Télécommunications : Vaste offensive pour le«désenclavement numérique»

L'Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE) a lancé une adjudication nationale pour couvrir 3 000 localités à faible densité de population en réseau mobile.
Le débit moyen de téléchargement mobile est passé de 40,86 Mbps en juillet 2025 à 78,36 Mbps en juillet 2026, soit une hausse de près de 91 % selon l'indice Ookla.
Un délai maximal de 18 mois a été fixé pour la réalisation de cette opération, fondée sur la loi n°18-04 fixant les règles du service universel.
L'initiative vise à réduire la fracture numérique entre zones urbaines et enclavées, en favorisant la télémédecine, l'éducation à distance et l'inclusion financière dans les régions rurales.
Publié par
El Watan
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
L’Algérie franchit une nouvelle étape dans sa transition numérique. Alors que le pays enregistre une amélioration de la qualité des réseaux mobiles, l’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE) a annoncé hier le lancement d’une adjudication par appel à la concurrence d’envergure nationale.
L’objectif de cette initiative est d’assurer «la couverture par un réseau public de télécommunications mobiles de 3000 localités à faible densité de population à travers les différentes régions du pays».
Ce projet d’inclusion territoriale vise à garantir l’accès au numérique pour tous les citoyens, indépendamment de leur localisation géographique. Cette offensive réglementaire et technique s’inscrit dans un contexte de croissance technologique à l’échelle nationale. Selon les données issues de l’Indice mondial des pays, publié par l’organisme «Ookla», l’Algérie a connu une accélération de ses débits mobiles. Le débit moyen national de téléchargement (download) sur le réseau mobile est passé de 40,86 Mbps en juillet 2025 à 78,36 Mbps en juillet 2026. Cette progression fulgurante représente une augmentation de près de 91% en l’espace d’une seule année.
Une telle dynamique de performance globale offre un socle technique solide, mais elle met également en relief la nécessité d’étendre ces performances aux zones rurales et moins peuplées, afin d’éviter la création d’une Algérie numérique à deux vitesses. Pour répondre précisément au défi de l’accessibilité géographique, l’ARPCE s’appuie sur le cadre législatif en vigueur, notamment sur les dispositions de la loi n°18-04 du 10 mai 2018 fixant les règles générales de la poste et des communications électroniques. Cette opération matérialise les recommandations directes des hautes autorités de l’Etat. Celles-ci visent à «garantir la fourniture du service universel des communications électroniques».
En ciblant spécifiquement 3000 localités caractérisées par une faible densité démographique, l’Etat s’engage dans un plan de rattrapage d’infrastructures destiné à renforcer l’accès aux services internet et à «réduire les disparités entre les différents groupes de populations». Un délai maximum ne dépassant pas 18 mois a été fixé pour la réalisation de l’opération. Au-delà de l’aspect purement technologique, le déploiement de ce réseau public de télécommunications mobiles porte des ambitions sociétales et économiques profondes pour les territoires ruraux.
Il met en avant plusieurs axes de développement liés à cette connectivité, dont le soutien au développement numérique, social et économique de ces localités à faible densité de population. Il vise aussi le renforcement de la cohésion sociale, en permettant aux citoyens des zones enclavées de rester connectés au reste du pays et d’accéder aux mêmes opportunités numériques que les habitants des grands centres urbains. Il permet en outre l’aménagement du territoire, en rendant ces localités plus attractives et en luttant contre la centralisation des activités économiques.
Réduire les disparités
Le service universel constitue une «priorité pour les pouvoirs publics». Ce souci vient du fait que «les services de télécommunications ont une portée macroéconomique et constituent un moyen déterminant d’accélérer et de favoriser le développement économique et social», selon l’ARPCE. Dans cette perspective, le Service universel des télécommunications (SUT) est un levier de politique publique et d’aménagement du territoire, permettant d’assurer la cohésion sociale en réduisant les disparités entre les groupes de populations. Cette intervention des pouvoirs publics est rendue nécessaire en ce sens que les seules forces du marché ne sont pas en mesure d’assurer un accès à des prix raisonnables aux citoyens habitant dans des localités éloignées, non suffisamment rentables pour susciter chez les opérateurs un intérêt économique pour les desservir.
Toutes ces opérations sont une manière de lutter contre les zones blanches où les opérateurs n’investissent pas. Cela s’explique par une équation économique défavorable, où les coûts de déploiement et de fonctionnement dépassent largement les perspectives de revenus. En offrant une connectivité stable aux régions les plus éloignées, ils accélèrent la digitalisation des services publics et la dématérialisation des démarches administratives, tout en impulsant l’inclusion financière grâce à la démocratisation du e-paiement, du commerce électronique et des cartes CIB.
Ce désenclavement numérique dynamise également le développement local en favorisant l’essor de l’agriculture connectée, de la télémédecine et de l’éducation à distance dans les zones enclavées.
Kamel Benelkadi
Posez votre question à la rédaction
Votre question…
Prénom ou pseudo *
Adresse e-mail * Votre e-mail ne sera pas publié.
Votre question * 0/1000
Envoyer Annuler