Newton, une pomme et une femme
L'actualité spatiale avec l'astronaute Sophie Adenot à bord de l'ISS ravive le lien historique avec Isaac Newton et sa célèbre pomme, symbole de la découverte de la gravité.
Les lois de Newton sur la gravité et l'inertie ont rendu possibles les vols orbitaux et l'envoi de sondes comme Voyager au-delà du système solaire.
L'auteur interroge le choix symbolique de la pomme chez un savant du XVIIe siècle marqué par une société patriarcale excluant les femmes de la science, suggérant même une allusion biblique à Ève.
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Le Quotidien d'Oran
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Mais avec l’actualité de la navette spatiale, comment ne pas faire le lien avec Isaac Newton et sa pomme ?
Depuis des décennies, il nous est impossible de ne pas être fascinés par la capacité de mettre en orbite un engin fabriqué par l’être humain. Enfin, pas tous, certains ne veulent jamais comprendre ce qui est mais la vérité qu’ils veulent entendre à propos des phénomènes terrestres et cosmiques. D’autres se fichent totalement de l’explication scientifique du mécanisme de l’orbite.
Si nous les mettons de côté, comme ils ont mis la curiosité intellectuelle dans le placard, à chaque séquence médiatisée de la Navette spatiale internationale notre esprit s’envole vers le ciel pour admirer une avancée fondamentale très connue de la science.
Isaac Newton nous avait expliqué ce qu’est la gravité et pourquoi nous pouvons mettre des objets en orbite. Il avait également, avec sa loi sur l’inertie, permis à des sondes spatiales comme les deux sondes Voyager de mener indirectement l’être humain au-delà des limites du système solaire. Par cette inertie le voyage se poursuivra indéfiniment en avant dans la conquête du cosmos.
Mais bon sang, pourquoi avait-il choisi une pomme ? N’y avait-il pas d’autres exemples qui puissent être dans l’état d’une chute ? Un marteau, un livre, une couscoussière ou la pluie ?
L’astronaute française de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) Sophie Adenot est loin d’être la première à aller dans l’espace et à faire une sortie extravéhiculaire mais je cite celle qui est en ce moment dans la station spatiale. Et ce n’est visiblement pas une pomme !
Nous pouvons excuser partiellement Isaac Newton car c’est un scientifique qui explique son présent et non ce qu’une voyante lui prédit, une femme qui tournerait un jour sur une orbite à l’intérieur d’un engin par le miracle des conclusions de sa découverte sur la gravité.
Il baignait dans une société très patriarcale et inégalitaire. À cette époque du XVIIe et début XVIIIe siècle (bornes de la vie du scientifique), l’accès à l’éducation et encore plus à l’université était interdit aux femmes. Bien qu’aucune publication du grand scientifique ne mentionne une quelconque adhésion à cette inégalité, il n’a cependant rien fait pour briser les barrières. Et pourtant on le cite comme l’un des grands précurseurs du siècle des Lumières, le XVIIIe. Il lui était impossible de concevoir l’image d’une femme qui viendrait remplacer sa pomme pour tourner autour de l’orbite terrestre. Il ne le pouvait pas car il s’était conformé aux normes sociales de son époque que nous venons de décrire. Son statut de scientifique ne l’avait pas empêché d’être marqué par le conservatisme et le traditionalisme de son environnement auxquels il s’était profondément attaché. Comme je suis plus prompt à l’humour qu’à la médisance, je soupçonnerais Isaac Newton d’avoir choisi la pomme pour intentionnellement rappeler que dans la Genèse, c’était une femme qui l’avait acceptée du serpent (le diable). Puis de la proposer à Adam qui a eu la faiblesse à son tour de l’accepter. C’était en fait un clin d’œil diabolique de sa dévotion à la théologie dans laquelle il s’était également plongé autant que dans la science ?
Bon, à son crédit pour excuse, une pomme ne fracasse pas la tête comme une astronaute le ferait si elle tombait du ciel.
Isaac était un humaniste à sa façon !