Sonatrach en Italie : une baisse de 7,2 % des émissions serait possible

Une étude publiée dans la revue Sustainability montre que Sonatrach pourrait réduire de 7,2 % les émissions de sa raffinerie d'Augusta en Sicile, soit environ 600 kilotonnes de CO₂ équivalent par an, en optimisant le pilotage de ses turbines à gaz existantes.
La simulation, réalisée sur 8 760 heures avec le logiciel PyPSA par la Fondazione Bruno Kessler et la filiale italienne du groupe, indique qu'une gestion plus fine des équipements actuels serait plus efficace que le seul ajout de capacités solaires et de batteries, sans augmenter les coûts globaux modélisés.
Ce gain théorique s'inscrit dans le cadre du marché carbone européen EU ETS, dont la révision a été proposée par la Commission en juillet 2026, mais l'étude ne rapporte aucune mise en œuvre industrielle ni baisse effective mesurée sur le site.
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Sonatrach pourrait réduire jusqu’à 7,2 % les émissions de gaz à effet de serre de sa raffinerie d’Augusta, en Sicile, en optimisant notamment le fonctionnement de ses turbines à gaz. Ce résultat vient d’une étude publiée récemment dans la revue scientifique Sustainability. Il s’agit pour l’instant d’une simulation informatique et non d’une baisse déjà mesurée sur le site italien.
Les travaux ont été menés par des chercheurs de la Fondazione Bruno Kessler, basée à Trente, et de Sonatrach Raffineria Italiana S.r.l., la filiale du groupe algérien qui exploite la raffinerie.
Sonatrach pourrait agir d’abord sur ses turbines à gaz
Pour mesurer les possibilités de réduction, les chercheurs ont modélisé le fonctionnement énergétique de la raffinerie pendant 8 760 heures, soit chaque heure d’une année complète. Leur simulation repose sur PyPSA, un logiciel open source destiné à la modélisation des systèmes énergétiques, ainsi que sur des données réelles d’exploitation du site.
La raffinerie génère environ 600 kilotonnes de CO2 équivalent par an, selon les données rapportées dans l’étude. Le meilleur scénario étudié aboutit à une réduction pouvant atteindre 7,2 % des émissions, sans hausse des coûts globaux dans le modèle.
Ce taux ne représente donc ni une diminution déjà obtenue par Sonatrach ni la moyenne de tous les scénarios. Il correspond au résultat le plus favorable produit par la simulation.
L’un des enseignements concerne les turbines à gaz déjà présentes sur le site. Le modèle montre qu’une gestion plus fine de leur fonctionnement pourrait avoir davantage d’effet que le simple ajout de nouvelles capacités solaires et de batteries. Les chercheurs ont notamment testé une adaptation de la production en fonction des conditions du marché électrique.
Le solaire et le stockage restent intégrés aux scénarios, mais la manière de piloter les équipements existants ressort comme un levier notable. Cette approche pourrait présenter l’avantage de limiter le recours immédiat à de nouveaux investissements industriels lourds.
La raffinerie italienne reste soumise au marché carbone européen
Le site exploité par Sonatrach se trouve dans l’Union européenne et entre dans un environnement réglementaire où les émissions industrielles ont un coût. Le système européen d’échange de quotas d’émission, ou EU ETS, fonctionne depuis 2005 et se trouve actuellement dans sa quatrième phase, couvrant la période 2021-2030.
Ce mécanisme repose sur un plafond d’émissions et un marché de quotas. Les installations concernées doivent restituer des quotas correspondant à leurs émissions, ce qui donne une valeur économique directe aux tonnes de CO2 rejetées.
Le sujet reste particulièrement suivi en 2026. Le 17 juillet, la Commission européenne a proposé une révision ciblée de l’EU ETS afin d’accompagner l’objectif climatique européen pour 2040 tout en prenant en compte la compétitivité industrielle.
Pour Sonatrach, les résultats obtenus à Augusta ouvrent donc une piste technique, mais ils doivent être lus pour ce qu’ils sont : une modélisation. L’étude ne rapporte pas la mise en œuvre industrielle du scénario permettant d’atteindre 7,2 %, ni une baisse effective de cette ampleur dans les émissions actuelles de la raffinerie. Une application sur le terrain serait nécessaire pour déterminer si les gains calculés peuvent réellement être reproduits dans les conditions quotidiennes d’exploitation.