Culture

Exposition Houria Aït Kacia à la galerie Aïcha Haddad : La lumière en mouvement et éclat

Par Amnay Idir•5 min de lecture
Brifa
Exposition Houria Aït Kacia à la galerie Aïcha Haddad : La lumière en mouvement et éclat
Résumé IA

L'exposition « Harmonie et lumière » de Houria Aït Kaci se tient à la galerie Aïcha Haddad d'Alger du 5 au 15 septembre, présentant des œuvres mêlant réalisme et recherche sur la lumière.

L'artiste explore de multiples techniques — feuilles d'or, miroirs, verre, résine, reliefs sur bois, gravures — pour restituer l'instant où la lumière transforme la perception des paysages naturels.

Ses tableaux sans titre dépeignent le désert au coucher du soleil, une lagune à l'aube avec chameaux, et un lac de montagne enneigé, où contrastes, mouvements et matières créent une dimension dynamique.

Houria Aït Kaci privilégie le réalisme et l'expérimentation technique, accumulant les couches pour rendre la lumière presque palpable et conférer à la toile une présence physique vivante.

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L’univers pictural de l’artiste est une quête de la manière dont la lumière modifie la perception des motifs. Les exécutions jouent sur les contrastes, saisissant le mouvement éphémère d’un éclat lumineux ou les vibrations de l’atmosphère, conférant à l’ensemble du tableau une dimension dynamique. Le relief transforme la toile en une matière vivante, lui donnant une consistance physique.

Par Amnay Idir

Harmonie et lumière. C’est le titre de l’exposition de peinture de l’artiste Houria Aït Kaci qui se tient à la galerie Aïcha Haddad à Alger-Centre depuis le 5 septembre. Jusqu’au 15 du mois en cours, la plasticienne présente au public des compositions exécutées avec plusieurs techniques : feuilles d’or, feuilles-miroirs et acrylique sur toile, acrylique sur toile de lin, verre sur toile, verre et pulling sur toile, le vitrail, le relief sur bois, l’arabesque sur bois, la gravure, et entre autres, la peinture mixte de résine, de verre et d’acrylique.

Inspirée par le style réaliste, elle tire ses sujets essentiellement de la nature, comme les paysages et la botanique, d’où elle puise lumière et rythmes, tout en expérimentant des différentes techniques de sa prédilection. Ils lui permettent de restituer l’instant où la lumière frappe les éléments de la nature qui sert de toile de fond pour la recherche sur la clarté. Les tableaux ne portent pas de titre. Dans la composition sur le coucher du soleil, sont représentées l’aridité, la solitude et la force minérale du désert où s’enflamment de rouges, d’orangés et de ocres terreux, moment où le ciel et le sable semblent fusionner.

Les rochers bruns incarnent l’immobilité éternelle. Les palmiers ne forment pas un bosquet. Ils se dressent de manière isolée. Ils poussent de la roche ou du sable sec et évoquent la résilience de la vie dans un milieu hostile. Le sable s’étend à perte de vue et accentue l’uniformité et l’immensité du Sahara. Le paysage offre des lignes horizontales comme les dunes d’ocre, des masses verticales (les rochers bruns, les palmiers) et une nappe de couleur pure, à savoir, le rouge du ciel.

Dans l’exécution du lever du soleil, sont rendus deux chameaux et leurs ombres dont la couleur tend vers le gris, une lagune bleutée avec de discrets tons blancs des dunes et des palmiers mais l’élément humain est absent. Le Sahara n’est plus devient ainsi le personnage principal. Les chameaux sont dotés de leurs montures. Celles-ci permettent d’introduire des éléments graphiques précis à l’exemple des reliefs des selles qui contrastent avec la fluidité épurée des dunes et de la lagune. L’eau apporte une sensation de vie.

Mouvement et reliefs

Un tableau de paysage offre un lac bleu aux légers tons blancs, entouré de sapins e avec comme arrière-plan des chaînes de montagne couvertes de neige. La composition s’organise en trois plans distincts : le lac occupe la partie inférieure de la toile. Le plan moyen, la végétation, est traduite par la ceinture de sapins entourant le lac. Elle crée une transition organique et verticale et rompt l’horizontalité de l’eau. Les massifs montagneux enneigés ferment l’horizon. La palette de couleurs repose sur une harmonie de tons froids, ce qui produit une atmosphère paisible. Le bleu du lac reflète la sérénité et le calme. Les touches discrètes de blanc dans l’eau peuvent représenter le reflet des montagnes enneigées de l’arrière-plan, l’écume légère ou le miroitement de la lumière du jour sur l’eau.

Cela apporte du mouvement et du relief. Le blanc immaculé de la neige crée un contraste lumineux avec le bleu de l’eau et le vert des conifères. En d’autres tableaux, l’artiste introduit des arabesques privilégiant des mouvements sinueux ; les courbes épousent les variations de la lumière. Elles ondulent, bifurquent et s’entrelacent de manière organique. Leur rythme sinueux crée une harmonie visuelle ; les volutes se croisent et s’harmonisent avec une palette de couleurs vibrantes. L’artiste utilise en quelques tableaux de feuilles-miroirs, lesquelles absorbent et renvoient les couleurs environnantes. L’introduction de feuilles d’or apporte un éclat chaud, solaire et texturé. La lumière est réfléchie de manière diffuse, métallique et vibrante.

L’usage du relief anime la matière. En accumulant des couches épaisses de peinture, elle crée des micro-reliefs et des sillons dont les dynamiques ne sont pas seulement visibles, elles deviennent presque palpables ; le motif semble flotter accentuant l’effet du mouvement. «Ma prédilection est le réalisme. L’abstrait me tente peu. Ma priorité consiste en l’expérimentation des différentes techniques de composition», explique l’artiste.

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