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Samir Bouaïssa : «Des laboratoires de fabrication de psychotropes et de drogues de synthèse au Maroc»

Par Chahreddine Berriah•4 min de lecture
Brifa
Samir Bouaïssa : «Des laboratoires de fabrication de psychotropes et de drogues de synthèse au Maroc»
Résumé IA

Samir Bouaïssa, professeur à l'Université d'Alger, affirme dans un entretien à l'APS que les réseaux criminels marocains exploitent des laboratoires clandestins pour fabriquer psychotropes et drogues de synthèse, au-delà du trafic traditionnel de cannabis.

Ces réseaux recruteraient des chimistes diplômés au chômage et bénéficieraient de la complaisance des autorités marocaines pour exporter leur production vers les pays du Sahel par divers itinéraires.

L'universitaire établit un lien entre criminalité organisée et terrorisme, les seconds finançant leurs activités via le trafic de drogue en échange de protection pour les réseaux criminels.

L'ONG Global Initiative signale depuis 2016 un laboratoire de transformation de cocaïne à Oujda et l'apparition en 2020 de la «Boufa», un mélange à base de résidus de cocaïne et de produits chimiques.

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Des réseaux criminels marocains, s’approvisionnant de laboratoires clandestins en psychotropes et drogues de synthèse, alimentent les pays du Sahel, notamment.

Dans un entretien accordé à l’APS, Samir Bouaïssa, professeur en sciences politiques et relations internationales à l’Université d’Alger, indique que «l’activité des réseaux criminels marocains ne se limite plus au trafic de cannabis, mais englobe également la cocaïne, parallèlement à l’essor de la fabrication de psychotropes et de drogues de synthèse, particulièrement lucrative». Il évoque «l’existence de laboratoires clandestins opérant sous d’autres appellations ou derrière des activités de façade, où des psychotropes et des drogues de synthèse sont fabriqués, permettant ainsi de dissimuler leur véritable activité».

L’intervenant explicite : «Etant donné que cette industrie nécessite des compétences spécialisées, des chimistes diplômés des universités sont recrutés par ces réseaux criminels qui profitent du chômage et du manque de débouchés professionnels pour transformer le savoir-faire chimique en instrument au service d’une activité criminelle génératrice de profits importants.» M. Bouaïssa précise que «cette dynamique est favorisée par la complaisance et la complicité des autorités du Makhzen (…) Avec la tolérance du régime marocain à l’égard du trafic de drogue, les réseaux criminels marocains exportent les psychotropes et les drogues de synthèse hors des frontières, via de multiples itinéraires, ce qui permet d’étendre la portée de leur trafic, tout en dissimulant l’origine de ces poisons», tout en ajoutant que «les pays du Sahel sont ciblés par l’acheminement de ces substances par les réseaux marocains».

Pour lui, «les études établissent un lien entre criminalité organisée et terrorisme, les deux réseaux pouvant converger autour d’intérêts communs (…) Les groupes terroristes ont besoin de financement, tandis que le trafic de drogue constitue l’une des ressources majeures capables de le leur fournir. En contrepartie, les réseaux criminels ont besoin de protection pour sécuriser leurs activités, établissant ainsi une relation d’intérêts communs».

Par ailleurs, le réseau international de recherche Global Initiative Against Transnational Organized Crime a fait état de l’existence, depuis 2016, d’un laboratoire de transformation de cocaïne dans la ville d’Oujda, exploité par des chimistes et associé au traitement de 250 kilogrammes de cocaïne raffinée au cours de la même année, en plus de l’apparition de la Boufa, connue sous le nom de «cocaïne des pauvres», apparue au Maroc depuis 2020 avant de connaître une expansion notable. Cette substance est préparée à partir de résidus de cocaïne, de produits chimiques et de médicaments.
Chahredine Berriah

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