Des pétroliers attaqués au Moyen-Orient : Le pétrole franchit les 100 dollars le baril

Le baril de Brent a franchi les 100 dollars pour la première fois depuis juillet, porté par une escalade d'attaques mutuelles entre forces iraniennes et américaines contre des pétroliers au Moyen-Orient.
Téhéran revendique des frappes sur une base américaine en Jordanie et sur une dizaine de navires, tandis que Washington annonce avoir détruit cinq pétroliers dans le Golfe.
L'incertitude sur le détroit d'Ormuz, par où transite 20 % du pétrole mondial, alimente les craintes d'une perturbation durable de l'offre.
Les analystes avertissent qu'un maintien prolongé au-dessus de 100 dollars raviverait l'inflation et maintiendrait les taux d'intérêt élevés.
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Le baril de pétrole Brent a atteint les 100 dollars hier pour la première fois depuis fin juillet, suite aux nouvelles frappes déclenchées tant par les Iraniens que les Américains contre des pétroliers au Moyen-Orient.
Vers 7h45 GMT, selon les agences spécialisées, le prix du Brent du baril de la mer du Nord, pour livraison en novembre, gagnait 1,94% à 99,82 dollars, après avoir brièvement touché un plus haut à 100,19 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en octobre, s’échangeait en hausse de 1,46% à 94,39 dollars.
Les Iraniens ont déclaré hier avoir attaqué une base militaire des Etats-Unis en Jordanie, mais aussi avoir ciblé deux bateaux américains, huit pétroliers et dix autres navires, en réponse à des frappes américaines.
Mardi, l’armée américaine, elle, avait annoncé avoir détruit cinq pétroliers dans la région du Golfe.
Le seuil de 100 dollars est-il réellement un niveau psychologique pour les marchés ainsi que le soutiennent certains analystes ?
«Tant que le détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert…»
En tout cas, une escalade des affrontements entre les forces américaines et iraniennes a accentué les inquiétudes concernant l’approvisionnement de la région et fait craindre des pressions sur les prix et les poussées inflationnistes.Le Brent, référence mondiale du pétrole, a, selon Reuters, progressé d’un quart depuis le début du mois dernier. Dans le même temps, le conflit qui oppose les Etats-Unis à l’Iran depuis six mois s’est exacerbé.
Ces derniers jours, des attaques de Houthis contre des installations énergétiques saoudiennes ont provoqué des incendies, faisant craindre le risque que les perturbations se propagent à l’ensemble de la région.
S’exprimant sur l’évolution du marché, des observateurs avertis partagent leur désarroi face aux tournures qu’ont pris les événements.
«Tant que le détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert et que le pétrole ne recommencera pas à couler de manière ininterrompue, l’offre ne sera pas alignée sur la demande dans un avenir prévisible.»
Des analystes considèrent que si le conflit maintenait durant une période prolongée au-dessus de 100 dollars le baril, cela pourrait se faire sentir au-delà des marchés de l’énergie, augmentant les coûts de transport et de fabrication, ravivant les craintes d’inflation et maintenant les taux d’intérêt à des niveaux élevés plus longtemps.
Jusqu’ici en tout cas, d’aucuns soulignent que la situation au détroit d’Ormuz est encore des plus opaques. Les quantités de pétrole qui y transitent semblent être le secret le mieux gardé. Chacune des deux parties en conflit revendique le contrôle de ce passage maritime d’où transitent quelque 20% du commerce mondial du pétrole.
A. Benyahia
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