Présentation de l’étude préliminaire du projet de ligne ferroviaire Tamanrasset–In Guezzam : Le rail gagne 400 km de profondeur vers la frontière nigérienne

L'étude préliminaire du tronçon ferroviaire Tamanrasset–In Guezzam, long de plus de 400 km, a été présentée à Tamanrasset sous la conduite du wali Mohamed Boudraa, en présence des responsables de l'Anesrif.
Ce tronçon prolonge vers le sud la grande liaison Nord-Tamanrasset, dont le ministre des Travaux publics Abdelkader Djellaoui accélère les préparatifs pour passer rapidement à la phase de réalisation.
Le projet stratégique vise à désenclaver le Grand Sud, à faciliter le transport des personnes et des marchandises, et à renforcer la connexion de l'Algérie avec l'espace sahélien via la frontière nigérienne.
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Par M.-F. Gaidi
Le projet ferroviaire reliant Tamanrasset à In Guezzam, sur plus de 400 km, passe à la vitesse supérieure avec la présentation de l’étude préliminaire du tracé. Une séance de travail consacrée à ce projet s’est tenue à Tamanrasset, sous la conduite du wali, Mohamed Boudraa, en présence des responsables des secteurs concernés et des représentants de l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (Anesrif).
Cette avancée intervient dans un contexte d’accélération générale des préparatifs de la grande liaison ferroviaire Nord-Tamanrasset, que le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, œuvre à faire passer rapidement de la phase des études à celle de la réalisation. A Tamanrasset, les représentants de l’Anesrif ont présenté les différentes composantes du projet, ses objectifs et les données techniques devant guider le choix du tracé définitif. La rencontre a également permis d’examiner les propositions formulées par les bureaux d’études et de recueillir les observations des différents services concernés, notamment celles liées aux contraintes du terrain et aux impératifs d’aménagement. L’enjeu est de disposer d’un tracé techniquement optimal avant la finalisation des différentes phases de l’étude.
Cette liaison doit prolonger vers In Guezzam la pénétration ferroviaire dans l’extrême Sud et renforcer la connexion de Tamanrasset avec les grands corridors nationaux. La démarche engagée à Tamanrasset intervient quelques jours seulement après une nouvelle réunion de coordination présidée, le 7 septembre à Alger, par Abdelkader Djellaoui autour du projet de ligne ferroviaire reliant le nord du pays à Tamanrasset, via Laghouat, Ghardaïa, El Meniaa et In Salah. Le ministre y a insisté sur l’achèvement rapide des procédures restantes, l’intensification de la coordination et du suivi ainsi que la mobilisation des moyens humains et matériels nécessaires au lancement des travaux dans les meilleurs délais.
Cette réunion a notamment porté sur le tronçon El Meniaa-Tamanrasset, dont une première section représente 216 km, ainsi que sur la liaison Laghouat-Ghardaïa-El Meniaa, longue de 495 km, pour laquelle les dispositions nécessaires au démarrage des travaux sont en cours de finalisation. Pour M. Djellaoui, le calendrier ne laisse donc plus de place aux lenteurs administratives ou techniques. En avril dernier déjà, le ministre avait instruit les responsables concernés de lever «tous les obstacles dans les plus brefs délais» afin de garantir le lancement effectif du projet stratégique Alger-Tamanrasset.
La liaison Tamanrasset-In Guezzam constitue ainsi le prolongement méridional d’un projet beaucoup plus vaste. Le schéma ferroviaire projeté doit, à terme, relier le nord du pays à Tamanrasset puis poursuivre jusqu’à In Guezzam, aux portes de l’espace sahélien. Le tronçon Tamanrasset-In Guezzam est estimé à environ 400 km, tandis que la liaison In Salah-Tamanrasset représente près de 650 km.
Un corridor pour les personnes, les marchandises et l’investissement
La future infrastructure ne se limite pas à une liaison de transport destinée au désenclavement. Elle doit accompagner l’essor économique du Grand Sud en facilitant le déplacement des populations, l’acheminement des marchandises et la connexion des territoires méridionaux aux grands centres économiques du pays. Le ministère des Travaux publics inscrit, d’ailleurs, cette infrastructure dans une vision plus large de connexion du Nord et du Sud. En juin dernier, Abdelkader Djellaoui avait souligné : «La ligne ferroviaire reliant le Nord à Tamanrasset devait constituer un complément stratégique à la Route transsaharienne, en facilitant la circulation des personnes et des marchandises, en soutenant l’investissement et en ouvrant davantage les régions intérieures sur les marchés africains.» Cette vision donne au tronçon Tamanrasset-In Guezzam une portée particulière. En direction de la frontière nigérienne, le rail doit renforcer la continuité territoriale et logistique de l’Algérie, tout en consolidant l’ancrage économique du Grand Sud.
Les effets attendus concernent notamment les activités commerciales, industrielles et minières, mais aussi la création de nouvelles opportunités d’investissement autour des futures gares, plateformes logistiques et zones d’activités. Le projet s’inscrit ainsi dans la politique de développement des infrastructures structurantes voulue par le président Abdelmadjid Tebboune, avec une priorité accordée à la connexion des régions du Sud aux principaux réseaux nationaux. La ligne ferroviaire devient progressivement l’un des instruments majeurs de cette stratégie, aux côtés de la Route transsaharienne.
A Tamanrasset, la présentation de l’étude préliminaire marque donc une étape technique importante. Le tracé devra désormais intégrer les données de terrain, les contraintes géographiques et les besoins des différents secteurs avant la finalisation des études. Dans le même temps, à Alger, le ministère accélère les préparatifs des autres maillons du corridor. Pour Abdelkader Djellaoui, l’objectif est désormais d’achever les procédures restantes, lever les obstacles et mobiliser les moyens nécessaires pour passer rapidement à la concrétisation. Une démarche qui place le rail au cœur de la nouvelle géographie économique du Sud algérien.
M.-F. G.
CHIFFRES-CLÉS
+400 km : longueur du futur tronçon ferroviaire Tamanrasset-In Guezzam
2000 km environ : ordre de grandeur de la future liaison ferroviaire reliant le nord du pays à Tamanrasset
495 km : longueur de la liaison Laghouat-Ghardaïa-El Meniaa, dont les dispositions nécessaires au lancement sont en cours de finalisation sous la supervision du ministre Abdelkader Djellaoui
216 km : premier tronçon du projet El Meniaa-Tamanrasset, jusqu’au point kilométrique 216, actuellement au centre des préparatifs de lancement
650 km : distance approximative du tronçon In Salah-Tamanrasset, maillon essentiel de la pénétrante ferroviaire vers l’extrême Sud
1048 km : longueur cumulée des tronçons pour lesquels les études de réalisation avaient été achevées dans le cadre de la liaison ferroviaire vers Tamanrasset
2406 km : longueur annoncée pour l’axe ferroviaire allant d’Alger à In Guezzam, jusqu’à la frontière algéro-nigérienne, dans le schéma global de la pénétrante transsaharienne
220 km/h : vitesse de référence annoncée sur plusieurs sections modernes de la future infrastructure ferroviaire destinée au transport de voyageurs
7 septembre 2026 : date de la réunion de coordination présidée par Abdelkader Djellaoui, consacrée à l’accélération des préparatifs du projet Nord-Tamanrasset
«Priorité absolue» : qualification donnée au projet ferroviaire Alger-Tamanrasset dans les instructions présidentielles rapportées à l’issue du Conseil des ministres.
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