Justice administrative : Lakhdar Benahmed installé à la tête du Conseil d’État

Lakhdar Benahmed a été officiellement installé hier à Alger comme nouveau président du Conseil d'État, plus haute instance de la justice administrative, lors d'une cérémonie présidée par le ministre de la Justice Lotfi Boudjemaâ.
Cette nomination s'inscrit dans le mouvement partiel de la magistrature décidé par le président Tebboune pour renouveler les compétences judiciaires et renforcer l'État de droit, le Conseil d'État jouant un rôle clé dans l'unification de la jurisprudence et le contrôle de la régularité électorale.
Diplômé de l'École nationale d'administration, Benahmed apporte une solide expérience de magistrat acquise dans plusieurs tribunaux et cours du pays, ainsi qu'une expertise institutionnelle en tant qu'ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature.
Publié par
El Watan
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
Le Conseil d’Etat a un nouveau président. Lakhdar Benahmed a été officiellement installé, hier à Alger, dans ses fonctions à la tête de la plus haute instance de la justice administrative en Algérie.
Organisée au siège de l’institution, la cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaâ, ainsi que de plusieurs responsables d’instances nationales. Cette nomination intervient dans le sillage du mouvement partiel opéré récemment par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, également président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), dans le corps de la magistrature. Elle s’inscrit, selon le ministre de la Justice, «dans une démarche visant à renouveler les capacités de gestion du secteur et à ouvrir la voie à de nouvelles compétences appelées à accompagner la consolidation de l’Etat de droit».
Dans son allocution, Lotfi Boudjemaâ a souligné que «ce mouvement traduit une démarche rigoureuse adoptée par l’Etat destinée notamment à renouveler les capacités et à permettre à de nouvelles énergies, reconnues pour leur aptitude et compétence, d’assumer des responsabilités au sein de l’appareil judiciaire». Pour le ministre, cette dynamique institutionnelle doit contribuer à la poursuite du processus de «consolidation des principes de justice et de l’Etat de droit». Au cœur de cette démarche figure la réforme du système judiciaire, présentée comme l’un des axes majeurs du programme présidentiel. Le ministre a rappelé que «cette réforme globale vise à renforcer l’indépendance de la justice et à consacrer les principes de légalité et d’égalité, conformément aux dispositions de la Constitution».
Il a également insisté sur «l’attention accordée par le chef de l’Etat au secteur de la justice et sur la nécessité de réunir les conditions permettant aux institutions judiciaires d’exercer pleinement leurs missions». Le choix du Conseil d’Etat revêt une importance particulière dans cette architecture judiciaire. Plus haute instance de la justice administrative, l’institution joue un rôle déterminant dans l’unification de la jurisprudence et la stabilité de son application.
«Responsabilité stratégique»
Elle exerce également une mission consultative auprès du gouvernement à travers les avis qu’elle rend sur les projets de textes juridiques. Cette double vocation, juridictionnelle et consultative, confère au Conseil d’Etat une place singulière dans le système judiciaire algérien. Le ministre de la Justice a particulièrement mis en avant la contribution de la justice administrative à la moralisation de la vie publique et au renforcement des exigences d’intégrité, de transparence et de responsabilité dans l’exercice du service public. La justice administrative intervient également comme un mécanisme d’encadrement de l’action de l’administration. Elle participe ainsi à la protection des droits et libertés, à la préservation des droits des usagers du service public et à l’amélioration du fonctionnement de l’administration, avec l’objectif de favoriser une administration plus intègre et plus efficace. Lotfi Boudjemaâ a, dans ce contexte, insisté sur «une autre responsabilité stratégique de la justice administrative : la garantie de la régularité des opérations électorales».
Celle-ci s’exerce à travers les compétences de contrôle conférées aux juridictions administratives par la législation en vigueur.
Le nouveau président du Conseil d’Etat dispose d’une expérience substantielle dans le corps judiciaire. Diplômé de l’Ecole nationale d’administration, Lakhdar Benahmed a effectué l’essentiel de sa carrière dans la magistrature, où il a occupé plusieurs fonctions au tribunal d’Oran ainsi qu’au sein des cours de Mostaganem, Saïda et Tlemcen. Son parcours l’a également conduit au CSM, dont il a été membre. Une expérience institutionnelle qui vient compléter son parcours juridictionnel et qui constitue un atout dans l’exercice de nouvelles responsabilités à la tête du Conseil d’Etat.
M.-F. Gaïdi
Posez votre question à la rédaction
Votre question…
Prénom ou pseudo *
Adresse e-mail * Votre e-mail ne sera pas publié.
Votre question * 0/1000
Envoyer Annuler