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Stratégie nationale de l’IA : Baddari lance la phase opérationnelle

Par Kamel Benelkadi•5 min de lecture
Brifa
Stratégie nationale de l’IA : Baddari lance la phase opérationnelle
Résumé IA

Le ministre de l'Enseignement supérieur Kamel Baddari a lancé la phase opérationnelle de la stratégie nationale de l'intelligence artificielle lors d'une réunion de coordination avec plusieurs ministères.

Cinq commissions thématiques ont été instituées, couvrant les données et infrastructures, le financement, les modèles linguistiques (LLM), le doctorat en IA et la formation continue.

Un Centre national de recherche en IA et en données sera créé, avec deux projets prioritaires : un système de gestion fiscale optimisé par l'IA et une plateforme multisectorielle algérienne.

L'Algérie ambitionne de former 50 000 spécialistes en intelligence artificielle d'ici 2030 et de lancer des programmes nationaux de recherche ciblés pour répondre aux défis économiques et sociétaux.

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Kamel Baddari, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a présidé hier la première réunion de coordination avec les représentants des différents ministères, dédiée à la mise en œuvre opérationnelle de la stratégie nationale de l’intelligence artificielle.

Cette rencontre marque le lancement effectif de la feuille de route gouvernementale visant à positionner le pays comme «un acteur régional majeur des technologies émergentes».
Pour assurer un suivi des priorités, l’une des mesures issues de cette réunion est l’institution de cinq commissions thématiques.

Il s’agit de la commission des données et des infrastructures de base, chargée de la souveraineté numérique et des capacités de calcul, de la commission du financement, dédiée au soutien financier des projets et des start-up du secteur, de la commission des modèles linguistiques de grande taille (LLM), visant à développer des solutions de traitement automatique des langues adaptées au contexte national, la commission du doctorat spécifique à l’IA, pour structurer la recherche académique de haut niveau et celle de la formation continue, destinée à la mise à niveau des compétences des cadres et professionnels.

Sur le plan institutionnel et technologique, le gouvernement a acté la création d’un Centre national de recherche en intelligence artificielle et en données, dont la mission sera de concevoir des solutions technologiques appliquées. A court terme, deux projets prioritaires seront déployés : l’instauration d’un système de gestion fiscale optimisé par l’intelligence artificielle et la mise en place d’une plateforme algérienne multisectorielle destinée à généraliser l’usage des outils d’IA au sein de l’administration et des entreprises publiques. L’élément humain demeure le pilier central de ce programme.

L’Algérie s’engage à former 50 000 spécialistes en intelligence artificielle à l’horizon 2030, répondant ainsi aux besoins croissants du marché du travail et de la recherche.
En parallèle, des projets de recherche ciblés seront lancés dans le cadre des Programmes nationaux de recherche (PNR), afin de répondre directement aux défis économiques et sociétaux prioritaires.

L’Algérie passe ainsi d’une phase de cadrage théorique à une phase d’exécution sectorielle et industrielle de sa stratégie nationale de l’intelligence artificielle. La création simultanée d’une commission Data & Infrastructure et d’une commission LLM montre la volonté de ne pas dépendre exclusivement des modèles propriétaires étrangers (comme OpenAI, Google ou Anthropic).
Former 50 000 profils
Dissocier ces deux chantiers condamnerait tout pays à n’être qu’un consommateur d’API étrangères. Les grands modèles propriétaires véhiculent les valeurs, la vision historique et les normes socioculturelles de leurs concepteurs.

Un LLM souverain garantit la maîtrise du cadrage idéologique et historique. Former un contingent de 50 000 profils qualifiés en moins de quatre ans est un objectif ambitieux qui impose une réorganisation de l’appareil de formation. Cependant, notent les experts, le succès de ce volet reposera sur la capacité à retenir les talents sur le territoire national face à la compétition mondiale pour les profils IA.

L’Algérie a inscrit le développement de l’intelligence artificielle (IA) et de la numérisation au cœur de ses priorités. Sous l’impulsion du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS), dirigé par Kamel Baddari, cette transition est abordée non pas comme une option, mais comme une nécessité pour moderniser l’économie, l’industrie et l’administration. Cette volonté s’est concrétisée par l’installation du Conseil scientifique de l’intelligence artificielle (CSIA), un organe consultatif intersectoriel regroupant des compétences nationales établies en Algérie et à l’étranger.

Le rôle du CSIA est de définir les contours d’une stratégie nationale pour l’IA, axée sur la formation, l’industrie et la recherche. Pour soutenir cette ambition, l’Algérie a mis en place des structures d’excellence dédiées à la formation supérieure en IA et en sciences des données, telles que l’Ecole nationale supérieure de l’intelligence artificielle (Ensia). Sa mission est de former des experts de haut niveau en intelligence artificielle et en science des données «pour répondre aux besoins stratégiques du pays».
Kamel Benelkadi

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