France – Algérie : Laurent Nuñez s’exprime sur l’accord de 1968

Le ministre français de l'Intérieur Laurent Nuñez a corrigé un sénateur LR sur l'accord de 1968, précisant qu'il ne prévoit aucune disposition sur l'éloignement des étrangers irréguliers, qui repose sur un protocole de 1994.
La coopération consulaire, dégradée pendant le Covid, a repris en mars 2022 permettant une hausse des éloignements d'Algériens en 2023-2024, avant une nouvelle altération début 2025 et une reprise du dialogue en février 2026.
Le gouvernement travaille à réviser l'accord de 1968 et souhaite restaurer la coopération consulaire aux niveaux d'avant 2025 pour garantir une politique migratoire efficace.
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Le ministre français de l’Intérieur a fait le point sur l’état de la coopération migratoire avec l’Algérie, notamment en matière d’exécution des obligations de quitter le territoire français (OQTF), et a confirmé la révision de l’accord franco-algérien de 1968, en pleine polémique sur ce traité.
Laurent Nuñez a été interpellé par un sénateur des Républicains, Fabien Genet.
Dans sa réponse en date du 3 septembre 2026, le ministre a d’abord tenu à rectifier les approximations contenues dans la question du parlementaire, qui a considéré l’exécution des OQTF comme une obligation de l’Algérie contenue dans l’accord de 1968.
OQTF : Laurent Nuñez corrige les approximations d’un sénateur LR
Ce traité bilatéral « ne contient aucune disposition en matière d’éloignement des étrangers en situation irrégulière », a écrit Nuñez, rappelant que « l’identification et le retour des étrangers faisant l’objet d’une mesure d’éloignement reposent sur un protocole d’accord de coopération en matière de délivrance des laissez-passer consulaires conclu le 27 avril 1994 ».
Le sénateur a soutenu, également à tort, que l’Algérie « a suspendu la délivrance » des laissez-passer consulaires « depuis le début de l’année 2023 ». Or, c’est précisément en 2023 et 2024 que « le plus grand nombre d’exécutions de mesures d’éloignement ont concerné les ressortissants de nationalité algérienne », a encore corrigé le ministre de l’Intérieur.
Dans sa réponse, Laurent Nuñez a rappelé que la coopération en matière de retours « s’est dégradée » en 2020 et en 2021 en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19.
Mais la reprise graduelle de la coopération consulaire à compter de mars 2022 s’est traduite par « une hausse régulière puis une accélération » du rythme de délivrance des laissez-passer consulaires, ce qui a permis une « augmentation importante du nombre d’éloignements ».
France : un travail engagé pour réviser l’accord de 1968
Après « des variations » début 2023, la tendance à la hausse s’est « poursuivie et amplifiée » en 2024. Une nouvelle altération de la coopération a eu lieu début 2025 mais, a souligné le ministre, le dialogue a repris suite à sa visite en Algérie en février 2026.
Selon Nuñez, le souhait du gouvernement est de « revenir aux modalités de coopération consulaire mises en œuvre jusqu’à début 2025 » et « garantir un niveau de coopération compatible avec la politique migratoire de la France et la sécurité de ces citoyens ».
Parallèlement, a-t-il ajouté, « un travail a été engagé par le ministère de l’Intérieur pour réviser les accords de 1968 ». « L’objectif est d’obtenir des positions communes sur tous ces sujets », a-t-il conclu.
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