérienne face à une tentative de déstabilisation du pays», selon un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN). Cette décision, ajoute la même source, fait suite à une demande d’aide logistique des autorités nigériennes. Toujours selon le communiqué du MDN, deux patrouilles de deux avions de combat chacune ont été envoyées dans le cadre de cette mission, qui s’inscrit dans le renforcement de la coopération stratégique et militaire entre l’Algérie et le Niger.
Cette opération réaffirme, selon le MDN, «l’engagement de l’Algérie en faveur du renforcement de la sécurité et de la stabilité dans la région, ainsi que son soutien constant au Niger, à son gouvernement et à son peuple pour surmonter cette période sensible». Le ministre français des Affaires étrangères a fermement rejeté, hier samedi, les accusations du Niger selon lesquelles la France aurait incité des soldats à se mutiner.