Interdiction du voile : Chems-Eddine Hafiz juge le projet du RN injuste et inapplicable

Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, a qualifié d'injuste, d'inapplicable et d'anticonstitutionnel le projet du RN d'amender le port du voile islamique dans l'espace public français.
Lors d'un débat sur France Inter avec le député RN Jean-Philippe Tanguy, il a estimé que la mesure ciblerait des femmes musulmanes françaises « qui n'ont rien demandé, rien imposé ».
Hafiz a alerté sur la lassitude des musulmans de France, « déçus et inquiets » d'être attaqués à chaque échéance électorale.
Il a aussi soulevé la question de l'équité entre religions, la proposition du RN exemptant la kippa et les religieuses chrétiennes.
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TSA Algérie
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Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, a démonté lundi le projet du Rassemblement national (RN, extrême droite) de sanctionner par une amende le port du voile islamique dans l’espace public en France. D’abord, il a jugé la mesure « injuste ».
Sur France Inter, et face à l’auteur de la proposition, le député Jean-Philippe Tanguy, le recteur de la Grande mosquée de Paris, a énuméré ses arguments. D’abord, la mesure proposée par le RN vise à punir une « femme française musulmane qui n’a rien demandé, qui n’a rien fait de mal, rien exigé, rien imposé », a accusé Chems-Eddine Hafiz.
Ensuite, le recteur de la plus importante institution musulmane de France, a jugé la mesure « inapplicable ». « Comment le policier va-t-il faire pour pouvoir sanctionner et faire la différence entre un voile religieux et non religieux ? », a-t-il demandé.
Enfin, le troisième argument présenté par Hafiz est d’ordre légal. « C’est anticonstitutionnel », a-t-il rappelé au député du parti fondé par Jean-Marie Le Pen. Et au-delà de sa légalité, la proposition du RN pose le problème de l’équité entre les différentes religions en France.
Chems-Eddine Hafiz : en France, les musulmans sont « déçus et inquiets »
« Vous avez dit que cette loi ne concernerait ni la kippa, ni les religieuses chrétiennes. Dans ce cas, qu’allons-nous faire de notre triptyque, Liberté, Égalité et Fraternité ? », a encore demandé le recteur.
Contrairement à l’extrême droite, Chems-Eddine Hafiz considère que la femme qui porte le voile dans l’espace public « ne trouble pas l’ordre public ». Et puis, le recteur de la Grande mosquée de Paris, n’a pas manqué d’évoquer une « forme de lassitude des Français qui fréquentent la mosquée, parce qu’à chaque échéance électorale, les musulmans sont les premiers à être attaqués sur ce plan ». En France, les musulmans sont « déçus et inquiets », a-t-il alerté.
En face, le député Jean-Philippe Tanguy a expliqué que la proposition du RN de sanctionner le port du voile islamique dans l’espace public en France visait à lutter contre l’islamisme. Mais il n’a pas pu donner une définition claire du voile islamique.
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