Les Houthis contrôlent le détroit de Bab el-Mandeb

Les Houthis ont pris le contrôle total du détroit de Bab el-Mandeb et de l'île de Mayyun, repoussant les forces gouvernementales soutenues par l'Arabie saoudite sur la côte ouest du Yémen.
Le groupe affirme avoir conquis 5.400 km² dans les gouvernorats de Taïz et Hodeïda, capturant du matériel américain, libérant des prisonniers et abattant neuf avions saoudiens, tout en garantissant la navigation maritime sauf pour les navires saoudiens.
Aux États-Unis, le prix moyen du diesel a franchi pour la première fois la barre historique des 6 dollars le gallon, porté par la guerre au Moyen-Orient et les perturbations du raffinage russe.
L'Agence internationale de l'énergie avertit que le déficit d'approvisionnement pétrolier de 2026 s'aggrave, les stocks mondiaux chutant à un rythme record tandis que la demande recule davantage que prévu sous l'effet des prix records.
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Le Quotidien d'Oran
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Au Yémen, les Houthis ont pris le contrôle de l’intégralité du littoral donnant sur la mer Rouge, après avoir renversé l’avancée des forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite dans le but de contrôler Bab el-Mandab. Des images circulant sur Internet ont montré des véhicules et des armes américaines des forces gouvernementales aux mains des combattants des Ansarallah.
Le prix du diesel aux Etats-Unis passe la barre des 6 dollars le gallon. Malgré un léger recul du pétrole vendredi matin, celui-ci était en passe (à la mi-journée) d’enregistrer une hausse hebdomadaire de plus de 7%. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a averti, hier, que le déficit d’approvisionnement pétrolier de 2026 est appelé à s’aggraver en raison du retard dans le rétablissement des flux normaux du Golfe.
Ansarallah s’empare de l’île de Mayyun
L’AFP a rapporté, citant un responsable gouvernemental yéménite local, que le groupe Ansarallah (Houthis) s’est emparé de l’île de Mayyun et a consolidé son contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb.
De son côté, Reuters rapporte, citant également des sources gouvernementales yéménites, que les Houthis ont atteint la ville de Dhubab, située directement sur le détroit de Bab el-Mandeb, face à l’île de Mayyun.
Dans un communiqué rendu public vers 14 heures (GMT+1), les Forces armées yéménites (Houthis) ont confirmé le contrôle de ces positions après une série d’opérations «menées depuis le 3 septembre sur plusieurs fronts (…) afin d’expulser les forces soutenues par l’Arabie saoudite de certains districts de la côte ouest».
Selon le communiqué, ces opérations ont permis «d’expulser les forces ennemies saoudiennes de six districts des gouvernorats de Taïz et d’Hodeïda, couvrant une superficie totale de 5.400 kilomètres carrés», précisant que «plusieurs centaines de membres des sept divisions (des forces gouvernementales, ndlr) ont été tués, capturés ou blessés» et que «plusieurs prisonniers (Houthis), détenus depuis des années, ont été libérés». La déclaration affirme également que neufs avions de combat saoudiens ont été abattus.
En outre, les Forces armées yéménites (Houthis) affirment que «la navigation maritime est sûre pour toutes les compagnies, à l’exception des navires saoudiens, déjà soumis à un blocus».
Le prix du diesel aux États-Unis dépasse les 6 dollars le gallon
Le prix moyen national du diesel aux États-Unis a franchi jeudi la barre des 6 dollars le gallon (3,78 litres) pour la première fois de l’histoire, selon le service de suivi des prix GasBuddy, cité par Reuters.
Essentiel au transport routier, aux trains, aux navires et aux engins lourds, qui assurent le fonctionnement des chaînes d’approvisionnement mondiales, il est également essentiel au fonctionnement du matériel agricole.
D’après l’Association automobile américaine (AAA), ces «prix moyens sont actualisés quotidiennement par l’Oil Price Information Service à partir de données portant sur environ 130.000 stations-service aux États-Unis», rapporte de son côté l’AFP.
«La progression du diesel s’inscrit dans un environnement de pétrole brut plus coûteux» marqué par la guerre au Moyen-Orient, qui pèse sur les flux d’hydrocarbures du Golfe, ainsi que les perturbations du raffinage russe qui réduisent les volumes disponibles sur le marché international des produits distillés, explique encore l’agence.
Si les prix du pétrole ont reculé vendredi, ils affichent tout de même une hausse de plus de 7% sur la semaine.
«À 10h12 GMT, les contrats à terme sur le brut Brent perdaient 3,75 dollars (soit 3,48%) pour s’établir à 103,88 dollars le baril. Le brut américain West Texas Intermediate (WTI) reculait de 3,33 dollars (soit 3,25%) à 99,15 dollars le baril. Plus tôt dans la séance, ces deux références avaient atteint leurs niveaux les plus élevés depuis la mi-mai», selon Reuters.
AIE : Baisse de l’offre et de la demande mondiales de pétrole
«L’offre et la demande mondiales de pétrole chuteront davantage que prévu cette année», en raison de l’instabilité au Moyen-Orient ce qui «retarde le retour à la normale des flux jusqu’en 2027 et fait grimper en flèche les prix des carburants», a rapporté hier Reuters, citant l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
L’offre mondiale de pétrole en 2026 devrait désormais reculer de 5,7 millions de barils par jour (mb/j), soit environ 6%, a indiqué l’AIE, contre une baisse d’environ 4% anticipée précédemment, soulignant que la pénurie d’approvisionnement pousse de nombreux pays dans le monde à puiser dans leurs stocks à un «rythme record». Les stocks mondiaux qui, jusqu’à présent, ont joué un rôle crucial pour équilibrer le marché, ont diminué de 3,1 mb/j en août, selon l’agence, dans son rapport mensuel.
«Alors que les marges de sécurité se réduisent et que le système mondial de raffinage tourne à la limite de ses capacités, il est plus que jamais nécessaire de progresser dans la résolution du conflit au Moyen-Orient - ainsi que de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, qui entre dans sa cinquième année - afin d’éviter un nouveau resserrement du marché », avertit l’AIE.
L’agence explique que la demande en pétrole est également en recul plus que prévu, et qu’elle «chutera de 2,5 mb/j cette année, un chiffre supérieur à sa précédente prévision d’une baisse de 1,6 mb/j». Le recul de la demande est attribué partiellement aux prix records des carburants.