Ahmed Attaf à propos de la réforme de la Ligue arabe : «L’étape actuelle n’a pas besoin d’un simple replâtrage»

Le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf a appelé à une réforme profonde de la Ligue arabe lors de sa 166e session au Caire, jugeant insuffisants de simples ajustements formels face aux défis régionaux.
Il a condamné fermement les agressions ciblant la sécurité des États du Golfe et rejeté toute atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale des pays arabes.
Attaf a réaffirmé la centralité de la cause palestinienne, dénonçant les politiques israéliennes visant à l'enterrer et exigeant un État palestinien souverain avec Al-Qods pour capitale.
Il a aussi exprimé sa solidarité avec la Syrie et le Liban face à l'agression israélienne, prônant des solutions nationales inclusives sans ingérence extérieure pour les crises en Libye, Soudan, Yémen et Somalie.
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Le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, plaide pour une «réforme profonde la Ligue arabe» pour qu’elle soit à la hauteur des défis auxquels fait face cette région. «L’Algérie salue la vision du secrétaire général en matière de réforme et réaffirme, comme elle l’a toujours fait, son soutien aux plans visant à améliorer l’efficacité de notre Ligue arabe, soulignant que l’étape actuelle n’a pas besoin d’un simple replâtrage formel, mais d’une réforme profonde, au sens propre du terme», déclare-t-il, à l’occasion de la 166e session ordinaire du Conseil de l’organisation panarabe au niveau ministériel, tenue hier au Caire, en Egypte.
Selon le chef de la diplomatie algérienne, «la conjoncture actuelle ne tolère pas l’hésitation, n’accepte ni les demi-mesures ni les demi-solutions et ne nous permet pas de nous contenter de suivre passivement ce qui se déroule autour de nous, ni de rester dispersés, otages de calculs et d’intérêts étroits». «Cette étape exige de nous que nous soyons unis et solidaires, que nous œuvrions ensemble, de bonne foi et avec un haut niveau de coordination, au service de nos intérêts communs et à la défense de nos causes justes», lance-t-il. Et d’ajouter en appelant ses pairs à prendre la mesure du défi actuel : «Soit nous sommes des acteurs dans la construction de l’avenir de notre région, soit cet avenir restera prisonnier des rivalités et des calculs des autres.»
Ce faisant, Ahmed Attaf rappelle le «contexte exceptionnel» dans lequel se tient cette réunion, qui est marqué, dit-il, par «une succession de crises, une extension des foyers de tension et une multiplication des zones de conflit». «Une situation qui nous impose, plus que jamais, d’élever notre action arabe commune au niveau des défis et des risques auxquels sont confrontés nos Etats et nos peuples, dans un contexte international particulièrement sensible, complexe et instable», insiste-t-il.
«Rejet de toute atteinte à la souveraineté des états»
Poursuivant, Ahmed Attaf s’attarde sur «trois questions principales». Il s’agit d’abord, indique-t-il, de «la sécurité nationale arabe qui constitue un tout indivisible». Dans ce sens, il affirme que «l’Algérie condamne avec la plus grande fermeté les agressions qui ont ciblé et continuent de cibler la sécurité et la stabilité de nos frères dans les Etats du Golfe». «Elle rejette catégoriquement toute atteinte à la souveraineté des Etats arabes, toute menace contre leur sécurité nationale et toute violation de leur intégrité territoriale», ajoute-t-il, en réitérant le soutien de l’Algérie à ces pays et «le rejet de la politique du fait accompli et de toute tentative de transformer notre région en théâtre de conflits et de règlements de comptes qui ne sont pas les nôtres, au service d’intérêts qui ne sont pas les nôtres».
Le ministre revient également sur la «dégradation de la situation dans les Territoires palestiniens occupés qui a atteint des niveaux sans précédent». «Un processus systématique visant l’être humain, la terre et l’identité se poursuit dans le but d’enterrer la cause palestinienne», affirme-t-il, condamnant fermement «les politiques de l’occupant israélien». «L’Algérie réaffirme également que la cause palestinienne restera la boussole qui guide notre action arabe commune. Il ne saurait y avoir de véritable paix ni de stabilité durable dans notre région sans permettre au peuple palestinien de jouir de ses droits nationaux légitimes, au premier rang desquels l’établissement de son Etat indépendant et souverain, avec Al Qods pour capitale», enchaîne-t-il.
Ahmed Attaf renouvelle aussi le soutien et la solidarité avec la Syrie et le Liban face à l’agression israélienne persistante et à ses politiques expansionnistes, soulignant la nécessité de mettre fin à l’occupation de l’ensemble des territoires arabes. Citant aussi les crises en Libye, au Soudan, au Yémen et en Somalie, il rappelle la position algérienne et son attachement à ce que «la solution soit nationale, inclusive et à l’abri des ingérences extérieures, qui n’ont fait qu’accroître les divisions, les complications et les souffrances».
Ce que révèlent ces crises, malgré la diversité de leurs causes et de leurs trajectoires, c’est le besoin, pour notre monde arabe, d’une position plus forte, d’une coordination accrue, d’une solidarité plus profonde et d’une action arabe commune plus efficace. C’est là que réside la responsabilité centrale de la Ligue des Etats arabes. Madjid Makedhi
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