Percée historique de l’extrême droite en Allemagne : l’Europe face à ses démons

Le parti d'extrême droite AfD a remporté les élections régionales en Saxe-Anhalt avec 44,8 % des voix, devenant le premier parti néonazi susceptible de diriger un Land allemand depuis la Seconde Guerre mondiale.
L'onde de choc a traversé toute l'Europe, le ministre français Benjamin Haddad évoquant « un moment grave » et le président espagnol Pedro Sánchez alertant sur la montée de l'extrémisme.
Ce Land fut le premier à élire un ministre-président nazi en 1932, un an avant la prise de pouvoir par Hitler, ce qui ravive les craintes d'un retour du fascisme sur le continent.
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TSA Algérie
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Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, un Land (région) en Allemagne pourrait être dirigé par un parti d’extrême droite, autrement dit néonazi.
La menace du retour du fascisme au pouvoir sur le Vieux Continent n’a jamais été aussi pesante depuis huit décennies. Signe qui ne trompe pas quant à la gravité de la situation, même une partie de l’extrême droite française a exprimé son inquiétude après le tsunami électoral de l’AfD dans un Land de l’est de l’Allemagne.
Allemagne : la victoire de l’extrême droite dans le Land de Saxe-Anhalt suscite de vives inquiétudes
Dimanche 6 septembre, le parti extrémiste a remporté les élections législatives régionales en Saxe-Anhalt, un Land situé sur le territoire de l’ex-RDA. L’AfD a réalisé un score qu’aucun autre parti n’a réalisé auparavant : 44,8% des voix, ce qui le met à trois sièges seulement de la majorité absolue au Parlement régional.
L’onde de choc a atteint toute l’Europe car il s’agit de l’Allemagne, qui constitue le plus grand État de l’Union européenne et qui a connu la montée du nazisme dans les années 1930 et 1940 avec les conséquences que l’on sait pour toute l’humanité. Si le pays tombe dans l’escarcelle des néonazis, les autres pourraient le suivre comme des dominos.
L’Italie est déjà gouvernée par l’extrême droite depuis 2022. La France pourrait très probablement suivre dès l’année prochaine. D’autres gouvernements européens sont formés par des coalitions comptant des partis extrémistes.
“Un moment grave en Europe”
Cela ne semblait pas poser problème tant que la xénophobie de ce courant se limitait aux immigrés et aux musulmans. Avec le risque de voir l’Allemagne basculer dans l’extrémisme, le danger est pris au sérieux.
Le gouvernement français a déploré par la voix de son ministre chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, “un moment grave en Europe”. Jean-Luc Mélenchon a anticipé une remilitarisation de l’Allemagne indiquant que, “dans ces conditions, le projet militaire allemand de créer la première armée conventionnelle d’Europe est inacceptable pour la France”.
Pour le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, ce qui s’est passé dimanche en Saxe “montre clairement que la menace d’extrême droite gagne du terrain en Europe et dans le monde”.
Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) français Olivier Faure a souligné un détail qui est peut-être annonciateur de quelque chose de plus grave : le Land de Saxe-Anhalt fut le premier à élire un ministre-président nazi en 1932. Un an après, c’est Hitler qui a pris le pouvoir. “Ce n’est plus un avertissement, c’est un ordre de mobilisation générale qu’il faut lancer”, a-t-il écrit sur X.
Vers une prise de conscience collective ?
Alors que Dominique de Villepin a souligné que la victoire de l’AfD est le signe que les “digues sautent les unes après les autres (…) avec une régularité qui devrait tous nous alarmer”, Robert Ménard, figure connue de l’extrême droite, s’est dit “effrayé” et “inquiet” du fait “qu’on en arrive à voter pour des nazillons”.
Les propos du maire de Béziers, un farouche anti-immigration, sont un signe que l’heure est grave. Même Éric Zemmour et Sarah Knafo n’ont pas franchement applaudi, se contentant d’expliquer le vote des Allemands par leur ras-le-bol des politiques suivies jusque-là notamment en matière d’immigration.
L’éventualité du retour du nazisme en Allemagne sème la panique en Europe, particulièrement en France où même l’extrême droite peine à cacher son inquiétude. L’occasion peut-être pour une prise de conscience collective que continuer à instrumentaliser les questions identitaires, c’est jouer avec le feu. Car le retour en force de l’extrême droite au pouvoir dans un pays comme l’Allemagne est avant tout un problème pour l’Europe.
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